De l’Or Pour les Braves

Titre Original : Kelly’s Heroes

De : Brian G. Hutton

Avec Clint Eastwood, Telly Savalas, Don Rickles, Donald Sutherland

Année: 1970

Pays: Etats-Unis, Yougoslavie

Genre: Guerre

Résumé:

En 1944, près de Nancy, un colonel allemand est capturé par le lieutenant américain Kelly. Découvrant que son prisonnier est en possession de deux lingots d’or, il lui fait subir un interrogatoire au terme duquel sa victime fait une incroyable révélation : dans une banque à quelques 40 kilomètres de la ligne de front, les Allemands disposent d’un trésor de 16 millions de dollars… Kelly n’a alors plus qu’une idée en tête : s’en emparer, lui et ses hommes, pour leur propre compte.

Avis:

Brian G. Hutton est un réalisateur qui a eu une très courte carrière puisqu’on ne lui compte que sept films entre 1966 et 1983. Pour autant, c’est surtout son début de carrière qui fut tonitruant, avec Quand les Aigles Attaquent. Film de guerre avec un soupçon d’espionnage, le réalisateur américain s’ouvre grand les portes du tout Hollywood et va en profiter pour enchainer avec De l’Or Pour les Braves, un autre film de guerre, encore avec Clint Eastwood, mais qui lorgne aussi du côté du western et du film d’arnaque, pointant du doigt un patriotisme inutile au sein d’une guerre que plus personne ne comprend. Car oui, De l’Or Pour les Braves n’est pas qu’un simple film de guerre, c’est avant tout chose un pastiche de la Seconde Guerre Mondiale qui bascule en western où des mutins veulent faire main basse sur un trésor dans une banque afin d’échapper à leur condition de soldat. Il en résulte alors un excellent film, à la fois divertissant, intelligent et drôle, dont le casting force au respect.

Le film nous plonge directement en pleine Seconde Guerre Mondiale, auprès d’une unité américaine qui se trouve en France et qui est entre deux feux, celui des américains et des allemands qui se rapprochent de plus en plus. Dans ce contexte stressant, le lieutenant Kelly capture un colonel allemand, le fait boire et découvre qu’un trésor est planqué dans une banque, derrière les lignes allemandes. Il va alors convaincre une petite unité pour aller dans cette banque et partir avec le trésor, avec ces lingots qui leur promettent un bel avenir. C’est le postulat de base de ce film, qui se veut profondément anti-héroïque et met en avant les problèmes de l’armée et surtout de la condition des soldats. De l’Or Pour les Braves est un film qui va à l’encontre du film de guerre patriotique et qui a fait grincer des dents à l’époque. Pour autant, c’est un film qui a des choses à dire, notamment sur les soldats envoyés au front, sans aucun cadeau pour se reposer et qui subissent un conflit dont ils ne comprennent pas les tenants et les aboutissants. Le film prend cela avec un humour équilibré, mais il arrive à faire passer son message avec une certaine verve.

De l’Or Pour les Braves date de 1970 et pourtant, même cinquante plus tard, il n’a pas pris une ride. Le rythme est ultra soutenu, la mise en scène est explosive et aligne les plans intéressants, arrivant à se rendre intimiste quand il le faut et grandiloquente dans les moments de bombardement ou d’affrontement. Le dernier tiers, qui oppose un tank américain face à trois tanks allemands est un modèle du genre, réussissant à être rythmé malgré la lenteur des engins. Brian G. Hutton propose une vraie vision moderne et qui fonctionne toujours autant aujourd’hui. Avec ce film, qui est le troisième de sa courte carrière, le réalisateur arrive à allier le fond et la forme sans aucune lourdeur, arrivant même à pasticher le film de guerre pour lui offrir des passages dignes des plus grands westerns. La toute fin, où les trois principaux soldats négocient avec un officier allemand pour partager le butin, est un modèle du genre. On aura aussi droit à des éléments du film d’arnaque, avec la construction de l’équipe et les rôles de chacun. Bref, le film s’inspire d’autres genres pour arriver à être un hybride presque parfait, drôle et intéressant.

L’autre grande force du métrage, c’est bien évidemment ses personnages. Outre le casting qui est tout simplement incroyable (Clint Eastwood, Telly Savalas, Don Rickles, Donald Sutherland, une apparition de John Landis en bonne sœur ou encore Harry Dean Stanton), ce sont surtout les protagonistes qui vont nous toucher, chacun à leur manière, dans des rôles très différents. Clint Eastwood sera le héros, la tête de du casse et il assure dans ce rôle de beau gosse stoïque. Telly Savalas sera le chef de l’unité qui va se plier à ses hommes et sera le petit nerveux de la bande. Don Rickles est l’arnaqueur, celui qui fournit les fournitures en magouillant à tout va et qui fait les comptes. Quant à Donald Sutherland, il est le farceur, un peu hippie sur les bords mais qui est le meilleur conducteur de char de l’armée américaine. Chacun tient son rôle à merveille et surtout, on ressent de l’empathie pour chacun d’eux, notamment dans cette volonté de s’en sortir, de quitter ce conflit avec de quoi vivre convenablement, loin de bordel sans nom. Brian G. Hutton arrive à nous faire aimer des déserteurs qui seront vu comme des héros aussi bien par les français que par les supérieurs qui vont n’y voir que du feu. Alors oui, le final est un peu cliché, avec tous ces français qui lèvent des baguettes en l’air, mais il faut remettre cela dans le contexte de l’époque.

Au final, De l’Or Pour les Braves est un excellent film qui n’a pas pris une ride en cinquante ans de vie. Le réalisateur américain livre un film de guerre différent, touchant du doigt différents genres comme le western et le film de casse pour fournir autre chose de totalement novateur et jouissif. Entre une mise en scène parfaite, des acteurs au cordeau et un juste équilibre dans la tonalité, n’en faisant jamais trop ou pas assez, De l’Or Pour les Braves est une belle réussite qui travers les âges et les époques sans problème.

Note: 17/20

Par AqME

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