mai 24, 2022

28 Hotel Rooms

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De : Matt Ross

Avec Chris Messina, Marin Ireland

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Un homme et une femme se rencontrent un soir et couchent ensemble. Elle a un mari et lui une copine, mais le courant passe tellement bien qu’ils décident de continuer à se voir au grès de leur déplacement professionnel pour explorer différentes chambres d’hôtel.

Avis :

Matt Ross est un acteur intéressant même s’il trouve plus souvent sa place dans des seconds rôles, voire même plus loin encore. Mais Matt Ross est aussi réalisateur. Et après avoir été transcendé par son « Captain Fantastic » nous nous sommes penchés sur sa filmographie. Une filmographie pas vraiment conséquente puisque « Captain Fantastic » est son deuxième long métrage.

En même temps, il vaut mieux peu mais de qualité et c’est clairement le cas ici, puisque son premier film, « 28 Hotel Rooms« , est tout simplement un peu bijou d’amour, de vie, de complicité, de sensualité et de naturel. Avec ce premier film, Matt Ross lance un regard incroyable sur un couple, le tout dans un concept des plus originaux et la petite heure et demi que dure le film passe bien trop vite malheureusement.

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Un soir, dans un hôtel quelconque, un homme et une femme s’abordent un peu par hasard au bar. Il est romancier, elle est comptable pour une entreprise qui tient plusieurs locaux à travers le pays. La conversation commence et très vite, cet homme et cette femme s’accrochent et sont complices. Cette complicité va alors les emmener dans l’une des chambres pour un moment torride. Elle est mariée, lui a une copine, mais qu’importe, la complicité est telle qu’ils décident de se revoir au grès des voyages de l’un ou l’autre. Ainsi, sur plusieurs années, ils vont se construire et se détruire à travers les chambres des hôtels réservées.

Pour son premier film, Matt Ross s’engage dans un film ambitieux, et même risqué au vu de son concept original, qui ne ressemble à rien qu’autre de connu.

« 28 Hotel Rooms« , c’est vingt-huit tableaux, vingt-huit moments intimes volés dans la vie d’un couple qui seront marqués comme des chapitres, par les numéros des différentes chambres des différents hôtels. Bourré de spontanéité, d’un naturel fou et d’un charme incroyable, Matt Ross nous invite tels des voyeurs privilégiés dans une double vie qui chamboulera peu à peu ses personnages. Le scénario est d’une minutie incroyable et l’on n’avait pas vu quelque chose de si intime depuis le « 9 Songs » de Michael Winterbottom. Ce qui est génial avec le film de Matt Ross, c’est qu’on ne saura rien de ses personnages en dehors des chambres d’hôtel dans lesquelles ils se retrouvent inlassablement. Magnifiquement orchestré, Matt Ross insufflera à travers ces vingt-huit tableaux une véritable vie à ses personnages. Rire, joie, amour, passion, sexe, sensualité, érotisme, déception, coup de gueule, quotidien, violence, doute… Bref, tout est là, tout est beau, tout est touchant et l’on se laisse prendre au jeu. On rit avec eux des blagues de gamins qu’ils peuvent se faire. On est touché par le désir incroyable qu’ils ont l’un envers l’autre. On est ému quand les premiers doutes s’installent, quand des décisions très lourdes doivent être prises. On espère que tout puisse fonctionner, on est mélancolique des premières scènes, de l’intensité des premiers rapports. Puis dans un sens, le film sonne si vrai, si juste, qu’il nous renvoie dans nos propres histoires. On se reconnaît en ces deux personnages, même si l’on n’a pas tout à fait vécu les mêmes choses, car les questions et les réflexions sur l’amour et l’avenir sont les mêmes. Matt Ross pose des questions universelles.

En plus d’avoir un scénario touchant et parfaitement écrit, Matt Ross dégage une sensibilisé sublime dans sa mise en scène. Chaque tableau est important, même les plus courts. Chaque scène apporte sa pierre à cette relation. Tout élément, tout dialogue, tout regard et autres silences sont au service de l’histoire ce couple. Matt Ross a très bien su s’adapter aux différentes humeurs. Terriblement sensuel, pour ne pas dire érotique au départ, « 28 Hotel Rooms » s’assombrit peu à peu, mais garde toujours quelque chose d’optimiste. À aucun moment Matt Ross envoie son histoire dans un film déprimant ou glauque. Même les moments les plus noirs où les personnages, tiraillés par des décisions, se font du mal volontairement sont touchants.

La réalisation est donc au top, l’histoire est belle et très touchante, mais avec « 28 Hotel Rooms« , il faut aussi trouver un couple sublime pour que le film fonctionne à merveille et l’on peut dire que là encore, Matt Ross a totalement réussi son pari. Pour son film, il a choisi Marin Ireland et Chris Messina et les deux comédiens sont criants de sincérité. Envoûtés, passionnés, ils n’hésitent pas une seconde à se livrer et se dévoiler comme jamais on ne les avait vu auparavant. Et avec deux belles carrières, de très bons rôles, on peut dire que Matt Ross a su leur donner les plus beaux rôles qu’ils aient eu à interpréter. Des rôles aussi simples en apparence qu’ils sont finalement très complexes.

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Après avoir passé plus de vingt ans à jouer, après avoir écrit des scénarios pour les autres, Matt Ross a décidé de passer le pas et de se lancer dans la réalisation. Et au vu de celui-là, qui n’est pas loin d’être un film parfait et de son deuxième, on peut dire qu’on voit naître de manière assez discrète, un réalisateur incroyable qu’il va falloir suivre de très près.

Note : 18,5/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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