mai 25, 2022

Los Fuertes – Romance Chilienne

De : Omar Zúñiga Hidalgo

Avec Samuel Gonzalez, Antonio Altamirano, Marcela Salinas, Rafael Contreras

Année : 2022

Pays : Chili

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Lucas se rend chez sa sœur dans un village reculé du Sud du Chili avant de s’en aller vivre au Canada. Là, face à l’océan et au milieu de la brume, il rencontre Antonio, maître d’équipage sur un bateau de pêche local. Quand une relation amoureuse intense surgit entre eux, ils se retrouvent obligés d’affronter leur réalité et de briser leur solitude, en apprenant à faire confiance aux gens qui les entourent. Alors que les vagues frappent la baie, leur force et leur indépendance deviennent inébranlables face à la marée.

Avis :

Réalisateur chilien natif de Santiago Omar Zúñiga Hidalgo a débuté sa carrière à la fin des années 2000. Empruntant le chemin des courts-métrages, il commence à réaliser chez lui, avant de tenter l’aventure américaine. Entre 2008 et 2012, il va alors réaliser cinq courts-métrages avant de faire partie des réalisateurs de « The color of time« , un long-métrage mis en scène par une vingtaine de cinéastes, qui raconte de manière poétique quarante années de la vie du poète C.K Williams, tenu ici par James Franco. Après ce plus gros projet, Omar Zúñiga rentre au Chili où il réalisera deux autres courts, dont « San Cristobal« , qui sera les prémices de « Los Fuertes« .

Trouvant qu’il y avait de quoi développer sur plus long, Omar Zúñiga a donc repris la trame et les acteurs de « San Cristobal« , pour en faire son premier film en solo. « Los Fuertes« , c’est un amour de vacances, où deux hommes se rencontrent et sont irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Loin des clichés qu’on peut avoir l’habitude de voir avec ce genre de film, Omar Zúñiga livre-là un joli film, plein de sincérité et de délicatesse. Un film qui parle bien des rapports humains, qui parle bien du Chili et surtout la région dans laquelle se situe cette histoire, mais derrière tous ces bons éléments, derrière la beauté de ces personnages et de leurs sentiments, il manquera un petit quelque chose à « Los Fuertes » pour pleinement nous emporter. On en sort donc envoûté d’un côté, et un poil déçu de l’autre.

Lucas vient rendre visite à sa sœur quelques jours avant de partir vivre au Canada. Sa sœur habite dans une petite ville en bord de mer, dans une région reculée du Chili. Sur place, Lucas fait la connaissance d’Antonio, un jeune pêcheur qui à ses heures perdues et pour arrondir ses fins de mois participe le weekend à la reconstitution d’une bataille chilienne pour le plaisir des locaux et des touristes. Très vite, les deux garçons sont attirés l’un vers l’autre et commence alors une belle idylle, mais une idylle qui peut avoir une date butoir, car Lucas, dans plusieurs jours, va partir pour un long moment.

Sorti en toute discrétion, surtout face au mastodonte de chez Marvel qui risque fort bien d’écraser toutes sorties cinéma de cette semaine, et même des semaines à venir, « Los Fuertes » est pourtant un joli petit film qu’il serait dommage de rater.

Pour son premier long-métrage seul, Omar Zúñiga a décidé de nous raconter une petite tranche de vie et d’amour. « Los Fuertes » intègre donc ces films qui vont nous raconter une rencontre furtive, belle et intense, le temps d’un moment. Ce qui va être très beau avec « Los Fuertes« , c’est la façon très simple et véridique avec laquelle Omar Zúñiga raconte cette rencontre. Ici, point de honte entre les deux personnages, ici point de peur ou de doute, même si le réalisateur n’édulcore par l’homophobie qu’il peut y avoir au Chili, mais ça ne sera pas le sujet de son film et finalement, ça fait du bien de voir un film, et une histoire d’amour, où des personnages s’épanouissent simplement.

Dans un sens, à la découverte de ce film, on pense au magnifique « Week-end » d’Andrew Haigh sorti il y a tout juste dix ans. Avec ce film, on se plaît à suivre deux personnages qui se découvrent petit à petit. Puis avec ces découvertes, le réalisateur en profite aussi pour parler des différentes classes sociales, ces deux personnages n’ayant pas grand-chose en commun. Puis avec le personnage d’Antonio, le réalisateur en profite pour aborder la région, les différents métiers et manières de s’en sortir dans ces endroits reculés du pays. Enfin, histoire de donner encore un peu plus de relief à ces histoires, « Los Fuertes » parle aussi joliment des relations humaines, avec d’un côté Antonio et sa grand-mère, et de l’autre Lucas et sa sœur, ou encore la sœur et son mari. Bref, il y a beaucoup de très belles choses qui s’échappent du film.

Mais comme je le disais plus haut, il manque quelque chose à « Los Fuertes » pour pleinement nous envahir comme avait pu le faire le film d’Andrew Haigh. Et finalement, après réflexion, je dirais que « Los Fuertes » manque un peu de romantisme. Omar Zúñiga a tellement tenu à livrer un film qui sonne juste et réel, qu’il en a enlevé quelque peu le romantisme que cette histoire devait raconter. Certes, le film est romantique, mais cette « romance de cinéma » n’est pas assez présente, et d’ailleurs le film devient une merveille de sensibilité et d’amour lorsque cette dernière apparaît, il est donc dommage que cette mesure ne soit pas tenue sur l’ensemble du film.

Après, cette déception demeure petite face à tout ce que le film peut offrir, car derrière sa belle écriture, on lui retiendra aussi son décor et sa mise en valeur. Omar Zúñiga nous entraîne entre brume et rayon de soleil dans une belle région du Chili, qui nous offre un beau dépaysement. De plus, si ce petit manque de romantisme se ressent dans la mise en scène, le film en lui-même est très beau à suivre, Omar Zúñiga offrant un film riche qui capture parfaitement l’ambiance de sa région, et la façon de vivre de ses habitants. Ainsi, soirées, dîners, travail, ou encore derrière ça l’intime de ses personnages, sont autant de richesses qui renforcent la beauté de ce film.

Et en parlant de beauté, que dire de ces deux acteurs principaux qui sont absolument magnifiques dans leur personnage. Omar Zúñiga nous offre un très joli couple de cinéma, et Samuel González et Antonio Altamirano y sont plus vrais que nature. Il y a beaucoup de désir, d’envie, de naturel, d’intimité, de vérité et de simplicité qui se dégagent, et même si le film oublie parfois de nous les offrir plus romantiques, on sera touché par leur histoire, leur sentiment et leur confidence.

Sorti dans à peine huit salles alors que notre pays compte plus de cinq mille salles de cinéma, « Los Fuertes » passera inaperçu et c’est bien dommage, car il demeure un joli film qui s’échappe des clichés habituels. Si tout n’est pas parfait, et qu’on peut en sortir avec la sensation d’un petit manque, il n’empêche que ce premier film solo pour Omar Zúñiga mérite bien plus de lumière, car le moment passé en bord de mer en compagnie de ces deux personnages est beau. Donc si jamais vous avez la chance d’avoir une salle de cinéma qui le joue, laissez-vous tenter, dépaysement et émotions seront au rendez-vous.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

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