janvier 27, 2023

Call of Duty Ghosts

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Résumé :

L’histoire commence en 2017. Avec l’épuisement des réserves pétrolières au Moyen Orient, l’Amérique latine devient la première à profiter des pétrodollars. Une entité supranationale réunit les États sud-américains sous une même bannière, la Fédération des Amériques. Pour se protéger d’une offensive de la Fédération, les États-Unis ont mis en place une arme spatiale capable d’effectuer un bombardement orbital, nom de code ODIN (Orbital Défense Initiative). Mais la Fédération prend d’assaut la station spatiale de contrôle, retourne ODIN contre les États-Unis et déclenche un cataclysme sans précédent. 10 ans plus tard, la Fédération a pris le contrôle de l’Amérique centrale, des Caraïbes, du Mexique et du sud des États-Unis, totalement affaiblis depuis la catastrophe. Une unité d’élite des forces spéciales nommée Ghosts dont les membres se nomment Keegan, Merrick, Rorke (qui après avoir été capturé et drogué par la fédération deviendra l’ennemi principal), formée et entraînée par Elias Walker (le père du joueur), composée de membres dont Logan Walker (le joueur) et son frère aîné David « Hesh » Walker (ainsi que leur chien Riley) résiste dans l’ombre à l’occupation pour restaurer la souveraineté des États-Unis. Pour cela, ils vont parcourir le continent américain, accompagné d’appuis terrestres (drones, véhicules), aériens (drones, missiles), navals (torpilles, navires).

Avis :

Après avoir conclu de fort belle manière sa trilogie Modern Warfare, Infinity Ward se devait de poursuivre sur sa lancée en proposant un épisode de transition entre les générations de console. Un exercice délicat en ce qui concerne la technique (la saga est adaptée sur tous les supports existants) qui demande également de s’affranchir des précédents opus afin de trouver sa propre ligne de conduite. On oublie les risques de 3e guerre mondiale et les complots à l’échelle mondiale pour passer du côté confidentiel d’opérations militaires clandestines à la manière de Black Ops. Cette approche renouvelle-t-elle la formule si bien rôdée de Call of Duty ou se contente-t-elle de ressasser ses acquis ?

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L’entame se fait sur fond de légendes urbaines que se plaisent à véhiculer quelques soldats en mal de frissons. On y découvre la naissance des « ghosts » et ce qu’ils accomplissent au gré de missions suicides. Le ton est donné, mais l’on sent d’emblée les faiblesses d’une intrigue qui ne tient qu’à un fil. À grands renforts de catastrophes, d’une situation géopolitique obscure, on n’évoque aucune date. On laisse également planer le doute sur l’émergence de nouvelles nations (on devine néanmoins que les États-Unis restent toujours en lice), de guerres civiles ou d’effondrements de la société. On peut se dire que cela amènera des précisions un peu plus loin dans le jeu. En réalité, on demeure constamment dans ce flou narratif.

Il est vrai que l’on soupçonne un contexte futuriste proche. Toutefois, on a davantage l’impression de se mouvoir dans un univers parallèle plutôt que sur une extrapolation à la Tom Clancy. Et la suite des événements tend à confirmer un atermoiement à presque tous les niveaux. En dépit d’une progression nerveuse et sans temps mort, le scénario fait du surplace sans jamais tenter la moindre prise de risque. Le faux suspense expose des clichés éculés, des retournements surexploités, sans oublier la menace principale qui offre peu de répondant. Tout est convenu à l’avance, même l’agencement des missions se calque sur un schéma conventionnel qui, s’il est efficace et distrayant, n’apporte strictement rien au FPS, encore moins à la franchise.

L’histoire a beau être secondaire dans ce genre de titre, il n’en demeure pas moins qu’une intrigue bien ficelée appuie la crédibilité d’un univers et l’immersion du joueur. Côté gameplay, on reste aussi dans du classique à ceci près que de très anecdotiques ajouts viennent faire leurs apparitions. On songe notamment aux phases où l’on incarne le fidèle Riley, un berger allemand, les séquences dans l’espace ou sous l’eau. Chacune de ses missions apporte une certaine variété et un plaisir évident à s’essayer autrement au FPS. Les dimensions dans de tels environnements se font sur plusieurs niveaux (hauteur, profondeur…) pour user de nouvelles tactiques ou demeurer attentif à des ennemis qui exploitent également cette nouvelle donne.

Toutefois, ces passages sont beaucoup trop sporadiques et brefs pour convaincre sur la durée et ainsi faire la différence. On a toujours eu droit à quelques phases d’infiltration au gré des épisodes et avec cet opus, on pouvait espérer qu’elles soient plus développées. Non pas que cela soit l’apanage de la série, mais au vu du thème et du patronyme de notre unité, cet aspect aurait pu faire l’objet d’un soin tout particulier. Ici, l’on suit des scripts ou ses alliés dans des tracés bien délimités. L’on remarquera une intelligence artificielle douteuse pour faciliter des exécutions furtives. Avec l’habituelle conduite d’engins de guerre (tanks, avions de combat…), on demeure dans un spectacle de tous les instants, mais guère mémorable.

On en vient à la durée de vie qui fait montre d’une très faible rejouabilité en solo. Comptez un peu plus de cinq heures pour parcourir la campagne principale. Les sempiternels trophées et niveaux de difficulté agrémentent l’aventure, mais on reste clairement sur sa faim par ce manque de nouveautés. En ce sens, le gameplay n’encourage guère à un challenge de taille. Pour les amateurs de multi, Ghosts n’a pas à rougir face à ses aînés avec pléthores de modes, de maps et autant d’occasions de « fragger » en ligne. On note également une personnalisation des parties multi assez poussée pour contenter aussi bien les débutants que les experts. En fonction de ce que vous attendez, il en ressort un énorme déséquilibre entre ces deux facettes du jeu.

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Au final, Call of Duty – Ghosts est un opus en demi-teinte. Affublé d’une histoire anémique qui fleure bon les poncifs inhérents à la guerre et au FPS, on ne parvient guère à se sentir impliqué. Le rythme est efficace, la progression fluide, mais le titre d’Infinity Ward demeure trop ancré dans une routine bien connue des amateurs de la série. Il est vrai qu’on appréciera les incursions dans l’espace ou sous l’eau, ainsi que de menus ajouts pour varier les plaisirs. Pour autant, les développeurs semblent constamment hésiter à imposer un style (les affrontements en apesanteur auraient pu relancer un gameplay ronflant) ou une approche différente du FPS. Il en ressort un divertissement évident, mais basique et dénué de surprises.

Note : 12/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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