janvier 16, 2022

Caught

De : Jamie Patterson

Avec Mickey Summer, April Pearson, Cian Barry, Ruben Crow

Année: 2017

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Angleterre, 1972.Un couple de journalistes reçoit la visite d’un homme et d’une femme dans leur maison située dans un village idyllique, mais ce qui commence par une interview informelle se transforme en une lutte cauchemardesque pour la survie.

Avis :

Jamie Patterson est un jeune réalisateur qui, contrairement à de nombreux homologues, n’a pas commencé sa carrière dans le film d’horreur. En 2014, il sort un premier film avec ce qui sera sa muse, April Pearson, avec Home for Christmas, une comédie romantique de Noël qui est toujours inédite chez nous. Enfin, de toute façon, tout ce qu’il a fait est toujours inédit chez nous. Bref, après avoir exploré les mœurs de Noël, il va complètement changer de registre et proposer le film qui nous préoccupe aujourd’hui, Caught, un film d’horreur où deux personnages étranges vont s’introduire chez des gens et les séquestrer en leur demandant quelque chose. Jusque-là, rien de mirobolant et le film ne va jamais dépasser son stade végétatif à cause d’un rythme lénifiant, d’acteurs peu impliqués et surtout, d’un scénario complètement aux fraises qui compte simplement sur un jeu de mots avec le titre pour faire un twist tout pété. Bref, vous l’aurez compris, Caught, c’est tout pourri et on va tenter de voir pourquoi.

Première chose, le film se contextualise d’entrée de jeu en disant qu’il se déroule durant les années 70. Une indication qui semble avoir son importance mais qui finalement ne sert strictement à rien. Cette donnée sur l’époque ne sera jamais réutilisée durant tout le film et donc ne servira à rien. Peut-être est-ce parce que les journalistes du film utilisent de l’argentique, ou alors cela à une incidence sur le conflit entre l’Angleterre et l’Irlande, mais de toute façon, rien de tout cela ne sera vraiment important à l’image et encore moins dans le scénario. Ici, un couple très étrange, que l’on va de suite identifier comme des extraterrestres, vont rentrer dans une maison d’un couple de journalistes, sous prétexte d’une interview par rapport à une ancienne enquête. De là, les dialogues vont vite tourner court et les méchants vont séquestrer la famille en demandant quand le petit rentre de l’école et de rendre ce qu’ils ont pris (caught en vo, tu vois venir le jeu de mots de merde ou pas ?). Et le script ne fait que ça. C’est-à-dire que l’histoire, c’est un couple d’humains qui va tenter de comprendre ce que veut ce couple bizarre et violent, qui grogne et semble doté d’une force incommensurable. Sorte de huis-clos qui veut jouer sur un twist, Caught est un véritable vide abyssal.

Du côté de la mise en scène, on reste dans quelque chose de complètement factuel et qui ne cherche jamais à faire beau ou dense. Huis-clos ennuyeux au possible, on ne pourra jamais se raccrocher à la technique du métrage pour y trouver des bons points. La photographie est fade, le film est extrêmement statique et même les quelques pointes d’action sont d’une banalité affligeante. Un coup de couteau paré par un bras plus fort, une bousculade et des bruits étouffés en hors-champ, c’est tout ce que l’on aura à se mettre sous la dent. Le film baigne dans un gris terne inexpressif et même lorsque l’on plongera dans la chambre noire pour développer des photos, la lumière rouge n’aura aucune symbolique, même pas celle d’une urgence ou d’un danger. Le film reste fixé à un électroencéphalogramme plat. Du coup, même les passages un peu gores ne font pas mouche. Car oui, malgré le marasme ambiant, Jamie Patterson essaye tant bien que mal de glisser du cradingue à son métrage, avec notamment la nana alien qui se désagrège au fil du temps. Là-dessus, aucune explication n’est fournie, les antagonistes n’étant clairement pas définis (c’est notre interprétation de penser que ce sont des extraterrestres) et on doit accepter cette déliquescence telle qu’elle nous est donnée. Alors oui, le maquillage n’est pas trop dégueu, mais ça reste anecdotique et presque sans intérêt puisque encore une fois, ça n’a pas d’impact sur le scénario ou le déroulement de l’histoire. Même les personnages agressés n’émettent aucune interrogation sur la nature même de leurs agresseurs…

Et les personnages, parlons-en ! C’est tout simple, il y a dans ce film quatre personnages, le couple humain, les victimes, et le couple étrange, les agresseurs. Pour les victimes, on a droit à un type lambda, qui cherche un sujet en or pour gagner un peu d’argent, mais qui s’avère incapable de tempérer ses humeurs. Pour autant, il devient totalement inactif devant la menace mais trouve la solution de l’énigme à la fin, le mot « caught » ayant son importance. Quant à sa femme, journaliste aussi, elle est… elle est… elle est banale mais ne sert clairement à rien. Pour preuve, ses seules actions sont d’aller chercher le bébé qui pleure et de parler un peu pour gagner du temps ou d’écrire un mot sur le reçu du facteur qui va du coup se faire éclater la tronche à coups de brique. Quant aux ennemis, hormis leurs gueules d’ahuris, on n’aura rien pour se raccrocher à eux. Le film ne prend jamais le temps d’installer ses personnages, de les faire vivre et de les présenter pour que l’on sente de l’empathie pour eux. En fait, on s’en fout royalement et de ce fait, le film sera incapable de retranscrire de la peur, de l’urgence ou de l’angoisse. Pire, ce sera l’ennui qui prédominera à cause de deux victimes que l’on souhaite voir crever au plus vite tant ils sont inactifs et ne donnent pas de réponses qui paraissent futiles. Enfin, la résolution du métrage est puante au possible, jouant avec nos nerfs, ne montrant jamais de quoi il en retourne alors que les deux victimes semblent très troublées pour leur découverte et l’image « subliminale » de fin sent clairement le foutage de gueule.

Au final, Caught est une bonne grosse purge, un film d’horreur lamentable qui a dû avoir un budget minuscule, mais qui ne sait même pas quoi en faire. Des films se basant sur une idée foireuse, on en a vu des tonnes, mais c’est bien la première fois que l’on voit un film d’horreur qui se base sur le double-sens d’un mot sans jamais proposer autre chose. Bref, un navet intergalactique inédit en France et on espère qu’il le restera afin de sombrer dans l’oubli le plus total.

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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