juin 22, 2021

Atlantis Code – Charles Brokaw

Atlantis code

Résumé :

La quête archéologique la plus meurtrière de l’Histoire… « Jadis, il y avait une immense puissance qui marchait insolemment sur l’Europe et l’Asie tout entières, venant d’un autre monde situé dans l’océan Atlantique… Dans l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d’un seul coup dans la terre, et l’île Atlantide, s’étant abîmée dans la mer, disparut de même… » Platon, Timée Le Pr Thomas Lourds, éminent linguiste, reçoit pour mission d’expertiser un objet vieux d’environ vingt mille ans. Il s’agit d’une cloche, qui comporte une inscription gravée dans des caractères archaïques et que Lourds attribue à la langue des habitants de l’Atlantide ! Lorsqu’une consœur russe trouve la mort après avoir déchiffré des symboles analogues sur une cymbale, Lourds comprend que la portée de leurs découvertes n’est pas uniquement scientifique. Beaucoup veulent empêcher que l’on prouve l’historicité de cette civilisation mythique, et notamment un groupe de mercenaires, obéissant aux ordres d’un cardinal dévoyé. Car d’Alexandrie à Moscou, de Rome à Cadiz, cette quête folle sur les traces du continent perdu pourrait conduire Lourds et ses alliés à percer les secrets des origines du christianisme…

Avis :

Avec le Déluge, le mythe de l’Atlantide est sans doute l’un des plus universels et récurrents dans l’histoire de l’humanité. On peut même y voir une sorte de complémentarité entre eux, à tout le moins une version différente d’un événement commun. À l’instar des plus grands mystères des civilisations anciennes tels que l’Arche d’alliance, la cité engloutie a fait l’objet de toutes les spéculations, recherches et expéditions pour tenter de la retrouver et percer l’énigme de son existence. Au milieu d’ouvrages archéologiques assez académiques (pour ne pas dire prudents), l’on trouve également des écrivains qui ont une approche plus ésotérique du sujet, quitte à nous infliger des théories autant farfelues qu’infondées. L’Atlantide est aussi un formidable vivier pour l’imaginaire des romanciers. Clive Cussler ou David Gibbins, pour ne citer qu’eux, s’étaient essayé grâce à des histoires prenantes, saisissantes et réalistes.

Charles Brokaw n’est autre qu’un pseudonyme d’un illustre auteur de littérature « classique ». Difficile de dénicher des informations sur l’homme tant son anonymat est bien protégé. Pour son « premier » roman (comprenez dans le domaine du thriller), il s’attaque donc aux mystères de la cité engloutie. On y suit Thomas Lourds (étrange patronyme), un linguiste qui est plongé dans une spirale de complots et de convoitises pour préserver l’Atlantide et ses secrets. Niveau scénario, rien de bien original à se mettre sous la dent. On retrouve les poncifs du thriller ésotérique ressassés avec plus ou moins de maîtrise au fil des pages.

Certes, la narration se montre généreuse en séquence d’action, mais cette progression tendue néglige les tenants de son histoire. À trop vouloir imiter les ténors du genre (outre le titre facile évoquant Da Vinci Code), Charles Brokaw mélange à peu près tout et n’importe quoi dans son récit. Le fait de croiser l’Atlantide avec les intérêts religieux du Vatican passe difficilement. L’ensemble est mal développé, justifié. Les retournements de situation se révèlent téléphonés, voire alambiqués ; tout comme les obscures motivations des uns et des autres. En général, l’on s’appesantit davantage sur des séquences sans grande importance. Le rythme s’accélère étrangement pendant les scènes qui auraient mérité un traitement plus posé et soigné.

Précédemment, l’on évoquait une progression assez vive. Toutefois, les « creux » se montrent plats, banals et surtout d’une incroyable répétitivité. Lorsque notre bande d’aventuriers en herbe ne se fait pas pourchasser par les sbires du Vatican (sous couvert d’une société secrète pour rester dans les ficelles du thriller ésotérique), on discute autour d’un verre ou d’un repas. C’est bien simple, l’évolution des protagonistes s’effectue davantage dans leur prise de poids que dans leur psychologie. La moindre occasion est bonne pour déjeuner ou dîner avec des dialogues assez convenus, parfois pompeux et peu vivant.

Personnages qui, au demeurant, s’avèrent peu marquants. Thomas Lourds est un ersatz de Robert Langdon, le charisme en moins. La journaliste ou la policière sont des femmes à la plastique séduisante, mais peu travaillée au niveau des caractères. Est-il besoin de parler des grands méchants de l’histoire ? Véritables clichés en puissance qui ont déjà été vus ailleurs et sous de bien meilleurs auspices. À croire que l’auteur s’est contenté de piocher çà et là dans tel et tel livre, les bonnes idées pour les régurgiter avec une méthode brouillonne et détachée. À ce titre, les descriptions physiques suivent toujours le même schéma linéaire sans jamais créer la surprise dans leur construction.

En ce qui concerne le cadre (considéré comme un personnage à part entière), on voyage aux quatre coins du globe, mais à aucun moment on ne parvient à retrouver l’ambiance des différents lieux. Il y avait pourtant de la matière avec Alexandrie, Moscou, l’Espagne, l’Allemagne, le Nigeria ou le Vatican. Là encore, nos espérances restent au point mort. À cause d’une atmosphère qui ne possède aucune épaisseur, on éprouve les plus grandes difficultés à se plonger (ou se replonger) dans le livre. À cela, le style d’écriture est lourd. Outre le fait de s’appesantir trop sur les descriptions, certaines tournures de phrase laissent perplexe (ex : « Un train de la Red Line était en train de… »). Tout cela ne laisse pas un souvenir impérissable.

Au final, Atlantis code est un piètre thriller ésotérique. On fustigera principalement l’histoire qui manque cruellement de réalisme où les théories fantaisistes côtoient les caricatures bas de gamme du genre. Nanti de protagonistes peu marquants et d’une ambiance sans le moindre relief, cette première incursion de Charles Brokaw fait peine à contempler, malgré quelques passages sympathiques (les scènes d’action sont assez bien maîtrisées dans l’ensemble). Toutefois, ceux-ci étant trop sporadiques et irréguliers, ils ne parviennent nullement à masquer les écueils de l’intrigue et de la construction narrative (de longs chapitres avec un suspense peu entretenu) permettant une vision intéressante du mythe de l’Atlantide. Préférez-lui Atlantis de David Gibbins, davantage passionnant que ce livre sans la moindre identité.

Notes : Contrairement à d’autres ouvrages du même genre, il n’y a aucune explication de l’auteur pour démêler le vrai du faux ou les sources sur lesquelles il s’est appuyé pour écrire son roman. Au vu du résultat final, on possède peut-être un début de réponse…

Note : 09/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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