octobre 30, 2020

Une Sirène à Paris – Le Thon est Donné

De : Mathias Malzieu

Avec Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima, Rossy De Palma, Tchéky Karyo

Année : 2020

Pays : France

Genre : Fantastique, Drame

Résumé :

Crooner au cœur brisé, Gaspard s’était juré de ne plus retomber amoureux. Quant à Lula, jolie sirène, elle n’a que le chant pour se défendre des hommes, en faisant s’emballer leur cœur jusqu’à l’explosion. Lorsque la Seine en crue vient déposer Lula au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret où chante Gaspard, c’est un mini-tsunami qui va bouleverser leur existence. Lui, l’homme qui a souffert d’avoir trop aimé, et elle, la créature qui n’a jamais connu l’amour, vont apprendre à se connaître. Et à chanter d’une même voix…

Avis :

Touche à tout, après la musique, la photographie et l’écriture, le génial Mathias Malzieu, leader du groupe Dionysos, est passé à la réalisation. En 2014, en compagnie de Stéphane Berla, Mathias Malzieu réalisait son premier film, le très chouette film d’animation « Jack et la mécanique du cœur« . Le film attira un peu plus de cinq cent mille spectateurs, ce qui reste assez honorable pour un premier film et un film d’animation français. Depuis, Mathias Malzieu était retourné à la musique.

Après six ans d’absence, Mathias Malzieu revient derrière la caméra, et cette fois-ci, il le fait en solo et il passe à la prise de vue réelle, pour un petit moment de cinéma à part. Un moment de cinéma plein de féerie, de magie et de poésie. « Une sirène à Paris« , c’est le genre du film qui fait du bien dans tous les sens du terme. Il fait du bien au cinéma français, car même s’il ne réussit pas tout ce qu’il entreprend, il essaie autre chose et ça marche, et surtout, il fait du bien, parce qu’il nous raconte, nous évade l’espace de quelques instants. « Une sirène à Paris« , c’est un conte moderne dans un Paris rêvé, et rêver comme ça, ça fait du bien.

Gaspard est un jeune homme qui a le cœur brisé. Il le dit lui-même, son cœur a explosé plus d’une fois et aujourd’hui, il est immunisé contre ce sentiment qu’est l’amour. Gaspard est chanteur sur une péniche, le Flowerburger. Le Flowerburger est sûrement l’un des derniers endroits libres de Paris. Un soir, Gaspard découvre sur les quais de Seine le corps d’une sirène blessée. Gaspard la ramène chez lui pour la soigner et de cette rencontre à part va naître une belle histoire.

Mathias Malzieu, c’est un poème et il nous l’a déjà prouvé à bien des reprises et alors qu’il passe à la réalisation en solo, ce n’est pas « Une sirène à Paris » qui va nous dire le contraire.

« Une sirène à Paris« , c’est un film qui est enchanteur, c’est un film qui tient de la magie, de l’onirisme, de l’amour, du fantastique. « Une sirène à Paris« , c’est un conte moderne qui, malgré ses facilités et son côté un peu niais, arrive à nous enchanter et nous évader l’espace de son heure quarante qui passe bien trop vite.

« Une sirène à Paris« , c’est un scénario qui est très simple, peut-être un peu trop d’ailleurs. Oui, dans son intrigue, le film ne surprend jamais, et il offre ce que l’on s’attendait à trouver, ni plus, ni moins. Mais malgré cette simplicité qui pourrait lorgner avec le déjà-vu, « Une sirène à Paris » est un film qui arrive à nous séduire et surtout, c’est un film qui arrive à nous embarquer avec lui, dans cette petite mais merveilleuse histoire. Mathias Malzieu nous livre là un très joli divertissement, devant lequel, humour, émotion, charme, « aventure », et esprit bohème se conjuguent au meilleur et l’on reste complétement charmé, avec l’envie que cette jolie histoire ne se termine pas. Avec ce film, Mathias Malzieu démontre que même si on fait du déjà vu, il est des films qui arrivent à emporter totalement.

Si « Une sirène à Paris » nous emporte totalement aussi, c’est surtout grâce à cet univers incroyable, riche et beau que Mathias Malzieu met en place. C’est quelque part entre un Jean-Pierre Jeunet, un Michel Gondry, et un clip de Dionysos que Malzieu crée son univers féerique. « Une sirène à Paris« , c’est un très beau moment de cinéma. C’est un moment où l’esthétique, la musique et la mise en scène dégagent de la poésie dans un univers fabriqué loin de la facilité des fonds vert qu’on nous sert à longueur d’année. « Une sirène à Paris » tranche radicalement avec ce que l’on a l’habitude de voir dans le cinéma français. Mathias Malzieu sait très bien jouer et mélanger les genres, conjuguant très bien le fantastique, et cette belle histoire d’amour entre deux êtres solitaires qui se rencontrent et qui apprennent à se connaître, pour le meilleur et pour le meilleur.

Enfin, si « Une sirène à Paris« , c’est Rossy De Palma, Tchéky Karyo, Romane Bohringer ou Alexis Michalik, c’est surtout Nicolas Duvauchelle et Marilyn Lima qui forment là un duo des plus séduisants. Un duo plein de charmes, plein de poésies et surtout un duo qui trouve des personnages, certes pas si développés que ça, mais qui arrivent néanmoins à nous faire vibrer et nous donner l’envie de les suivre tout le temps et n’importe où.

L’année 2020 pour le cinéma français commence décidément très bien. Après des années et des années à nous avoir livré les mêmes films, les mêmes drames sociaux chiants ou les mêmes comédies lourdingues, cette année 2020, entre « Un vrai Bonhomme« , « La dernière vie de Simon« , « Play« , « Les traducteurs« , et prochainement « Miss » et aujourd’hui « Une sirène à Paris« , ça bouge et c’est très bien. Certes, le film de Mathias Malzieu est imparfait, il est parfois facile et d’autres fois niais, mais c’est surtout un film qui déborde de charme, d’amour et de poésie et il nous fait passer un très bon moment et ne serait-ce que pour cela, il mérite qu’on s’y déplace largement.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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