Kiroho – Les Disparus de Bois-sur-Mer

Auteurs : Brunowaro et Rémi Guérin

Editeur : Ankama

Genre : Fantastique

Résumé :

Plusieurs marins de Bois-sur-Mer ont disparu et le maire de la ville suspecte un Kiroho, une âme errante, d’être à l’origine de ce mystère. Alors que le ciel s’assombrit de jour en jour, les habitants commencent à fuir la ville et le maire n’a plus d’autre choix que de faire appel au professeur Charles, le plus grand spécialiste des Kirohos. L’intelligence et la ruse du professeur et de son assistante suffiront-elles à sauver Bois-sur-Mer ?

Avis :

Durant les années 80, les animés japonais commençaient à faire leur arrivée sur nos écrans. Il est donc justifié que certains auteurs soient inspirés par des dessins animés vus à cette époque, notamment grâce au club Dorothée. Nadia et le Secret de l’Eau Bleue, Ken le Survivant, Sherlock Holmes de Miyazaki sont autant d’animés cultes qui ont bercé la jeunesse des enfants des années 80 et même de ceux des années 90. Et ces inspirations, on les retrouve dans certaines œuvres aujourd’hui, que ce soit dans le cinéma ou encore le neuvième art, la bande-dessinée. Rémi Guérin, scénariste ici, fait partie de ces enfants puisqu’on lui doit plusieurs scénarios de manga (City Hall pour ne citer que lui) et il s’associe pour la première fois à Brunowaro (chef décorateur sur Wakfu et Dofus) pour offrir Kiroho, Les Disparus de Bois-sur-Mer. Et le résultat est tout mignon.

Dès la couverture, le ton est donné, Kiroho s’inspire grandement du Sherlock Holmes de Miyazaki, déjà de par ses personnages animaliers, mais aussi par un graphisme ultra coloré, avec une ambiance plutôt rétrofuturiste, sans les machines et les rouages. Et au niveau du dessin, on va vite se rendre compte que Brunowaro touche sa bille. Si on aurait pu être un peu rebuté par le visage du professeur Charles, un peu de travers, au bout d’un moment, on se rend compte que cela sied parfaitement au personnage et à l’ambiance voulu. Les dessins sont superbes, avec parfois de très grosses planches qui offre un spectacle grandiloquent. La découverte du Kiroho maléfique dans les eaux de la mer est impressionnante. A la fois intimiste et épique, le trait du dessinateur se prête parfaitement à ce genre d’exercice, peaufinant aussi ses couleurs, pour donner un ton pastel à la fois reposant et ultra kawaï. Oui, Kiroho est beau, c’est un peu comme un bonbon légèrement acidulé et nos yeux en prennent plein la rétine.

Cependant, le scénario aurait pu être un peu plus approfondi. C’est-à-dire que l’histoire doit se confiner à 64 planches, ce qui est très contraignant. De ce fait, on a la sensation de prendre le train en route. On nous explique brièvement ce qu’est un Kiroho, en deux planches, puis on nous présente le professeur et son assistante, avant de nous plonger dans le cœur du problème, des disparitions au sein d’un village maritime. Dès lors, on va voir une sorte de mythologie qui se met en place mais qui n’est jamais vraiment exploitée. Le professeur possède une salle secrète avec des kiroho en bouteille qui vont l’aider dans sa mission, concrètement, on va en voir un seul et leur utilisation n’est pas forcément optimisée. En fait, on la sensation de lire un premier tome et que des suites permettront de mieux approfondir la légende des Kiroho, mais aussi de mettre en avant le background du professeur qui fait une révélation sur la fin. L’autre point un peu négatif, c’est que la résolution de l’enquête se fait très rapidement et se joue sur un coup de poker. C’est dommage, car la thématique de l’amour perdu qui rend fou aurait pu être mieux exploitée. Alors oui, ce sont de petits détails, et on se laisse facilement embarquer dans cette histoire toute mignonne, mais quand on voit le potentiel d’un tel univers, on ne peut qu’être déçu par la tournure des évènements.

Fort heureusement, le scénario se rattrape sur les personnages et la bonhommie de l’ensemble. Le professeur Charles est un personnage attachant pour lequel on va ressentir de l’empathie. Il est gentil, bienveillant et toujours de bonne humeur, même dans les situations délicates qu’il ne maîtrise pas forcément. A ses côtés, on retrouve Lise, une jeune fille qui est toute aussi bonne que lui. Il n’y a pas une once de méchanceté qui se dégage de l’ouvrage et cela transparait à travers les personnages qui ont des relations simples et saines. Même le maire, inquiet du devenir de sa ville et de ses habitants, est un personnage sympathique qui ne veut que le bien et qui ne comprend pas trop ce qui se passe dans sa ville. Reste alors l’antagoniste de l’ouvrage, ce kiroho maléfique qui kidnappe et tue les habitants du village. Sa première apparition est impressionnante mais ses motivations restent assez obscures, la haine lui voilant la face. Si on reste dans quelque chose d’assez binaire, la toute fin montre là aussi un personnage bourré de bons sentiments qui n’a fait que répondre à des instincts nocifs.

Au final, Kiroho, les Disparus de Bois-sur-Mer est une agréable surprise qui fait immédiatement référence aux animés des années 80. Dotée d’un dessin superbe et de personnages tous plus mignons les uns que les autres, cette bande-dessinée est un petit vent de fraîcheur qui trouvera parfaitement sa place dans les collections d’Ankama, lorgnant parfois vers le manga et d’autre fois sur la BD franco-belge. Si le scénario reste simple et léger et que l’on a l’impression de tomber dans un univers qui a déjà ses codes sans qu’on les connaisse, l’ensemble bienveillant l’emporte et on quitte la dernière planche le sourire aux lèvres.

Note : 14/20

Par AqME

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