octobre 24, 2020

Breathe

De : Andy Serkis

Avec Andrew Garfield, Claire Foy, Tom Hollander, Stephen Mangan

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Biopic

Résumé:

Le jeune Robin Cavendish semble avoir la vie devant lui: brillant, talentueux, aventurier, il fait la rencontre de la belle Diana qui devient très vite sa femme. Lors d’un voyage en Afrique, Robin est soudainement terrassé par la polio. Ses chances de survie sont faibles… Mais l’amour indéfectible qu’ils se portent permettra à Robin de vivre une vie meilleure hors des murs de l’hôpital. Leur combat va changer les conditions de vie de millions de personnes à travers le monde. Breathe retrace l’histoire vraie de ce destin hors-norme fait de courage et détermination.

Avis :

Andy Serkis est un immense acteur, peut-être même un légende vivante, tant il a fait pour le cinéma dans les années 2000. Gollum, King Kong, César, depuis près de vingt ans, Andy Serkis n’a cessé d’étonner et de se renouveler. Comédien incontournable et pas assez reconnu, comme beaucoup d’autres, Andy Serkis a d’autres envies et notamment celle de la réalisation. Pour cela, Andy Serkis s’est fait la main avec les « Hobbit » de son pote Peter Jackson, dont il a assuré la réalisation en tant que réalisateur de la deuxième équipe de tournage.

Avec ce travail sur la trilogie de Peter Jackson, Andy Serkis a donc appris et aujourd’hui, il met cet apprentissage à l’œuvre en réalisant son premier film, « Breathe« . Loin du spectaculaire du « … Hobbit« , Andy Serkis, pour son premier métrage, a voulu s’essayer au drame et il a décidé de nous raconter l’histoire de Robin Cavendish, un homme dont la vie ne fut pas du tout celle qu’il avait imaginée. Un homme inconnu ou presque, et qui pourtant face à des épreuves que le destin lui a tendu, a changé la vie de bien des hommes et des femmes. Tout en émotion, sans jamais en faire trop, Andy Serkis fait simple, pour ne pas dire classique, mais « Breathe » demeure efficace et surtout, il reste un beau film emmené par un acteur et une actrice qui sont tout simplement impeccables.

1957, Robin Cavendish rencontre Diane Blacker et c’est un coup de foudre. Très vite, il la séduit et ils se marient. Robin est négociant en thé et cette année-là, il s’envole pour le Kenya. Pendant ce voyage, Robin va contracter la polio et ainsi, il sera paralysé du cou jusqu’aux pieds. Placé sous respirateur mécanique, âgé de vingt-huit ans, les médecins ne lui donnent guère plus que quelques mois à vivre. Pourtant, Robin va vivre bien plus longtemps. Après quelques années passées à l’hôpital, grâce à l’amour et l’aide de sa femme, Robin va devenir le premier patient placé sous respirateur mécanique à sortir d’un hôpital et mieux encore, Robin va devenir un défenseur des droits des handicapés et il va changer bien des choses, imaginant avec un ami le premier fauteuil roulant avec respirateur.

Pour son premier film, on peut dire qu’Andy Serkis n’a vraiment pas choisi la facilité. « Breathe« , c’est un drame, et avec cette trame-là, il aurait été assez facile de jouer la carte de l’émotion en permanence, au point d’en faire trop et livrer quelque chose de larmoyant au possible. À cette difficulté-là, il faut aussi noter que le jeune réalisateur s’intéresse à un homme qui est pour la plupart d’entre nous un inconnu. Heureusement pour nous, et pour lui, avec « Breathe« , Andy Serkis s’en sort très bien en livrant un drame sensible, léger et intéressant.

« Breathe« , c’est un scénario riche, qui va peindre presque quarante ans de la vie d’un homme et à travers cette vie-là, quarante années de batailles personnelles et d’évolution dans le monde des handicapés. Commençant avec une superbe rencontre, de celles qui sonnent comme une évidence, Andy Serkis va très vite emmener son film dans le vif de son sujet. On peut même dire qu’il va parfois trop vite en début de métrage, au point que son montage, ses coupes et ses ellipses sont maladroites. Serkis veut résumer une rencontre, un mariage, un voyage, un enfant et une maladie en quinze/vingt minutes, ce qui donne un sentiment d’urgence étrange, et l’on se dit que si toute l’œuvre est ainsi, ça risque d’être compliqué. Heureusement, une fois arrivé à son véritable sujet, la maladie, la paralysie et la vie de son personnage, « Breathe » se calme, se pose et en devient beau, touchant, et surtout, Andy Serkis nous livre un film qui intéresse en permanence.

N’oubliant jamais de nous raconter cette histoire d’amour, « Breathe » intéressera aussi de par son sujet, le handicap. Comment vivre avec ? Est-ce une vie ? Il questionne l’envie de vivre et l’envie légitime de mourir. Puis il va plus loin, passant de la survie à la vie tout simplement, apprenant autre chose, ayant un autre mode vie, puis au-delà de ça, Andy Serkis, à travers l’envie de vivre normalement de son personnage, va nous raconter toutes les évolutions que cet homme va apporter, notamment dans l’indépendance des handicapés placés sous respirateur qui jusqu’alors avait un horizon et une vie qui se résumait à un lit d’hôpital et Robin Cavendish, à force de vouloir vivre, va changer tout ça.

Si l’ensemble demeure très classique, ce qui est très bien avec ce film, c’est le choix que fait Andy Serkis de raconter ce drame de façon légère, injectant dans ce dernier des petites touches de comédie, et plus largement, Serkis traite son film et ses personnages de manières très douce. Il y a énormément de joie de vivre dans ce film, et alors qu’il aurait pu faire quelque chose de lourd et sombre, le réalisateur livre quelque chose de solaire, de très lumineux, ce qui rendra son film encore plus beau et touchant.

Après un tour chez Mel Gibson et Martin Scorsese, Andrew Garfield confirme une fois de plus son envie d’aller vers des rôles forts et complexes et il trouve avec le personnage de Robin Cavendish un rôle fait pour lui. Drôle et très touchant, Garfield est parfait, sensible à tout instant et surtout, il n’en fait jamais trop. Face à lui, on sera touché par Claire Foy en épouse amoureuse, dévouée et impliquée. Notons aussi les excellents (doubles) Tom Hollander, Hugh Bonneville et Stephen Mangan.

« Breathe » est donc un joli premier film. Assez maladroit en ouverture, Andy Serkis arrive néanmoins à nous emporter et surtout nous toucher avec l’histoire et la vie de Robin Cavendish. Tenu par des comédiens impeccables, jouant la carte de la légèreté et de l’émotion sans jamais trop en faire, on passe un bon moment devant « Breathe« , et l’on sort curieux de voir ce qu’Andy Serkis, le réalisateur, nous réservera pour la suite.

Note : 14/20

Par Cinéted

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