juin 23, 2021

Céline Dion – Loved me Back to Life

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Avis :

Il fut un temps où la chanson française avait encore ses lettres de noblesse. Il fut un temps où les paroles avaient un sens, la mélodie était recherchée et surtout, on était bien loin de tout l’univers mercantile de l’industrie du disque. Et quand on voit comment ce marché se pète la gueule, ça fait purement et simplement plaisir, surtout quand on voit la qualité de ce qu’il sort aujourd’hui dans les bacs. Adieu donc Brassens, Balavoine et autre Brel, et bonjour Obispo,Jenifer et consorts, sortes de chanteurs du dimanche qui auraient par un quelconque miracle réussis à trouver quelqu’un pour les mettre dans la lumière. Et comme si cela ne suffisait pas à nous égratigner les oreilles, on a eu droit à la vague fougueuse de chanteuses venues du Canada. Entre Isabelle Boulay, Natasha St-Pier ou encore Céline Dion, on a eu droit à notre flopée de braillasses au doux relent de sirop d’érable. Néanmoins, concernant la dernière nommée, ses débuts furent clairement sympathiques, notamment l’album D’Eux (merci maman de l’avoir mis à peu près dix fois par jour), écrit et produit par Jean-Jacques Goldman. Le succès de Céline Dion n’est plus à montrer et ses shows à Las Vegas sont toujours pleins. C’est en toute discrétion qu’est sorti son dernier album, Loved me Back to Life, et on se demande encore pourquoi elle a sorti ça, hormis dans un souci d’argent et demande commerciale.

Le skeud démarre avec le titre éponyme de l’album. On commence avec des onomatopées imbuvables, puis on poursuit avec une boîte à rythme faussement R’n’B et on voit de suite la voie qu’a choisie la chanteuse. En effet, cela pue à trois kilomètres le commerce et la musique formatée pour passer à la radio et engendrée pour fournir un max de blé. Le refrain ne fait que confirmer cette sensation, avec ce qu’il faut de force dans la voix pour dire qu’elle sait quand même un peu chanter. Et ce n’est pas le pseudo air de guitare à la fin qui fera changer quelque chose. Somebody Loves Somebody poursuit dans le style pop ultra cadrée. On n’aura aucune surprise, cela ressemble à du Britney Spears en début de carrière et malheureusement, si on s’en tient rigoureusement à la technique musicale, il n’y a rien derrière. Incredible, en duo avec Ne-Yo est une catastrophe de musique lénifiante qui essaye vainement de réveiller l’auditeur avec un refrain un poil plus puissant. Le tout est mou, le faux air de piano est d’une simplicité à se taper la tête contre les murs et on ne ressentira aucune émotion tant cela semble fait pour le fric. Water and a Flame est un peu plus intéressante comme piste car elle reste moins formatée que le reste, notamment grâce à une instrumentalisation plus complexe, avec des violons et des basses. Bon, il n’y a pas grand-chose non plus, mais cela reste un peu plus plaisant, surtout que l’on entend bien toute la puissance vocale de la chanteuse. Breakaway est une ballade qui n’apporte rien de neuf non plus dans le genre et qui reste finalement assez vaine. Save Your Soul ressemble à du Katy Perry et la comparaison suffit à montrer la médiocrité du titre. D’autant plus que Céline Dion n’a pas le physique de l’américaine. Bref, tout cela est trop calqué sur des choses que l’on a déjà entendues et la sauce ne prend pas.

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La suite n’est guère reluisante, puisque l’on attaque avec deux titres relativement proche par leur style avec Didn’t Know Love et Thank You. Rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, puisque les rythmes sont mollassons, l’instrumentalisation minimaliste avec la présence insupportable de la boîte à rythme et on a l’impression d’avoir entendu cela des millions de fois. Overjoyed a l’audace d’être en duo avec un certain Stevie Wonder. Dans un style purement R’n’B, encore une fois la pièce ne donnera rien de neuf et pire que cela, on aura l’impression de retourner dans les années 90 et d’écouter les Poetic Lovers ! Heureusement, le duo fonctionne au niveau de voix, mais sinon, c’est très chiant. Thankful se prend des grands airs avec un piano omniprésent, mais la chanson a le mérite d’être plus grandiloquente que les autres et le refrain est plutôt bon, avec une Céline Dion en pleine forme d’un point de vue vocal. At Seventeen, est le morceau cool du skeud, mais il est plutôt pénible, car il demeure redondant et sans grand intérêt. Always be Your Girl est un titre encore au piano et d’une lenteur hallucinante et qui ne gagnera aucune mémoire. L’album se termine sur Unfinished Songs et on reste dans la pop simpliste et énervante, sans aucune once d’inventivité.

Au final, Loved me Back to Life, le dernier né en version anglaise de Céline Dion est un pur produit commercial qui aura tendance à agacer. Il aura tendance à agacer pour des raisons bien simples qui concernent une technique musicale appauvrie, des titres toujours identiques, moulés pour fonctionner sur un grand public et à la radio et bien entendu, une sensation très désagréable d’avoir déjà entendu ce style des milliards de fois. Bref, un skeud très dispensable. On est bien loin D’Eux.

  1. Loved me Back to Life
  2. Somebody Loves Somebody
  3. Incredible
  4. Water and a Flame
  5. Breakaway
  6. Save Your Soul
  7. Didn’t Know Love
  8. Thank You
  9. Overjoyed
  10. Thankful
  11. At Seventeen
  12. Always be Your Girl
  13. Unfinished Songs

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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