novembre 30, 2020

Les Copains d’Abord

Titre Original : The Big Chill

De : Lawrence Kasdan

Avec Tom Berenger, Glenn Close, Jeff Goldblum, William Hurt

Année: 1984

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame

Résumé:

La vie les avait séparés, la mort les réunit. Ils étaient huit universitaires qu’une forte amitié unissait. Le suicide de l’un d’entre eux est durement ressenti par les sept autres.

Avis:

Lawrence Kasdan arrive à Hollywood dans les années 70 avec une idée en tête, arriver à vendre un scénario qu’il a écrit. Ce scénario, c’est celui de « Bodyguard« , et dans l’absolu, il voudrait bien que ce soit Steve McQueen qui incarne le rôle que Kevin Costner tiendra des années plus tard. Le projet tombe à l’eau, mais Lawrence Kasdan ne se décourage pas et arrive à vendre en 1979 un scénario à Steven Spielberg. Peu après, il va être contacté par George Lucas pour participer au scénario des « … aventuriers de l’arche perdue« . Très satisfait, Lucas lui confie le remaniement des dialogues d’un certain …  » … L’empire contre-attaque« . La carrière de Lawrence Kasdan est définitivement lancée et surtout, le succès du film de Spielberg lui permet alors de passer à la réalisation.

Après « La fièvre dans le sang« , qui fut un thriller, Lawrence Kasdan était de retour quatre années plus tard avec un second film et cette fois-ci, c’est du côté de la comédie dramatique que le réalisateur américain regarde. Prenant l’enterrement d’un ami pour réunir une bande d’amis qui ne se sont pas vus depuis trop longtemps, « Les copains d’abord » se pose comme un petit film adorable et un très joli moment d’émotion. « Les copains d’abord« , c’est un film amusant, plein de charme, « d’aventures », de rires, d’amour, de remises en questions et le tout est servi avec un esprit post Woodstock, post sixties, qui est très envoûtant, qui est très, très loin de nous déplaire. Avec ce deuxième film, Lawrence Kasdan nous offre l’une de ses plus belles surprises.

Ils étaient huit. Huit potes qui ont fait l’université ensemble et qui étaient liés par une amitié solide. D’ailleurs, cette amitié est toujours présente aujourd’hui, même si la vie les a éloignés les uns des autres. Aujourd’hui, la trentaine bien passée, ils se retrouvent, mais il en manque un, Alex. L’homme s’est suicidé et le club des huit, qui ne seront plus que sept, se réunit pour rendre un dernier hommage à leur pote. Ils vont alors passer le week-end ensemble. Un week-end de souvenirs, de discussions, de rires et de larmes. Un week-end pour se retrouver ensemble, faire un point et accepter.

Il y a des films qui ne racontent rien d’extraordinaire et qui pourtant, grâce à leur simplicité et au charme qu’ils dégagent, le deviennent et « Les copains d’abord« , le second film de Lawrence Kasdan, entre parfaitement dans ce cas-là.

Prenant un suicide et un enterrement comme point de départ pour des retrouvailles, Lawrence Kasdan nous entraide dans la comédie dramatique par excellence. La comédie dramatique qui oscille entre rires et larmes, la comédie qui d’un coup est capable de retourner son ambiance, ses situations et d’un coup nous serrer la gorge.

Plongé dans une ambiance post sixties, presque hippie à certains moments, ce qui est aussi fascinant que ça peut être dérangeant de nos jours, « Les copains d’abord » jouit d’un très joli scénario. Un scénario qui sonne juste (à condition de le remette dans son époque bien entendu), un scénario qui prend le temps d’explorer ses personnages un à un, mais aussi qui prend en considération ce groupe dans son entièreté. On pourrait même dire que le groupe en lui-même, avec son passé, son présent et son avenir, est un personnage lui aussi. À travers ce scénario, à travers les discussions et les engueulades, à travers les souvenirs et les regrets, « Les copains d’abord » aborde l’amitié sur tous les fronts. De manière douce et mélancolique, parfois même bouleversant de tristesse, Lawrence Kasdan suspend le temps et nous touche directement. Puis au-delà de l’amitié, le film questionnera aussi la vie de manière générale. Les choix qu’on peut faire, le temps qui passe, le sentiment de vieillir, l’amour dans un couple, l’amour en amitié, les défauts des autres, les siens aussi. Le film aborde l’avenir, quoi faire de celui-ci, et surtout quoi en faire après ce week-end de retrouvaille, dans ces conditions-là. « Les copains d’abord » oppose aussi à travers les souvenirs et le présent, la vie et les mentalités, entre la « révolution » de la jeunesse des années 60/70 et le côté bien rangé de l’adulte des années 80.

Bref, ce scénario écrit par Lawrence Kasdan est un petit bijou qui ne cesse d’évoluer, de nous amuser et de nous toucher sur toute sa longueur, au point qu’on aurait adoré faire partie de cette bande de potes, et au point que plus largement, alors même que le film a ses petites longueurs, on aurait adoré que « Les copains d’abord » dure plus longtemps. Bref, comme je le disais plus haut, avec rien d’extraordinaire, Lawrence Kasdan a fait de l’extraordinaire et il est certain que ce film a influencé plus d’un réalisateur pour faire un film de potes.

Pour composer cette bande de potes, Lawrence Kasdan a réuni un casting en or. Un casting où l’on retrouve le fidèle Kevin Kline, où l’on retrouve Glenn Close, Jeff Goldblum, Meg Tilly, Tom Berenger, William Hurt, ou Mary Kay Place. Lawrence Kasdan développe très bien chaque personnage et ses comédiens assurent un show aussi drôle que touchant.

Du côté de la réalisation, « Les copains d’abord » est un film très efficace, qui nous offre des moments merveilleux. Si l’ensemble peut apparaître comme « banal », il n’en demeure pas moins soigné, inspiré et surtout, il dégage un charme fou. Le film aura bien ses coups de mou, mais Lawrence Kasdan relance toujours parfaitement son film, et plus il avance, plus on aime cette histoire, et plus l’on prend du plaisir à suivre ces retrouvailles. De plus, Lawrence Kasdan a choisi d’accompagner son film d’une tracklist absolument jouissive, une pure merveille pour nos oreilles. Et une petite merveille de mise en scène, puisque chaque titre habille parfaitement sa scène. Ainsi, au gré des rires et des larmes, « Les copains d’abord » passe Smokey Robinson and The Miracles, The Temptations, Aretha Franklin, Marvin Gaye, The Exciters, les Stones, The Rascals, Percy Sledge et j’en oublie, tant ça n’arrête pas.

Entre rires et larmes, « Les copains d’abord » est une bien belle surprise et il se pose, pour l’heure, comme l’un des meilleurs films que j’ai pu voir de son réalisateur. Avec rien d’extraordinaire, simplement des retrouvailles de potes, Lawrence Kasdan nous entraîne dans un petit film extraordinaire, qui nous colle le sourire aux lèvres, qui nous donnes envie de faire partie de cette bande de potes et plus largement, qui nous dit de profiter des siens, de la vie. Bref « Les copains d’abord« , c’est une très belle surprise et un joli petit coup de cœur.

Note : 16/20

Par Cinéted

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