octobre 24, 2020

I Spit on Your Grave

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De : Steven R. Monroe

Avec Sarah Butler, Chad Lindberg, Daniel Franzese

Année : 2010

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. Elle qui s’attendait à une retraite tranquille, se retrouve violée et torturée par un groupe d’individus complètement tordus qui empestent la cruauté et la perversité. Abusée par chacun d’entre eux, laissée pour morte, elle se livrera à une vengeance sans pitié…

Avis :

Avant de commencer toute critique, je me dois de dire que je n’ai pas vu l’original, Day of the woman, et que mon jugement ne va porter que sur cette adaptation, ce remake. Alors oui, il s’agit d’un remake, mais celui-ci est parvenu chez nous en Direct to video et il est porteur d’un sujet presque tabou. En effet, il s’agit d’un Rape and Revenge, c’est-à-dire d’un viol, souvent collectif, suivi d’une revanche de la violée. Beaucoup dirons que c’est un scandale de produire et de faire ce genre de film, mais il faut avouer que parfois le message sous-jacent est plutôt intéressant et ne pas dans le glauque et le pathos, malgré des personnages abjects. Il suffit de regarder le remake de La dernière maison sur la gauche pour s’apercevoir que parfois, ce genre si décrié est plutôt bien fichu. Mais ce remake-ci est-il aussi bon que le remake de Craven ? Le film est-il porteur d’un message ou d’une défense précise ? Et vous, que feriez-vous dans une telle situation ?

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Je me demande si cette batte rentrerait dans son cul ?

Très souvent, les scénarios de ce genre de film sont d’une simplicité ahurissante et on est à la limite de l’abrutissement. Seulement, les histoires les plus simples peuvent aussi faire de bons films, et l’histoire d’une jeune fille qui se fait violer puis qui décide de se venger v poser la question sur la vigilance et faire justice soi-même. Ce film n’échappe à la règle du scénario basique, mais il faut avouer qu’il va chercher un peu plus loin, notamment dans le traitement des personnages et des violeurs. En effet, plutôt que de proposer des jeunes décérébrés un peu consanguins sur les bords, on préfère ici nous montrer des jeunes gens frustrés par leur vie campagnarde et qui espère sortir de leur misère. Le problème survient lorsqu’une jolie jeune écrivaine de la ville vient s’isoler dans une cabane au fond des bois pour écrire son roman et se fout légèrement de la gueule de l’un d’eux. Pour ces trois jeunes, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et ils vont franchir la ligne. Mais si en plus le shérif s’y met, adorateur de la sodomie de surcroit, la jeune femme va passer un sale quart d’heure, mais ne compte pas en rester là. Mais le réalisateur va aussi montrer que ces jeunes gens, et notamment le shérif ont une vie à côté de ça et que le fait de tuer une personne ou même de violer quelqu’un est presque une chose normale, mal, mais normale. Et je trouve que ce côté humain des méchants est à la fois gênant, mais diaboliquement bien mis en place.

L’autre gros point fort du film, c’est l’ambiance purement malsaine qui s’en dégage et cela dès l’introduction. On ressent vraiment l’aspect borderline des gens du coin et on ressent aussi la déchéance sociale qui les entoure. Tout suggère la misère et l’Amérique profonde. Que ce soit dans les décors, souvent miteux, insalubres ou sauvages, ou dans les personnages, allant du jeune grossier et stupide au vieillard sympathique mais légèrement sénile en passant par le shérif, tête pensante et ayant une légère propension pour le respect par la violence. Notre héroïne fait assez tâche dans ce décor, mais c’est le but du réalisateur, montrant un contraste volontairement grossier pour signifier les écarts de mode de vie ainsi que les écarts de mode de pensées. D’ailleurs, le spectateur le ressent aussi, car l’héroïne nous semble profondément antipathique de prime abord, à cause de son allure et de sa façon de faire, alors que les jeunes locaux semblent maladroits, mais plutôt drôles. L’inversion des rôles se fait progressivement et nos sentiments vont vite s’inverser aussi. Le seul défaut ne vient pas de la justification de cette revanche, mais plutôt de la cruauté des actes et de la fin du film demeure assez ambigüe.

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Tu pues trop ! Un bon bain à la soude et tout ira mieux !

Le pire dans ce film de viol et de revanche, c’est que les acteurs assurent. Bien évidemment, c’est Sarah Butler, jouant la victime au début qui a le rôle le plus marquant. Assez énervante au début, elle va devenir par la suite touchante, en victime bien malgré elle, puis on va la trouver hallucinante en tueuse sans pitié. Donnant une prestation sans faille et provoquant des émotions ambivalentes, elle ne peut laisser indifférent. Dans un autre registre, on a le shérif du fil, absolument génial dans son rôle de salaud de première. L’acteur s’en donne à cœur joie et son personnage est surement le plus travaillé du film. Ayant une vie de famille et cachant le viol à sa femme et à sa fille, il demeure le protagoniste le plus abject et son physique colle parfaitement au personnage. Pour les trois jeunes, c’est tout pareil. Parmi le quatuor, on remarquera la prestation de Chad Lindberg en handicapé mental qui suit ses compagnons bien malgré lui (mais pas tant que ça) et qui le joue à la perfection. Le gros balourd voyeur est lui aussi parfait dans son rôle tout comme le meneur ou celui qui se prend pour un beau gosse. Bref, au niveau du casting, c’est un sans-faute qui donne une vraie crédibilité à l’histoire et à sa plausibilité.

Le seul problème dans ce film, outre l’histoire assez glauque (mais si réaliste) et la question sur faire justice soi-même, c’est la violence latente des exécutions et le plaisir coupable que l’on prend à voir les sales types se faire dézinguer les uns après les autres. Parce qu’il faut dire que cela est très inventif et foutrement bien foutu. C’est bien simple, chaque meurtre correspond à un méfait que ces salopiots lui ont faire subir. Ainsi, celui qui filmait va voir droit à un supplice sur les yeux, celui qui lui a trempé la tête dans l’eau va subir une jolie noyade dans de la soude, mais le top, ça va être le châtiment sur le shérif et sur le meneur qui vont en prendre plein la gueule et les meurtres vont être en rapport avec ce qu’elle a subit. Mais en plus d’être inventif, les mises à mort sont sales et bien gores. Et en plus, c’est bien fait, chose étonnante pour un DTV. Bien évidemment des passages sont plus insoutenables que les autres, comme le viol, qui est très réaliste, mais aussi celui du meneur, particulièrement dur ou encore celui dans la soude, puisqu’il souffre à petit feu. Le problème, c’est que l’on prend un malin plaisir à voir ces meurtres, mais la fin me semble inadéquate. En effet, je peux comprendre le fait de faire justice soi-même, d’ailleurs, je ne serais pas loin de faire la même chose, mais le plan final demeure trop ambigu et donne une impression que tuer ses agresseurs permet de trouver une paix profonde. Je serai moins dithyrambique.

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Eyh ! Regarde, j’ai le dernier film d’Uwe Boll, il est drôle son film d’horreur !

Au final, I Spit on Your Grave reste un film ambigu et assez malsain. On sera subjugué par les acteurs, l’inventivité des meurtres et la réalisation, mais on sera forcément décontenancé par le plan final qui suggère quelque chose de bizarre et qui laisse un gout amer dans la bouche. Loin de faire l’apologie de la féminisation, avec une affiche putassière, le film ne dénonce pas grand-chose et prône la justice par soi-même. Parfois nauséabond mais souvent intéressant sur le plan horrifique, le film ne peut laisser indifférent, et c’est ce qui le rend attractif.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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