septembre 28, 2020

L’Attaque du Métro 123

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Titre Original: The Taking of Pelham 123

De : Tony Scott

Avec Denzel Washington, John Travolta, Luis Guzman

Année: 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Walter Garber est aiguilleur du métro à New York. Comme chaque jour, il veille au bon déroulement du trafic, lorsque la rame Pelham 123 s’immobilise sans explication. C’est le début du cauchemar. Ryder, un criminel aussi intelligent qu’audacieux, a pris en otage la rame et ses passagers. Avec ses trois complices lourdement armés, il menace d’exécuter les voyageurs si une énorme rançon ne lui est pas versée très vite. Entre les deux hommes commence un incroyable bras de fer. Chacun a des atouts, chacun a des secrets, et le face-à-face risque de faire autant de victimes que de dégâts. La course contre la montre est lancée…

Avis :

Trois ans avant sa mort, Tony Scott livre un thriller assez efficace où il fait jouer son acteur fétiche, Denzel Washington. Alors je ne sais pas si le réalisateur était fasciné par les rails ou par les trains, métros et consorts, mais il sort en deux ans, deux films différents sur le fond, mais semblable sur la forme. En effet, après l’Attaque du Métro 123 qui nous préoccupe aujourd’hui, le réalisateur a fait Unstoppable, film sur un train fou, très efficace et fort divertissant. Mais si le lieu peut sembler similaire, le scénario est totalement différent, car si l’un était vraiment un film d’action/aventure à bord d’un train incontrôlable, celui que je critique aujourd’hui est plus un thriller/policier. Alors il est très difficile de faire un film dans un lieu clos, comme dans un train par exemple, car les espaces sont réduits, les mouvements moins amples et donc on risque fort de s’ennuyer, comme pour le film d’horreur Le Monstre du Train. Mais c’est aussi ennuyeux de filmer une salle de commandes avec des dialogues. Alors comment a fait Tony Scott pour rendre tout cela attractif ? Quelles sont les ficelles pour réussir ce genre de film ? Avec Tony Scott, c’est plutôt métro, boulot, bobo !

S’éloignant de l’histoire basée sur des faits réels pour faire un récit tout de même très crédible, c’est un peu ce que propose Tony Scott dans ce métrage. L’histoire pourrait très bien se dérouler et pose un problème important, comment arrêter des preneurs d’otages dans un métro arrêté en plein milieu d’un tunnel. Pour résumer rapidement le film, quatre bandits vont prendre en otage un wagon complet de voyageurs. Bien évidemment, ils veulent de l’argent dans un but bien précis, car le cerveau de l’opération a une idée maligne en tête. Pour avoir son argent, il entre en contact avec le service des voiries et tombe sur Walter Garber, chef déchu de cette section pour avoir touché des pots de vin. Le dialogue s’installe et le groupe réclame une somme d’argent au bout d’une heure, sinon il dégomme un passager toutes les minutes. Le duel s’engage alors entre les deux hommes et entre les services de police qui tentent le tout pour le tout pour arrêter ses terroristes et sauver les civils. Si le postulat de départ est alléchant, il n’en est pas de même pour l’action en elle-même. En effet, il va falloir filmer des dialogues, enfermés dans une salle de commandes ou dans une rame de métro et sans vraiment d’action. Sauf que Tony Scott possède une recette magique qui peut plaire mais qui peut aussi dégouter. En effet, la réalisation est un peu particulière, car le réalisateur aime bouger sa caméra, il aime faire des zooms rapides, des demi-cercles autour de ses personnages. Bref, ça bouge, la caméra est rarement fixe. Bon, le procédé n’est pas nouveau, surtout que le réalisateur l’utilise régulièrement dans tous ces films, notamment dans Déjà-Vu où là, ça bouge beaucoup trop ! Alors, pour le coup, dans ce film, ça marche bien, car on ne ressent pas l’ennui, mais surtout, il se dégage une ambiance particulière et cela colle parfaitement avec le sentiment d’urgence qui ressort du film. Ainsi, les quelques courses-poursuites, les dialogues effrénés om chacun se livre, les phases de stress avec les menaces directes sur un passager, bref, la réalisation de Tony Scott fonctionne et on est en plein dedans. Alors certes, l’histoire reste simple, on l’a déjà vu des millions de fois, mais c’est efficace et cela divertit tout en faisant réfléchir sur certains points. Mais aussi grâce aux acteurs qui sont en grande forme, surtout John Travolta.

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T’as dit quoi ?! Que la scientologie c’était de la merde ! Répète pour voir !

En effet, on peut dire que John Travolta est en grande forme dans ce film. Jouant le vilain terroriste cachant une identité assez peu réaliste, il s’en donne à cœur joie dans ce film. Volubile mais intelligent, bavard mais mystérieux, il accumule toutes les différences pour faire un personnage complexe jusqu’à la fin du métrage. Bien entendu, l’acteur joue son rôle à fond, faisant frémir par moments, mais aussi rire. Et c’est cette dichotomie qui est intéressante et qui donne un méchant très efficace que l’on aime détester. Pour jouer le gentil gars, on a Denzel Washington, toujours impeccable dans le rôle du monsieur tout le monde qui se retrouve face à un danger. Moins athlétique que dans Le Livre d’Eli, il campe un personnage attachant, bien que doué et intelligent, qui cache un secret dont il ne devrait pas avoir honte. Néanmoins, le duo fonctionne bien, car chacun possède ses démons et l’un et l’autre vont se livrer un combat psychologique dense et âpre où il va falloir se donner pour gagner quelques minutes. Le reste du casting est sympathique mais parait bien fade à côté des deux acteurs. Ainsi Luis Guzman est sous exploité et on ne le voit pas assez, tout comme John Turturro dans le rôle du super flic. Il faut dire que les deux grands acteurs phagocytent un peu le film. Le dernier point intéressant concerne, encore une fois le personnage de Travolta. En fait, il représente aisément le mec qui a tout perdu et qui n’a plus peur de mourir. Son seul intérêt est l’argent, car il pense que l’argent domine le monde, et que ça cela, on n’est rien. Il se fait le discours des minorités et démontre les malaises qui subsistent encore dans certains milieux sociaux. Il montre aussi ce que pensent généralement les gens des grands pontes de ce monde comme les maires des grandes villes ou les politiques. Bref, il possède un discours cohérent qui fait du bien à entendre de temps en temps.

Au final, L’Attaque du Métro 123 est un thriller efficace et dynamique. Si le scénario est simpliste au possible et que l’on a déjà vu cela, le métrage a le mérite d’être distrayant et de présenter des personnages intéressants et au discours ambigu. Si Tony Scott a eu une carrière un peu moins brillante que son frère, il a tout de même fait de bons films et je pense que L’Attaque du Métro 123 est un film sympathique.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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