juin 22, 2021

666 La Malédiction

Titre Original : The Omen

De : John Moore

Avec Liev Schreiber, Julia Stiles, David Thewlis, Seamus Davey-Fitzpatrick

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Le Vatican est en pleine effervescence : tout indique que la Prédiction du Livre des Révélations qui veut que l’Apocalypse débute avec l’Incarnation de Satan sur la Terre, doit se réaliser dans les tous prochains jours.
Robert Thorn, diplomate américain en poste à Rome, est soulagé de pouvoir annoncer à sa femme qui se réveille dans la salle de travail, qu’après de nombreuses tentatives infructueuses, elle a enfin pu donner naissance à un fils.
Mais, au fur et à mesure que Damien grandit, il devient évident qu’il s’agit d’un enfant hors du commun. Autour de lui, les morts mystérieuses et les avertissements les plus sinistres se multiplient.
Thorn réalise bientôt que la naissance de son fils, à la 6ème heure du 6ème jour du 6ème mois, n’est sans doute pas due au hasard et qu’elle cache le plus terrifiant des secrets…

Avis :

C’est dans les années 70 que les films d’horreur à connotation sataniste ont commencé à faire parler d’eux. Le plus culte d’entre tous reste bien évidemment L’Exorciste de William Friedkin, mais on peut aussi compter sur La Malédiction de Richard Donner. S’ancrant dans une réalité plausible et présentant des contextes sociaux intéressants, les deux films vont faire un carton, aussi bien pour leur qualité que pour les retours parfois colériques d’une partie du public. Car oui, la religion chrétienne, faut pas toucher. Elle, elle peut, surtout s’il s’agit d’un petit garçon de chœur, mais si c’est pour critiquer, alors là, c’est une autre paire de manches. Bref, quoi qu’il en soit, en 1976, La Malédiction fait un carton, devient culte des années plus tard et après trente ans d’existence, les grands pontes d’Hollywood ont cru bon de faire un remake pour remettre tout ça au goût du jour.

Sacrilège

Quand on fait un remake, il faut avoir les bonnes raisons. Dépoussiérer un genre, remettre au goût du jour les thématiques d’un métrage, apporter une nouvelle réflexion plus moderne, on peut avoir des tonnes d’idées, bonne ou mauvaises, pour faire un remake. Malheureusement, le plus souvent, c’est pour une question de fric. Et c’est tout à fait le cas ici. On est en 2006, le film de Donner est sorti il y a tout pile trente ans, et si on fait l’effort de sortir le film un 06 juin, on pourra faire un évènement marketing avec le chiffre du diable (6/6/06). Et c’est exactement ce qu’il va se passer. De fait, 666 La Malédiction ne servira à rien, si ce n’est à surfer sur une date, un remake d’un film culte et quelques passages qui viendront faire frissonner les non amateurs de films d’horreur.

Car ne nous y trompons pas, derrière ses atours d’épouvante, le film de John Moore ne fera que titiller notre patience. La première chose qui frappe quand on regarde ce film, c’est sa mise en scène résolument cheap. En effet, que ce soit dans les séquences un peu d’action ou dans les discussions entre deux personnages, on a la sensation d’assister à un téléfilm faussement nerveux. John Moore multiplie les plans pour susciter un semblant de dynamisme, mais cela ne fait qu’accentuer une mauvaise appréhension du problème. Tout va vite, rien ne se pose, et quand le film propose des dialogues, c’est pour relancer une intrigue connue d’avance, et qui n’apporte rien de bien neuf aux thématiques d’il y a trente ans. Le fils du diable, la religion, un père qui doit tuer son enfant, autant de moments déjà vus et qui, ici, ne sont jamais revisités.

Faux contexte

Le film tente bien de voler de ses propres ailes sur son contexte. On nous présente ici un couple bien plus jeune que dans l’original. Un couple qui doit encore construire son futur, entre les ambitions du mari, et une femme qui essaye de combiner sa vie de femme au foyer, perdue dans un pays étranger, et de femme active qui veut la meilleure nourrice pour son gosse. On retrouve des dysfonctionnements qui vont favoriser la plongée dans le drame et notamment dans une sorte de dépression pour la mère. Néanmoins, ce schéma n’est jamais vraiment utilisé. Le film préfère jouer sur la carte du père dubitatif et des menaces d’un prêtre étrange qui ne trouve jamais les bons mots pour sauver tout le monde. Dès lors, difficile de ressentir de l’empathie pour ce couple, qui oublie la tendresse et la sobriété.

L’intrigue nous place chez des bourgeois pas forcément intéressants et l’apport religieux n’est qu’un prétexte pour mettre des rottweilers et une nourrice qui aide le suppôt de Satan à grandir. Le contexte de l’église n’est pas très important, et même la partie enquête est réduite à peau de chagrin, avec un pauvre David Thewlis qui se fait violence pour aider ce père de famille qui semble s’en battre légèrement les couilles. Pire, on sent que l’enfant n’est pas net. Il ne parle pas, fait des trucs étranges, semble complètement éteint quand des trucs maléfiques se passent, et pas une seule fois les parents l’envoie chez le psy. Il y a des manques énormes dans ce scénario, et le spectateur perçoit le vide abyssal qui hante tout le métrage. Et John Moore sera bien incapable de capter notre attention, même avec une paire de plans gores.

Tâche

Même si aujourd’hui on connait John Moore pour être un très mauvais metteur en scène ayant détruit la saga Die Hard et chié sur l’adaptation de Max Payne, à l’époque, il n’était pas trop mal vu, et il arrive même à proposer une paire de plans sympatoches dans ce bazar. Par exemple, lorsque le prêtre se fait transpercer par une barre de fer avec des éclats de vitraux sur le visage. On peut aussi évoquer la découverte de l’antre par le photographe. Bref, il y a quelques fulgurances qui viennent redorer le blason du métrage. Mais c’est bien peu de chose face à l’ennui ressenti, et face aux prestations mitigées des comédiens. Liev Schreiber n’est pas crédible une seconde. Julia Stiles est tout bonnement insupportable. Et même Mia Farrow se révèle imbuvable dans le rôle de l’assistante du diable. Seul David Thewlis tire son épingle du jeu, sans génie.

 Au final, 666 La Malédiction est un mauvais remake. Si John Moore n’était pas encore maudit à l’époque, il démontre tout son talent pour transformer l’or en merde. Trop rapide, sans réelle ambiance morbide, ne prenant jamais le temps de critiquer la religion ou d’aborder le satanisme, cette revisite du film de Richard Donner ne sert strictement à rien. Il est évident qu’il vaut mieux se pencher sur l’original, bien plus intéressant et sulfureux.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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