janvier 27, 2022

Au-Delà – Mort Dans l’Ame

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Titre Original : Hereafter

De : Clint Eastwood

Avec Cécile de France, Matt Damon, Thierry Neuvic, George McLaren

Année : 2011

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Fantastique

Résumé :

Au-delà est l’histoire de trois personnages hantés par la mort et les interrogations qu’elle soulève. George est un Américain d’origine modeste, affecté d’un « don » de voyance qui pèse sur lui comme une malédiction. Marie, journaliste française, est confrontée à une expérience de mort imminente, et en a été durablement bouleversée. Et quand Marcus, un jeune garçon de Londres, perd l’être qui lui était le plus cher et le plus indispensable, il se met désespérément en quête de réponses à ses interrogations. George, Marie et Marcus sont guidés par le même besoin de savoir, la même quête. Leurs destinées vont finir par se croiser pour tenter de répondre au mystère de l’Au-delà.

Avis :

Quand on s’appelle Clint Eastwood, le moindre passage derrière la caméra devient un évènement. Non pas qu’il soit rare de le voir réaliser un film (il tient d’ailleurs un rythme impressionnant), mais chacun de ses films a quelque chose à raconter, à montrer, à dénoncer. Que ce soit le racisme, les erreurs historiques, l’injustice, la tolérance, chaque film apporte une pierre humaniste à l’édifice que s’est construit Eastwood en tant que réalisateur. Alors bien entendu, quand un film est en-dessous des autres, c’est une amère déception et pour beaucoup, c’est la fin d’un cycle. Sauf que monsieur Eastwood a toujours su rebondir malgré les échecs. Avec Au-Delà, il aborde un thème inhabituel pour lui, le fantastique et l’hypothèse d’une vie après la mort. Et c’est malheureusement entre psychologie de comptoir et fable naïve que le film va s’inscrire.

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Le film se découpe en trois histoires qui vont se réunir sur la fin. On va suivre Marie, une présentatrice d’émission politique française qui va survivre de justesse au tsunami qui a fait tant de morts en Thaïlande. Après cette expérience, elle est persuadée qu’il y a une vie après la mort. On va ensuite suivre George, un médium à la retraite qui peut voir les morts en touchant les mains des personnes. En proie à des questionnements personnels, il cherche à faire un autre métier que celui-ci, car il estime que travailler avec la mort n’est pas une vie. Enfin, on suivre Marcus, un jeune garçon qui a perdu son frère jumeau dans un accident et qui cherche à le contacter dans l’au-delà. Ces trois personnes, dont la mort hante les pensées, vont se retrouver à Londres.

La première chose qui frappe dans ce film, c’est la complexité de son récit, sorte de film choral, mais qui reste très simpliste dans son déroulement et dans les thèmes qui brasse. On voit bien que Clint Eastwood veut parler de la difficulté à faire son deuil et de cette espérance de voir quelque chose de meilleur après la mort, mais le sujet reste fragile. Il reste fragile parce que Eastwood fait une démarche naïve sur le thème, sans l’approfondir ou y apporter des nuances. On retrouve ce même défaut dans son American Sniper, qui tisse une histoire unilatérale sans apporter de réflexion. Avec Au-Delà, le cinéaste confirme un point de vue, l’étale de façon primitive et ne laisse que peu de place aux questionnements. D’autant plus que la façon dont il amène le sujet, entre l’écrivaine qui fait un succès, le médium quasi dépressif et le jeune garçon désespéré, n’est pas fine. On a l’impression de suivre un débat de comptoir sur l’ésotérisme et les charlatans qui font profit de cette croyance.

A la rigueur, le seul point positif que l’on peut trouver à ce film, c’est qu’à aucun moment il n’y a de référence à Dieu. Alors que c’est le sujet de prédilection pour tous les puristes chrétiens américains, Eastwood évite brillement cet écueil et à aucun moment, la Bible ou autre référence christique n’est évoquée. Ce qui n’empêche pas le film d’être très décevant, aussi bien par sa thématique que par sa réalisation. Peu inspiré, le grand réalisateur nous sert un film réchauffé, sans personnalité et flirtant parfois avec le mauvais gout, appuyant très fort sur l’aspect social, notamment en ce qui concerne le petit Marcus, vivant avec une mère alcoolique, dans un quartier pauvre et mal famé de Londres. On obtient un film sans flamboyance et qui ne portera la marque de fabrique de son créateur que dans l’omniprésence d’un clair/obscur, comme si une partie de l’être humain se trouvait déjà dans l’Au-Delà. Cela n’enlève pas les problèmes de rythme et l’ennui progressif qui gagne du terrain au fur et à mesure que le temps passe.

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Au final, Au-Delà est certainement l’un des plus mauvais films de Clint Eastwood. San pour autant être une purge infâme, le film tire en longueur et ne propose rien de vraiment dérangeant ou apportant des réflexions, que ce soit sur la mort, le deuil ou encore la vie après la mort. Le seul point positif de ce film tient à l’absence totale de religion et c’est d’autant plus intéressant venant d’un pays aussi croyant que les Etats-Unis. Un film ennuyeux donc, où le casting ne brille pas par son interprétation (magnifique casting français digne d’un téléfilm) et dans lequel Eastwood ne se sent pas forcément à l’aise.

Note : 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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