janvier 23, 2021

Sirenia – Arcane Astral Aeons

Avis :

Le monde du Métal Symphonique, un peu comme celui de la scène Black (mais en moins sordide tout de même), possède aussi ses histoires, ses légendes et ses changements de line-up, nouvelles formations et concurrences à tout va. En 2001, alors que Tristania roule sur tout le monde, Morten Veland décide de quitter le groupe et de fonder une autre bonde sous le nom de Sirenia. Dès lors, une nouvelle aventure commence, un peu tumultueuse au niveau des chanteuses, mais qui se maintient à flots depuis maintenant près de vingt ans. Arcane Astral Aeons est le neuvième album du groupe, mais le deuxième avec la chanteuse française (cocorico) Emmanuelle Zoldan, originaire d’Aix-en-Provence, après l’excellent Dim Days of Dolor sorti en 2016. Il faut noter qu’Emmanuelle est la quatrième chanteuse du groupe, qui semble avoir du mal à conserver ses interprètes, mais qui arrive, sans aucun mal, à imposer une certaine patte à cet album, notamment grâce à la présence de paroles françaises qui viennent ponctuer certains morceaux, voire même un titre en entier, qui permet à la chanteuse de se libérer totalement de faire la part belle à sa voix lyrique. Pour autant, avec une production très proche du précédent album, on peut se demander si Sirenia ne répète pas inlassablement la même recette et se perd dans une zone de confort trop prégnante. La réponse est un grand non, car Arcane Astral Aeons est une parfaite réussite.

Le skeud débute avec In Styx Embrace, et on pourrait presque croire à une introduction, mais il n’en est rien. Pourtant, entre le départ un poil électro, les chœurs féminins et les envolées de guitares, on aurait pu croire que le titre n’allait durer que quelques minutes. Mais non, le groupe rentre dans le vif du sujet directement et propose un gros, très gros, morceau de plus de cinq minutes. Alternant de façon pertinente les breaks bien lourds à la gratte avec des moments carrément épiques avec une orchestration symphonique grandiloquente, le groupe fait aussi la part belle au lyrisme de la chanteuse qui peut apposer sa superbe voix de façon optimale. Départ tonitruant pour le groupe qui ne se démonte pas et enchaine avec Into the Night et son petit piano qui va laisser la place à des riffs rapides et puissants. Plus doux dans les couplets, délaissant le chant lyrique pour quelque chose de plus simple et accessible, le groupe n’en oublie pas l’efficacité pour autant, notamment avec un refrain catchy en diable et un pont en français. Puis déboule Love Like a Cyanide, le tube de l’album, le morceau le plus radiophonique malgré sa longueur et son côté Métal Sympho assumé pleinement. Les voix masculines et féminines se mélangent, on y trouve même du growl et l’apparition du chanteur de Beast in Black, histoire d’étoffer un morceau dense et pourtant mémorable, surtout dans son refrain, très malin. Avec Desire, et son début qui fait penser à la rythmique de Enjoy the Silence de Depeche Mode, le groupe garde son aspect un peu virulent sur les grattes, tout en y ajoutant quelques éléments électro pour tenter de donner plus de coffre à l’ensemble. Et ça marche, même si le titre n’est pas le plus emblématique de l’album. Ce sera la même chose avec Asphyxia, moins fortiche que le reste des titres, sauf sur le refrain, mais ça reste trop calibré, malheureusement.

Queen of Lies sera le titre le plus court de l’album, moins de quatre minutes, et il subira lui aussi le même sort que le titre précédent, c’est-à-dire qu’il sera efficace sur l’instant, mais qu’il ne marquera pas durablement les esprits. Il lui manque une aura, une volonté de faire une structure plus complexe ou encore de donner un refrain plus percutant. Un peu bordélique dans ses riffs, l’ajout électro n’est pas forcément intéressant, bref, si c’est sympathique, ça reste tout de même moins bien que le reste. Fort heureusement, le groupe va prendre une énorme prise de risque sur le titre suivant, Nos Heures Sombres. Entièrement en français et écrit par Emmanuelle Zoldan, les norvégiens sortent un peu de leur zone de confort et propose un titre sympathique, mais qui prouve que le français n’est pas forcément fait pour le Métal Sympho, la langue étant bien trop douce. Néanmoins, ça reste bien poétique et plutôt joli. The Voyage renoue avec les valeurs virulentes du groupe et démarre sur les chapeaux de roue avec des riffs bien sentis. Malgré un refrain qui peine un peu, le morceau est complètement réussi et donne envie de headbanger dans tous les sens. Ce qui sera à peu près la même chose avec Aerodyne, plus court, plus concis, mais offrant un peu plus de mélo avec les violons. La rythmique sera aussi différente, plus mélodique dans ce dernier. The Twilight Hour est un morceau sympathique, tout en lyrisme et puissance vocale, mais là aussi, ça manque un peu d’identité et de puissance dans les riffs. Enfin, le groupe propose Glowing Embers, qui débute comme un titre Folk, pour ensuite partir vers quelque chose de plus grandiloquent, de plus épique, et encore une fois, l’ensemble marche à la perfection.

Au final, Arcane Astral Aeons, le dernier album en date de Sirenia, est une vraie réussite, même si on peut compter quelques morceaux qui ont du mal à sortir du lot. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont mauvais, bien au contraire, c’est juste qu’ils sont un peu en deçà de l’excellente qualité globale de cet album, prenant, dense et qui confirme tout le bien que l’on pensait d’Emmanuelle Zoldan, qui signe un deuxième album plus que convaincant avec Sirenia.

  • In Styx Embrace
  • Into the Night
  • Love Like Cyanide
  • Desire
  • Asphyxia
  • Queen of Lies
  • Nos Heures Sombres
  • The Voyage
  • Aerodyne
  • The Twilight Hour
  • Glowing Embers

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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