La Nuit Venue – Envie de Dormir

De : Frédéric Farrucci

Avec Camélia Jordana, Guang Huo, Xun Liang, Shue Tien

Année : 2020

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Paris 2018. Jin, jeune immigré sans papiers, est un chauffeur de VTC soumis à la mafia chinoise depuis son arrivée en France, il y a cinq ans. Cet ancien DJ, passionné d’électro, est sur le point de solder « sa dette » en multipliant les heures de conduite. Une nuit, au sortir d’une boîte, une troublante jeune femme, Naomi, monte à bord de sa berline. Intriguée par Jin et entêtée par sa musique, elle lui propose d’être son chauffeur attitré pour ses virées nocturnes. Au fil de leurs courses dans la ville interlope, une histoire naît entre ces deux noctambules solitaires et pousse Jin à enfreindre les règles du milieu.

Avis :

« La nuit venue » est le premier film de Frédéric Farrucci. Approchant de la cinquantaine, le réalisateur aura mis du temps avant d’arriver à ce premier long-métrage, car oui, Frédéric Farrucci est loin d’être un débutant si l’on peut dire. S’il est vrai qu’il commence sa carrière de cinéaste assez tard, la trentaine passée, cela fait plus de dix ans maintenant que Frédéric Farrucci réalise et on lui compte sept courts-métrages et des courts-métrages qui abordent tout un tas de sujets, aussi différents que variés.

Après cette somme de travail, il était alors logique que Frédéric Farrucci finisse par en venir au long-métrage. Sortie prévue pour cet été, c’est dans le cadre du Champs Elysée Films Festival que je me plonge dans ce premier film ambitieux. Riche, intéressant et soigné, « La nuit venue » est indéniablement un film qui laisse entrevoir un très bel œil, mais c’est aussi un film, aussi ambitieux soit-il, qui demeure inégal. « La nuit venue » est aussi fascinant sur certains points qu’il est capable de se faire longuet, alors même que Frédéric Farrucci livre un film très court.

Jin est un jeune immigré sans papiers chinois qui travaille comme VTC depuis quelques années maintenant. L’entreprise pour laquelle Jin travaille est tenue par la mafia chinoise, et après toutes ces années passées à travailler sans y gagner grand-chose, Jin est sur le point de régler sa dette. Un soir, Jin, près d’une boite de nuit, prend une cliente, Naomi. La jeune femme est intriguée par le chauffeur et le temps de ce trajet, parlant de musique électronique, Naomi demande à Jin d’être son chauffeur nocturne…

Pour son premier film, Frédéric Farrucci a décidé de nous entraîner dans la chaleur de la nuit pour nous raconter une rencontre, et au-delà de ça, un destin et une situation dont on parle assez peu, celle de ces hommes et ces femmes sans papiers, travaillant pour un avenir meilleur, et rêvant d’autre chose.

Plein d’ambition, soigné et joliment tenu, « La nuit venue » est esthétiquement parlant un beau film. C’est même beau dans ce qu’il raconte. Tourné en très grande partie en mandarin, Frédéric Farrucci oscille entre la romance, le film social et un petit côté thriller, avec une certaine pression qui règne au-dessus de toute cette histoire.

Parlant de ceux dont on parle rarement, le scénario co-écrit par Frédéric Farrucci est intéressant, livrant une belle rencontre, prenant le temps de décrire au mieux les milieux dans lesquels son histoire évolue, prenant le temps de jolis portraits qui sont loin de tout misérabilisme ou d’émotions forcées. « La nuit venue« , dans ce qu’il raconte, est un film aussi riche qu’il est simple et c’est surtout un film touchant, dans la façon qu’il a de raconter cette rencontre et les rêves de ses personnages. Rêves qu’on imagine impossibles, des rêves qui font avancer ces personnages, qui leur permettent de garder l’espoir d’une vie meilleure. Bref, de bien jolis rêves, qui malheureusement vont se révéler être des plus dangereusement prévisibles.

« La nuit venue » est un film qui visuellement parlant est un petit envoûtement. Si le film a ses défauts, comme la prévisibilité de son intrigue du point de vue de son scénario, ou encore une certaine façon de trainer en longueur, allant parfois trop dans le contemplatif, au point qu’il finit par donner envie de secouer tout ce petit monde, « La nuit venue » demeure un film qui déborde d’ambition. Frédéric Farrucci a du talent et un bel œil, et plus que son intrigue, c’est bien le visuel qui nous enivre ici. Cette photographie sublime, cette façon de filmer Paris, loin des cartes postales, la chaleur de la nuit, ces couleurs, ces reflets dans les vitres, « La nuit venue » est un film qui déborde de charme et au-delà de la poésie urbaine que le réalisateur a réussi à capturer, « La nuit venue » est un film qui sonne comme juste et réel. De plus, l’ensemble est porté par une BO signée Rone qui est assez folle. Cette BO est un petit régal pour les oreilles, et elle habille à la perfection les images ou les sentiments, les sensations de ses personnages.

Et en parlant de ces personnages, il faut saluer les comédiens qu’a réuni ici Frédéric Farrucci et l’on ne parlera pas que de Camélia Jordana qui casse encore une fois son image de chanteuse pour adolescents, tenant ici le rôle d’une call-girl abîmée par la vie. Ici, il faut aussi saluer Guang Huo dont c’est le premier grand rôle et le jeune comédien s’en tire avec les honneurs, ou encore Shue Tien, Xun Liang, Maurice Cheng, Xinglong Zhao, Zhiwei Ren, ou encore Qiqian Xie. Frédéric Farrucci a réuni un casting singulier, et bien de ces comédiens sont de jolies révélations.

« La nuit venue » est donc un film intéressant, qui de très jolis atouts. Certes on en ressortira quelque peu partagé, entre son intrigue, son esthétisme et cette sensation que le film traîne en longueur, mais entre qualités et défauts, ce premier essai de Frédéric Farrucci mérite qu’on s’y intéresse et qu’on s’y arrête et mieux que ça, on reste curieux de voir ce que le réalisateur nous réservera dans l’avenir.

Note : 11/20

Par Cinéted

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