octobre 24, 2020

Agents Presque Secrets

Titre Original : Central Intelligence

De : Rawson Marshall Thurber

Avec Dwayne Johnson, Kevin Hart, Aaron Paul, Amy Ryan

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

Un ancien geek devenu agent d’élite à la CIA, revient chez lui à l’occasion de la réunion des anciens du lycée dont il était à l’époque le souffre-douleur. Se vantant d’être sur une affaire top secrète, il recrute alors pour le seconder le gars le plus populaire de sa promo d’alors, aujourd’hui comptable désabusé. Avant même que notre col blanc ne réalise ce dans quoi il s’est embarqué, il est trop tard pour faire marche arrière. Le voilà propulsé sans autre cérémonie par son nouveau « meilleur ami » dans le monde du contre-espionnage où, sous le feu croisé des balles et des trahisons, les statistiques de leur survie deviennent bien difficile à chiffrer… même pour un comptable.

Avis :

Dwayne Johnson est le nouveau pape de la comédie d’action à Hollywood. Il faut dire que l’ancien catcheur possède un physique hors normes (plus proche du buffle ou du frigo américain que de l’être humain) et un charisme qui lui permet de jouer les gros bras au grand cœur, sauvant la veuve et l’orphelin dans n’importe quelle situation. Pour preuve, il faut fi de la faille dans San Andreas, il arrive à sauter d’une grue dans Skyscraper, il peut même détourner les missiles nucléaires à mains nues dans Fast and Furious 8. Bref, l’acteur est très prisé et malgré une filmographie assez faiblarde en termes de qualité, il cartonne toujours au box-office. En s’alliant avec le réalisateur Rawson Marshall Thurber (Les Miller), Dwayne Johnson s’assure déjà une curiosité. Non seulement parce que Les Miller, Une Famille en Herbe fut un succès surprise, mais aussi parce qu’il rentre dans le cercle très prisé des buddy movies avec un sidekick qui en le vent en poupe, Kevin Hart. Pour autant, on pouvait craindre avec Agents Presque Secrets une comédie potache avec des gags un peu vulgaires sur les bords. Et si ce n’est pas ce que l’on va avoir, on navigue quand même en eaux troubles dès le départ et les enjeux demeurent minimes.

Le début du film prend place lors de la dernière année du lycée. Calvin est alors au sommet de sa gloire, on le surnomme Golden Jet et il est promis à un avenir radieux en sortant en plus avec la plus belle fille du bahut. Mais son discours va être interrompu par l’arrivée surprise de Bob, victime de harcèlement à cause de son poids et de sa façon de danser sous la douche. Il est propulsé nu devant tout le lycée, victime de jeunes pas très sympathiques. Calvin est alors le seul à l’aider en lui donnant sa veste pour qu’il puisse cacher son sexe. Des années plus tard, Calvin reçoit une demande d’ami sur Facebook de la part de Bob. En acceptant une soirée, il redécouvre un ami transformé qui va le mêler à une histoire de la CIA autour d’un trafiquant d’armes. Dès le départ, on sait ce qu’il va se passer et l’inversion des rôles qui va se jouer. Le looser du départ va devenir une véritable machine à tuer alors que celui que l’on voyait comme un futur politique n’est qu’un comptable qui a oublié sa croissance. Le rapport de force lié au physique sera l’un des moteurs comiques du film, 30cm séparant les deux artistes dans la vraie vie. Mais le véritable problème avec ce scénario, c’est qu’il tourne en rond pour pas grand-chose. Le coup de l’agent de la CIA qui aurait mal tourné en tuant son acolyte, c’est vraiment du réchauffé et on sent venir l’arnaque à plein nez. Le film manque de finesse au sein de son intrigue et il n’arrive pas vraiment à jouer sur les faux-semblants.

Des faux-semblants qui manquent de piment, qui manque d’une rigueur d’écriture dans la partie qui pourrait ressembler à un thriller ou à un policier plutôt sombre. Rawson Marshall Thurber est un habitué des comédies, et il va surtout se concentrer sur les dialogues et les échanges entre les deux amis. Si l’un semble confiant grâce à son physique et son métier d’agent de la CIA, il cache en lui un terrible secret, un manque d’assurance flagrant et le reflet du miroir lui renvoie toujours cette image du jeune gros harcelé qu’il était. Quant à Calvin, son anxiété et ses peurs l’empêchent d’avancer et on peut y voir une pression établie depuis la fin du lycée, où tout le monde le voyait déjà en haut de l’affiche. Les interactions entre les deux personnages vont mettre en avant les malaises de chacun, mais de façon ironique et parfois cynique. Il faut simuler le crash d’un avion pour que Calvin avoue ses échecs. Il faut que Bob se retrouve en face de son harceleur pour en rien faire et se voir comme la victime qu’il était. Des situations ubuesques qui ne sont finalement présentes que pour faire rire et qui n’ont pas forcément la subtilité nécessaire pour aborder de tels messages. Le harcèlement est balayé d’un revers de la main, en prônant une meilleure acceptation de soi à travers la musculation six heures par jour, et visiblement, on ne peut évacuer la pression que lorsque notre vie est en jeu. C’est très tiré par les cheveux et ce n’est pas fin pour un sou. Fort heureusement, on évite les blagues vaseuses et en dessous de la ceinture, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Le film n’est pas désagréable en soi, il est juste inoffensif et on passe un moment plutôt agréable devant. La réalisation de Rawson Marshall Thurber est plutôt anecdotique, chaque scène, chaque plan ne possède pas vraiment de génie, mais le tout est plutôt lisible et permet de jouer avec quelques running gags cartoonesques, comme lorsque Dwayne Johnson disparait pour réapparaître en un autre endroit en quelques secondes. Fort heureusement, le sel du film se trouve dans le duo qui semble vraiment s’éclater ensemble. Les répliques sont assez drôles et il y a une alchimie qui fonctionne bien. Dwayne Johnson joue de son image constamment, en essayant de prendre de la distance avec son corps de mammouth, portant des t-shirts licorne ou jouant de son sex-appeal auprès des femmes. Kevin Hart, lui, en fait des caisses et des caisses au point d’en être épuisant. Il fait partie de cette catégorie d’acteur qui jacte tout le temps dans l’espoir de faire rire, comme ont pu le faire des Eddy Murphy, des Chris Tucker ou encore des Chris Rock. Les personnages secondaires sont aussi amusants, à l’image d’Amy Ryan en agent de la CIA imperturbable ou encore un Jason Bateman absolument pourri lors d’une scène plutôt tragicomique. Reste Aaron Paul qui traine un la patte et qui manque de charisme pour camper le personnage qu’il lui incombe.

Au final, Agents Presque Secrets est un Buddy Movie plutôt sympathique mais qui manque d’épaisseur, d’envergure et d’une écriture plus inventive au niveau de l’intrigue. A force de constamment jouer sur la vanne à tout prix et les blagues autour de la différence de physique des deux acteurs principaux, le réalisateur en oublie presque de fournir un film qui a du sens, qui possède un élément moteur. Bien souvent, on tourne un peu trop à vide dans ce métrage et c’est bien dommage, car le duo fonctionne bien et dans sa globalité, ce n’est pas désagréable à suivre. Mais ça reste bien trop léger pour vraiment avoir un impact.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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