Ministry – From Beer to Eternity

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Avis :

Pour savoir qu’un groupe est bon ou qu’il est l’instigateur d’un genre, c’est qu’il s’installe dans la durée. Rares sont les groupes qui ont marqué l’histoire de la musique en ne sortant qu’un album ou qu’un seul tube. Et durant une longue carrière, il y a toujours des histoires qui forment l’identité du groupe et leur fournit une certaine mythologie. Metallica, Ac/Dc, Motörhead, tous ces groupes ont connu des déboires, des excès, des succès et des chutes. Ministry, même s’il reste moins connu que les groupes pré-cités, fait partie des groupes qui ont inventé un genre, qui ont plus ou moins marqué un genre musical et qui plus est ont une histoire qui fait le groupe. Fondé en 1981 à Chicago autour de Al Jourgensen, le groupe commence par faire une musique New Wave, Synthpop. C’est après des rencontres décisives que le groupe se tourne vers quelque chose de plus agressif et invente le métal industriel, genre qui sera fortement représenté par la suite avec des groupes comme Nine Inch Nails, Fear Factory ou encore Static-X. Ministry connait un beau succès dans les années 90, puis une grand baisse de popularité par la suite. Le groupe manque même se séparer et c’est grâce à Steven Spielberg que le groupe continue en faisant partie du film A.I Intelligence Artificielle. From Beer to Eternity est le quatorzième album du groupe et sera surement le dernier. Il faut dire que Mike Scaccia, le guitariste du groupe est décédé brutalement lors de l’enregistrement de l’album et que le chanteur a voulu le finir en guise d’hommage, mais qu’il n’a plus la foi de reprendre le micro. Alors que vaut ce chant du cygne ?

Le skeud commence par un pur morceau industriel. Bruit de fond, rouages, bruit de chaufferie, batterie scandant un rythme, passage électro hardcore, voix en fond sonore, puis des paroles répétées de manière à bien rentrer en tête. Hail to His Majesty (Peasants) est un morceau très spécial, qui part en métal sur le refrain avec chant crié et gratte saturée pour repartir vers quelque chose de plus sombre et électro. Si le premier titre est difficile à cerner, ce sera le cas sur tout l’album. Punch in the Face est un morceau bien plus direct, mais aussi plus structuré, un poil plus classique. Reste le chant qui reste crié en fond et qui est en alternance avec une voix féminine coupée par des interférences électro. Le refrain est frontal et pleinement dans le métal. Encore une fois, le titre est demande un gros effort de la part de l’auditeur pour être cerné. Le solo de gratte est intéressant et bien punchy et on aura droit à un gros passage en hardcore rappelant Thunderdome. Permawar s’inscrit dans un rythme plus lent, plus lisible mais garde son aspect industriel avec des voix en fond sonore, ressemblant à des politiques scandant la foule avec des porte-voix. Le titre est très bon dans son ensemble et demeure surement le plus structuré des titres du skeud. Perfect Storm repart sur un rythme plus rapide, purement métal avec des riffs agressifs et un refrain en chœur très simple à retenir. Seulement, le morceau reste très binaire et ne reste pas forcément en tête. Fairly Unbalanced fait penser à des morceaux comme pourrait le faire Slayer, avec des riffs ultra rapides et des passages comme des extraits de film. Reste une saturation faisant tressauter les sons sur la fin, qui est presque insupportable et faisant croire que le skeud est rayé. Derrière, ça enchaine avec The Horror qui n’est pas vraiment un morceau de musique, mais plus quelques sonorités prises à droite ou à gauche et collées les unes aux autres. Est-ce que le titre fait écho à Sartre et son L’Enfer c’est les autres ? La réponse ne viendra pas dans ce morceau plus électro qu’autre chose.

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Le septième morceau est résolument le plus insupportable de l’album. Side F/X Include Mikey’s Middle Finger (TV4) est un morceau très harcore qui se termine  pendant près de trois minutes sur une alternance entre saturation et morceau de paroles tirées de films ou de diatribes publics. C’est vraiment très dur à écouter et représente vraiment tout le mal être du chanteur et du groupe en général. Lesson Unlearned est un morceau plus cool avec des ruptures plus rock et notamment un chant féminin du plus bel effet. Après la dureté du morceau précédent, on se retrouve face à quelque chose de plus accessible et d’agréable. Ensuite, on tombe sur le morceau phare du skeud. Thanx but no Thanx commence comme un morceau de reggae, avec une rythmique calme, redondante et une voix qui parle plus qu’elle ne chante. Seulement, au bout de trois minutes, le morceau part sur du métal pur souche et envoie le pâté dans quelque chose de parfaitement maîtrisé et d’agréable. Change of Luck s’inscrit dans la même lignée, laissant le côté reggae pour aborder quelque chose de plus rock. C’est puissant et surtout, très clair avec un refrain aérien. Deux gros morceaux qui valent leur écoute. Enjoy the Quiet n’est pas un morceau de musique, n’étant que du brouhaha durant trois minutes et permettant effectivement de savourer le silence par la suite. L’intérêt d’un tel morceau ? Bonne question. Enfin, l’album se termine sur deux remix, Permawar Remix qui se termine en un mélange de Hardcore et de dubstep et Thanks for the Dub Remix qui n’apporte rien de bien neuf hormis des échos psychédéliques.

Au final, From Beer to Eternity, le dernier album de Ministry est assez inégal. Si certains titres sont vraiment géniaux, on peut se poser la question de l’utilité de certains comme les remix ou encore des morceaux qui ne raconte rien et qui n’ont rien de musical (The Horror et Enjoy the Quiet). Il en ressort un album maladif, presque malsain et qui place l’auditeur dans une position inconfortable. Un album qui nécessite plusieurs écoutes.

  1. Hail to His Majesty (Peasants)
  2. Punch in the Face
  3. Permawar
  4. Perfect Storm
  5. Fairly Unbalanced
  6. The Horror
  7. Side F/X Include Mikey’s Middle Finger (TV4)
  8. Lesson Unlearned
  9. Thanx but no Thanx
  10. Change of Luck
  11. Enjoy the Quiet
  12. Permawar Remix
  13. Thanks for the Dub Remix

Note: 12/20

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Par AqME

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