janvier 19, 2021

Ce que Veulent les Hommes

Titre Original : What Men Want

De : Adam Shankman

Avec Taraji P. Henson, Aldis Hodge, Josh Brener, Tracy Morgan

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Une femme agent sportif, rejetée par ses collègues masculins, décide de tout faire, maintenant qu’elle peut lire dans l’esprit des hommes, pour embaucher la prochaine superstar du basket.

Avis :

C’est en 2001 qu’arrive chez nous le film Ce que Veulent les Femmes, réalisé par Nancy Meyers, d’après l’une de ses œuvres. Et il fallait bien une femme pour écrire les pensées de celles-ci. Pensées qu’un Mel Gibson hilarant va être capable d’entendre après un accident. Le film est un succès et il reste, aujourd’hui encore, une bonne comédie que l’on prend plaisir à revoir. Mais quelle idée à piquer des producteurs de faire un autre film, sorte de remake, où cette fois-ci, les rôles sont inversés. En effet, dans Ce que Veulent les Hommes, on trouve une Taraji P. Henson qui entend les pensées des hommes et qui va donc s’en servir pour ses propres intérêts. Réalisé cette fois-ci par Adam Shankman sur un scénario écrit à six mains (dont une femme, ce qui n’est pas plus mal), Ce que Veulent les Hommes ne va pas avoir le même retentissement que son aîné. Pourquoi ?

De la redite

Le scénario de ce film reprend quasiment trait pour trait les grosses ficelles de son modèle. Ici, on remplace l’homme par une femme qui bosse dans un milieu d’hommes. Elle est agent sportif et veut se démarquer dans la boîte pour être assistante adjointe. Sauf qu’à chaque fois, elle se fait coiffer au poteau par l’un de ses homologues masculins, alors qu’elle se donne plus de mal que les autres. Dès le départ, on se doute bien de ce qui va se passer. Elle va entendre les pensées de ses collègues, de ses clients, et se servir de tout cela pour son propre intérêt et sa carrière. Et le film de jouer sur des ressorts humoristiques où elle surprend tout le monde et va réussir à charmer une future star du basket. Le film joue à fond la carte du machisme et des hommes qui sont imbus d’eux-mêmes, à la limite de la misogynie. Visiblement, les types ne pensent qu’à leur couille, aux autres femmes ou encore à leur bagnole. C’est très réducteur, mais visiblement, c’est comme cela que le film nous voit.

Bien sûr, tout cela est appuyé au maximum pour susciter des moments qui se veulent drôles. Entre son assistant gay, le type bien qui bosse avec elle ou encore le type qu’elle rencontre et dont elle se sert pour charmer sa future star, tout cela va aller dans une seule ligne directrice, lui montrer que dans la vie, il n’y a pas que le boulot et que toutes ces révélations peuvent l’amener à réfléchir sur sa vie, son comportement et son rapport à l’autre. De femme dure et manipulatrice, elle va devenir compréhensive et sympathique avec les autres. Un chemin tout tracé dans un film qui reprend même certaines scènes du film de Nancy Meyers, comme le moment où elle couche avec un mec et s’améliore au pieu grâce aux pensées de l’autre. Si on notera quelques différences, elles se trouveront surtout sur le chemin de la rédemption, à travers des rails préétablis, où après l’euphorie arrivent les drames, puis les excuses et une vie meilleure.

Du graveleux

Néanmoins, si on ne connait pas la première version, on pourrait se dire que ce film inversé possède un humour décapant et cerne bien les difficultés de ces femmes qui évoluent dans un milieu d’hommes. Mais que nenni. Derrière ces atours de comédie intelligente, le film fait le choix de partir dans de la vanne graveleuse, à grands renforts de quéquettes en plastique et de surjeu dans tous les sens. Ainsi donc, on aura droit à une voyante qui fume de la beuh, qui dit n’importe quoi, et qui va donner des pouvoirs à une femme détestable au départ et qui va se servir de tout et tout le monde pour réussir sa carrière. Bien évidemment, son chemin de croix l’amène vers des situations cocasses qui auraient pu être drôle si le cinéaste avait eu le bon goût d’éviter dans la blague facile. Les pensées des gays sont axées sur la bite des hommes. Les maris des copines sont tous des infidèles qui couchent avec soit des mecs, soit la cousine de sa femme. Sans oublier le patron, misogyne et raciste, mais pour qui, étrangement, elle n’entend pas les pensées. Bref, on est dans quelque chose de téléphoné et de décevant.

Et il en va de même pour certaines situations. Le passage du mariage est insoutenable tellement c’est mauvais, avec des révélations qui vont susciter des bagarres incongrues et d’une nullité abyssale. On peut aussi évoquer ce moment gênant de coucherie, où cette pauvre Taraji P. Henson en des caisses pour tenter de rendre ça drôle, alors que c’est tout le contraire. Et le petit garçon de mettre un string sur sa figure pensant que c’est un masque le lendemain matin. On se retrouve avec un film totalement déséquilibré sur son humour et qui aligne plus de séquences qu’autre chose. Mais il est difficile aussi de ne pas y voir certains bons aspects. Car si tout est téléphoné, on reste charmé par la mise en scène lumineuse ou par quelques personnages attachants et bien joués. On pense à Aldis Hodge en père célibataire qui tombe sous le charme de l’héroïne, ou encore Josh Brener qui joue l’assistant gay et qui reste toujours aux côtés de cette femme pourtant si dure avec lui. Oui, c’est peu de chose sur lesquelles se rattraper, mais cela rend le film plus supportable.

Au final, Ce que Veulent les Hommes ne vaut absolument pas Ce que Veulent les Femmes. Si le film contient quelques moments intéressants et un final plutôt touchant mais attendu, il lui manque bien trop d’éléments pour s’imposer. Entre une actrice principale qui en fait des caisses, une durée un peu trop excessive pour ce genre de métrage et surtout, un humour vulgaire et parfois ridicule, le film d’Adam Shankman ne convainc qu’à moitié, pour peu que l’on soit peu regardant. Bref, une comédie américaine qui manque de panache.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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