Exodus – Gods and Kings

De : Ridley Scott

Avec Christian Bale, Joel Edgerton, Aaron Paul, John Turturro

Année : 2014

Pays : Etats-Unis, Angleterre, Espagne

Genre : Péplum

Résumé :

L’histoire d’un homme qui osa braver la puissance de tout un empire.
Ridley Scott nous offre une nouvelle vision de l’histoire de Moïse, leader insoumis qui défia le pharaon Ramsès, entraînant 600 000 esclaves dans un périple grandiose pour fuir l’Egypte et échapper au terrible cycle des dix plaies.

Avis :

On ne présente plus Ridley Scott tant le bonhomme a marqué le septième art de son empreinte. Avec des films devenus cultes comme Alien, le Huitième Passager, Blade Runner, Thelma & Louise ou encore Gladiator, le cinéaste n’a plus rien à prouver et est plus que jamais libre de faire ce qu’il veut. Mais depuis la fin des années 2000, le réalisateur américain semble avoir du mal à retrouver une certaine fougue. Des films comme Prometheus, Alien Covenant, Cartel ou encore Robin des Bois ont eu du mal à convaincre les critiques et on sent que Ridley Scott se repose sur ses lauriers. Au milieu de tout ça, on retrouve Exodus Gods and Kings, sorti en 2014 et qui raconte l’exode de Moïse, alors chassé d’Egypte par Ramsès. Se basant sur l’Ancien Testament, le metteur en scène va vouloir en faire un péplum épique (2h30 de film), accessible et grandiloquent, mais l’ensemble va rapidement se casser la gueule à cause d’une direction artistique foireuse, de comédiens pas vraiment taillés pour les rôles et d’une histoire vue et revue.

Ce qui marque dès le début du film, c’est le gros miscast du film. Voir John Turturro en pharaon égyptien, ça fait quelque chose. Il est difficile de ne pas l’imaginer en train d’astiquer une boule de bowling en tenue saillante. Ici, même si on le voit peu, il ne convient pas du tout au rôle et nous sort directement du film. Tout comme Joel Edgerton en Ramsès un peu racaille sur les bords. Ayant une attitude désinvolte, l’acteur tente de lui donner une allure moderne, marchant comme un thug et utilisant un vocabulaire non approprié pour l’époque, comme des « ouais » par exemple. L’acteur en fait des caisses et prête plutôt à sourire qu’à agacer. Quant à Christian Bale, il semble trop frêle pour jouer un Moïse qui en impose. L’acteur est pourtant excellent, mais il reste en deçà de toutes ses prestations. Il y a vraiment quelque chose de terriblement fade qui se dégage de l’ensemble et certains acteurs sont sous-employés, à l’instar de Sigourney Weaver que l’on voit à peine ou encore d’un Ben Mendelsohn qui fait de la peine en petit prince maniéré. D’une manière générale, tout le casting ne semble pas du tout à l’aise dans ce film, et cela rappelle le remake nanardesque de Ben-Hur avec ce bon vieux Morgan Freeman en dreadlocks…

Et si les acteurs ne sont pas bons dans la peau de leurs personnages, ces derniers sont aussi assez clichés et pas forcément attachants. Ramsès est une crevure qui va laisser son père mourir et qui pourrait devenir un caïd de cité, Moïse marche, s’arrête, fait un gosse, repart et revient sans vraiment en imposer, et il pourrait mourir que l’on s’en foutrait royalement. Quant aux autres personnages, ils sont uniquement fonctionnels et n’apportent rien à l’intrigue. On a beau avoir des personnages campés par Aaron Paul, Ben Kingsley ou bien Sigourney Weaver et Golshifteh Farahani, on s’en fout. Les protagonistes n’apparaissent que peu de fois, ils ne servent à quasiment rien et de ce fait, on ne ressentira aucune empathie. Et c’est problématique dans un film long et grandiloquent de ne pas trouver de personnages auxquels on peut se raccrocher, car cela nous fait faire l’intrigue que d’un œil, attendant, en vain, un bon dénouement ou tout simplement un soulèvement dans la mise en scène.

Car on ne peut pas dire non plus que Ridley Scott se soit foulé avec Exodus Gods and Kings. Certaines scènes de bataille sont plutôt sympathiques et servent, au départ, à montrer l’amitié/rivalité qu’il y a entre Ramsès et Moïse, mais par la suite, ce ne sera qu’une succession de petits combats sans ampleur pour réveiller un spectateur apathique. La mise en scène respire le toc, le fake à plein nez et on aura du mal à se plonger dans cet univers, dans son histoire et son intrigue. Exodus Gods and Kings n’arrive pas à se défaire de son image de péplum calibré et reste bien trop ancré dans une sorte de blockbuster tourné en studio et Ridley Scott n’arrivera jamais à faire élever tout ça. Il y a une lourdeur dans le script et dans la mise en scène qui fait que le film ne démarrera jamais et on ne rentrera jamais dedans. Et c’est dommage car il y a tout de même une bonne chose à retenir de ce métrage, c’est le point de vue des apôtres de Moïse qui vont se rendre compte que ce dernier parle dans le vide lorsqu’il s’adresse à Dieu. Il y a cette volonté de tout de même critiquer la religion en représentant Dieu comme un enfant aux yeux de Moïse au moment où ce dernier se cogne la tête contre un rocher. Les autres ne voient pas ce Dieu et peuvent penser que Moïse est tout simplement siphonné. Le réalisateur impose donc son point de vue sur une religion qui se base sur les dires d’un type qui a peut-être un grain, et ce n’est pas plus mal, donnant, un tout petit temps, de l’intérêt à un film qui peine.

Au final, Exodus Gods and Kings est un film lourd, pataud et qui manque d’une vraie mise en scène épique pour totalement convaincre. Ici, Ridley Scott va trop vite pour papoter d’une histoire que tout le monde connait et ne prend jamais le temps de s’appesantir sur ses personnages qui vivotent devant des fonds verts. Le seul vrai point positif du métrage est sa vision critique de la religion monothéiste, montrant que l’on suit un homme aveuglement pas forcément par conviction, mais par espoir d’une vie meilleure. En l’état, c’est la seule chose que l’on a pour se raccrocher à ce péplum balourd et sans véritable saveur.

Note : 08/20

Par AqME

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