octobre 26, 2020

Porco Rosso

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Titre Original : Kurenai no Buta

De : Hayao Miyazaki

Avec les Voix de Shûichirô Moriyama, Tokiko Kato, Jean Reno, Jean-Luc Reichmann

Année : 1992

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Dans l’entre-deux-guerres quelque part en Italie, le pilote Marco, aventurier solitaire, vit dans le repaire qu’il a établi sur une ile déserte de l’Adriatique. A bord de son splendide hydravion rouge, il vient en aide aux personnes en difficulté.

Avis :

Quand on est passionné par un thème, un genre, on a forcément envie de faire quelque chose dessus. Les réalisateurs ont parfois la chance de travailler sur quelque chose qui a baigné leur enfance et qui est une passion depuis toujours. Hayao Miyazaki est un passionné d’aviation et si son studio s’appelle Studio Ghibli, ce n’est pas par hasard. En effet, Ghibli est un terme pour désigner un vent chaud, comme le sirocco, mais c’est aussi un terme dont se servaient les italiens pour désigner leurs avions de reconnaissance durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est en 1992, bien avant que le studio ne perce à l’international (qu’il fera grâce à la distribution de Princesse Mononoké en 2000) que Hayao Miyazaki se consacre à sa passion pour livrer un dessin animé qui deviendra culte avec le temps, Porco Rosso. Alors le film est-il bon ? Avons-nous droit à un bon Miyazaki ?

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Jambon fumé !

L’histoire se situe entre les deux guerres mondiales vers l’Italie en pleine Méditerranée. Les hydravions connaissent leurs heures de gloire et les pirateries vont bon train. Parmi toute cette engeance, un homme transformé en porc se fait payer pour faire de bonne action et friter quelques mécréants volants. Mais un beau jour, il tombe sur un ancien militaire américain, excellent aviateur et amoureux de la même femme qui le descend dans les airs lors d’un duel. Toujours vivant mais avec un avion miteux, Porco Rosso va retrouver un vieil ami et sa fille pour retaper et améliorer son avion afin de livrer un nouveau duel. L’histoire est très simple et elle peut être suivie par les enfants aussi bien que par les adultes. Mais le film ne possède pas la force des métrages plus poétiques du maître et le film va être un excellent divertissement mais auquel il va manquer quelque chose.

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver ce qu’il manque au film. Un brin de magie et de poésie. Si magie il y a avec la transformation de l’homme en cochon, tout le reste est assez terre à terre et manque cruellement d’onirisme. Certains passages sont tout de même réussis comme l’atelier d’aviation tenu par des femmes ou la rencontre entre Porco Rosso et la fille de son meilleur ami. Tout cela est très poétique, comme l’amourette qui lie Porco Rosso à une chanteuse ravissante mais il manque un petit truc pour que le film soit vraiment indispensable. Est-ce l’absence d’enfants qui fait cela ? Est-ce l’absence de créatures imaginaires ? On n’en sait rien, mais force est de constater que le film est moins puissant en termes d’émotion que Le Voyage de Chihiro ou Mon Voisin Totoro. Le film n’est pas mauvais pour autant, bien au contraire, c’est un excellent dessin animé, bien au-dessus de la moyenne, encore aujourd’hui. Les scènes d’action sont sublimes et on ne s’ennuiera pas une seule seconde.

D’un point de vue graphisme, le film a quand même un petit coup. Rien de bien méchant, mais je trouve que si on le compare à Mon Voisin Totoro, ce dernier a beaucoup moins vieilli. Ceci dit, les scènes d’action sont très bien foutues, comme les chasse à l’avion par exemple. L’autre point qui est moins bon que dans les autres productions du studio Ghibli, c’est que les messages si chers à Miyazaki sont absents. Point de tollé contre la pollution, point d’élan écologique. On restera dans le relationnel, notamment avec la relation père/fille que peut avoir Porco Rosso avec la fille de son meilleur ami, ou encore les histoires d’amour qui sont complexes. Le mystère qui entoure Porco Rosso restera un mystère, même si des éléments de réponse viendront ponctuellement, on préférera nous laisser nous faire notre propre idée sur la chose. Tout cela est bon et reste encore aujourd’hui bien au-dessus de bons nombres de films d’animation, mais pour un Miyazaki, on peut rester sur sa faim.

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Petite cochonne !

Au final, Porco Rosso n’est pas un mauvais film, bien loin de là. Mais il lui manque un petit brin d’onirisme, une petite dose de lyrisme pour rendre le tout bien plus beau et bien plus attrayant. Il lui manque aussi un message universel en rapport avec les thèmes de prédilection du réalisateur comme l’écologie et la nature. Néanmoins, le film est dynamique, drôle et touchant pas moments et c’est tout ce que l’on demande au cinéma, ressentir des choses. Pas le meilleur du studio Ghibli, mais un film intéressant.

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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