décembre 2, 2020

Le Cimetière du Diable – Anonyme

artoff106

Auteur : Anonyme

Editeur : Sonatine

Genre : Thriller

Résumé :

Vous n’avez pas lu Le Livre sans nom ? Vous êtes donc encore de ce monde, et c’est tant mieux. Vous allez pouvoir assister à un spectacle sans précédent, mettant en scène Judy Garland, James Brown, Johnny Cash, les Blues Brothers, Kurt Cobain, Elvis Presley, Janis Joplin, Freddie Mercury, Michael Jackson… et le Bourbon Kid. Les héros du Livre sans nom se retrouvent cette fois dans une délicieuse petite bourgade enplein milieu du désert pour assister à un festival de musique au nom prometteur : Back from the dead. Imaginez un Dix petits nègres rock revu et corrigé par Quentin Tarantino… Vous y êtes ? C’est encore mieux !

Avis :

Après un premier volet qui créait la surprise et son successeur nettement plus décevant, Anonyme poursuit l’épopée sanglante du Bourbon Kid avec Le cimetière du diable. Ce nouvel opus n’est pas la suite directe de L’œil de la Lune, mais une préquelle au Livre sans nom. Ainsi, l’on retrouve toujours le célèbre tueur en série, mais à ses premières heures de gloire. Étant donné que l’engouement est passé, l’on peut se demander si cette nouvelle itération se révèle aussi moyenne que son prédécesseur ou parvient à rehausser un concept dont le traitement ne nécessitait pas forcément une tétralogie. Alors, un livre dont l’anonymat est mérité ou un sursaut d’orgueil de la part d’un auteur que certains considèrent comme le Tarantino de la littérature ?

Irrévérencieux et sans complexe, ce roman l’est à n’en pas douter. On retrouve l’ambiance cradingue et déjantée des précédents opus dans un cadre autre que Santa Mondega : l’hôtel Pasadena. L’on voit que certains efforts ont été accomplis afin de renouveler la formule via ce nouvel environnement, mais aussi à travers un florilège de références musicales. Des clins d’œil assez flagrants étant donné qu’on a droit à des dizaines et des dizaines de sosies qui s’affrontent lors d’un concours de chant pour remporter un million de dollars et un contrat pour le moins juteux… ou pas. Ainsi, James Brown, Janis Joplin, les blues brothers, Michael Jackson et l’inimitable Elvis sont de la partie.

Des personnages hauts en couleur pour la plupart d’entre eux qui n’hésitent pas à sombrer dans le cliché parfaitement volontaire. Toutefois, cette récurrence à exacerber cette profusion de caricatures ambulantes peut parfois agacer. L’on pense notamment aux tueurs à gages, le propriétaire de l’hôtel ou certains concurrents. Autrement dit, on a droit à pléthore d’individus sans foi ni loi, passablement débiles, qui confèrent un ton humoristique pas toujours adéquat en certaines circonstances. Les blagues à deux sous sont légion et tendent vers une lourdeur pénible.

L’intrigue est du même acabit : absurde et nerveuse. Les ficelles sont minces pour tenir en place un récit qui semble partir en tous sens. Pour catalyser cette effervescence de brutalité, un concours de chant qui n’est pas sans rappeler la Star Academy et autres émissions prétentieuses et inutiles de télé-réalité. Ainsi, l’on tourne très rapidement en rond avec une succession de spectacles et de chants entrecoupés par quelques règlements de compte bien sentis. Le lecteur se détachera assez facilement de l’histoire et du devenir des personnages pour comprendre que le résultat final aurait bien mieux fonctionné sous forme de nouvelle.

L’intérêt s’estompe de page en page, sans jamais se départir de son schéma de narration. On a beau y incorporer une bonne dose de jurons, des caïds, des durs, mais aussi des péquenauds et autres poules mouillées, le subterfuge ne prend pas malgré le martelage constant de l’auteur. D’ailleurs, celui-ci se répète avec une constance régulière lorsqu’il s’agit d’exposer les motivations de chacun à tel point qu’on les connaît par cœur. Sans doute considère-t-il son lectorat plus bête qu’il ne l’est ou cherche-t-il à noircir des pages. Toujours est-il que le roman se retrouve acculé à ses limites en très peu de temps.

Au final, Le cimetière du diable se révèle à peine meilleur que son prédécesseur. On oublie une narration chronologique alambiquée pour se concentrer sur une intrigue redondante et lassante à plus d’un titre. Il faut reconnaître que l’effet de surprise du premier volet a laissé place à deux suites pour le moins décevantes. Malgré l’aspect trash et vulgaire où les références culturelles se bousculent, les aventures du Bourbon kid ne disposent pas de qualités suffisantes pour s’étendre sur autant de livres. Jouer sur un concept novateur, c’est bien ; l’user jusqu’à la corde pour des considérations pécuniaires, ça l’est beaucoup moins.

Note : 11/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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