Bloodride

D’Après une Idée de : Kjetil Indregard

Avec Simen Bostad, Bjorn Birch, Karl Vidar Lende, Ellen Bendu

Pays : Norvège

Nombre d’Episodes : 6

Genre : Horreur

Résumé :

Cette anthologie norvégienne imprègne chaque histoire d’une atmosphère unique, à la fois réaliste et étrange, horrifique et caustique, résolument scandinave.

Avis :

Les séries anthologiques horrifiques, ce n’est pas ce qui manque sur les écrans, et surtout, ça ne date pas d’hier. Si assez récemment on peut parler des deux premières saisons des Masters of Horror et de sa troisième déguisée et édulcorée avec Fear Itself, on peut aussi évoquer, plus tôt, Les Contes de la Crypte, Creepshow (même si c’est au sein d’un métrage) ou encore La Quatrième Dimension. Des séries qui ont bercé un grand nombre de cinéphiles pour le côté moyen-métrage au sein d’une série qui n’avait pas les atours d’une série. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas forcément de fil rouge, mais chaque épisode racontait une histoire, avec une fin. De nos jours, ce concept s’est un peu perdu et on retrouve cela dans des films, comme Creepshow déjà cité, ou encore V/H/S et The ABC’s of Death. Netflix, dans sa grande générosité et sa volonté de s’ouvrir au monde, propose Bloodride, une série anthologique de six épisodes, pour l’instant, se déroulant à Norvège et où chaque épisode raconte une histoire complète qui n’a aucun lien avec la suivante ou la précédente. Est-ce bien ? Telle est la question que l’on peut se poser tant il est difficile de créer une histoire de toute pièce sur un format réduit de moins d’une demi-heure.

Le premier épisode est assez intéressant dans son déroulement, voulant montrer l’ambition humaine, voulant réussir à tout prix, sacrifiant alors ce qu’il a de plus cher. Ici, un couple aménage dans une vieille bâtisse à la campagne et tout le monde à des animaux. La femme, dégoûtée de vivre loin de la ville, découvre que les habitants de cette bourgade possède un autel viking de sacrifice et plus le sacrifice coûte cher émotionnellement, plus la chance est grande. Bien évidemment, cela va amener des dérives et des crimes de plus en plus odieux. Si sur le papier c’est plutôt sympathique et traite d’un vrai sujet de fond, l’ambition, le dénouement reste abracadabrantesque, voulant faire un twist pas très malin pour surprendre un spectateur un peu apathique face au rythme de l’épisode. Mais cela sera pire avec Les Trois Frères Fous, le deuxième segment, qui propose de suivre un type qui sort d’asile psychiatrique parce qu’il semble être soigné, et il va être entrainé dans un jeu macabre par ses deux frères qui semblent plus fêlés que lui. L’épisode fonctionne comme le précédent, avec un twist, mais l’ensemble reste très sage, trop édulcoré et on ne sentira aucune gêne, aucune peur et le retournement sent un peu l’eau de boudin.

Le troisième épisode est certainement celui qui est le plus mal branlé dans son scénario. On va y suivre une nana, fille de bourges, qui suit un stage pour mieux écrire ses intrigues. Elle se prend d’affection pour un type plus âgé, mais elle va se rendre compte que tout le monde cherche à la tuer et découvre avec stupeur qu’elle vit la vie qu’écrit ce type. Et de découvrir qu’elle a aussi le pouvoir de donner vie à ses mots. Mal foutu, brouillon, sans aucune once d’empathie pour les personnages, cet épisode flirte avec le mauvais goût et l’ennui poli. Contrairement à l’épisode suivant, un peu plus tendu, mais qui n’a rien du film d’horreur. Ici, un riche homme d’affaire fête un prototype qui va révolutionner le monde pharmaceutique. Mais lorsqu’il se rend compte que ce prototype a disparu, il enferme ses collaborateurs dans une chambre à gaz et menace de tuer tout le monde si personne ne se dénonce, enfermant même sa propre femme. Conflits, engueulades, bagarres, voilà le programme de cet épisode bien tenu sur la tension et le rythme, mais qui reste anecdotique sur l’horreur et sur la présentation d’un personnage égoïste et détestable. Ici, comme pour le précédent opus, on reste dans quelque chose de trop gentil et qui ne pousse pas l’horreur à son paroxysme, restant dans un carcan trop simpliste, trop lisse.

Le cinquième épisode va changer un peu de cap pour évoquer des fantômes. Une jeune institutrice s’installe dans une école de campagne qui rouvre après quarante ans de fermeture. Elle va entendre des voix dans cette école et découvrir une histoire macabre avec quatre enfants tués. Bien évidemment, va s’ensuivre une enquête et un twist final, comme le veut chaque épisode de la série. C’est assez téléphoné, ce n’est pas très passionnant, mais comme ça dure peu de temps, finalement, ça passe. Quant au dernier épisode, on est dans quelque chose de très mauvais et de très ennuyeux. Lors d’une fête masquée, un type se comporte bizarrement sous son costume d’éléphant et on va se rendre compte que sous ce costume, ce n’est pas celui que l’on pense. Très pénible à suivre par son côté enquête humoristique, à la résolution débile et non-sensique où tout le monde voit sans réagir, on est clairement dans un épisode bateau qui clôture de la plus mauvaise des façons une série qui n’a pas de grandes ambitions.

Et c’est sans doute là le gros défaut de Bloodride, son manque d’ambition et de volonté de faire peur. L’ensemble est bien trop sage, bien trop édulcoré pour percuter le spectateur. On s’ennuie poliment devant ces six épisodes qui ne maintiennent pas l’angoisse et qui se servent du même schéma pour susciter un peu de liant. Outre le fait que ce ne soit ni gore, ni effrayant, la série tombe dans une redondance qui fait que l’on s’attend aux différents retournements et surtout, elle ne prend pas assez le temps de développer ses personnages. Ce manque d’empathie empêche de se projeter vraiment dans les épisodes et on va se foutre complètement du sort des gens. Bloodride oublie qu’une bonne histoire d’horreur n’est pas la précipitation, mais une construction assidue de personnages pour lesquels on va craindre et ce n’est clairement pas le cas ici…

Au final, Bloodride est une anthologie passable. Il s’agit de six épisodes sans aucune connexion et qui, de par leur format, empêche toute implication émotionnelle. De ce fait, on va suivre ces histoires d’un œil détaché et sans jamais vraiment se prendre au jeu et à l’histoire. Si certains sujets sont traités comme l’ambition, l’égoïsme ou encore la folie, rien n’est vraiment fouillé et on reste constamment à la surface des choses avec un twist redondant et donc attendu. Bref, si l’ensemble se regarde assez vite, c’est tout de même peu intéressant et bien loin de certaines anthologies plus viscérales.

Note : 08/20

Par AqME

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