mars 3, 2021

Studio 54

Titre Original : 54

De : Mark Christopher

Avec Ryan Phillippe, Salma Hayek, Neve Campbell, Mike Myers

Année: 1999

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Drame, Musical

Résumé :

Vers la fin des années 70, sur la 54e rue de Manhattan, dans un ancien studio de télévision tombé dans l’abandon, surgit dans la vie nocturne new-yorkaise un lieu qui va vite acquérir le statut international de plus grande boîte de nuit de tous les temps. Le Studio 54, un lieu imaginé par Steve Rubell, un entrepreneur originaire de Brooklyn, devient l’âme et le symbole de son époque. Ce film évoque les grands moments de ce haut lieu des nuits new-yorkaises et toutes les personnalités qui l’ont fréquenté.

Avis :

Mark Christopher est un réalisateur américain dont la carrière, même s’il a fait quelques autres films, semble s’arrêter à un seul et unique film, « Studio 54« . Mark Christopher a commencé avec des courts-métrages au début des années 90. Le réalisateur peut même se vanter d’avoir réussi à sortir tous ses courts-métrages en salle. Puis est arrivé son célèbre « Studio 54« . Le film avait tous les ingrédients réunis pour lancer la carrière de son réalisateur, mais malheureusement, Mark Christopher va rester dans l’anonymat. Par la suite, il refera un film, « Pizza« , dont personne n’a entendu parler. De retour à la case court-métrage, peu à peu Mark Christopher disparaît et voilà plus de dix ans maintenant qu’on n’a plus de nouvelles du réalisateur.

« Studio 54 » est un film qui raconte une époque, une jeunesse, une insouciance. Pour son premier long-métrage, Mark Christopher a voulu faire revivre le cultissime « Studio 54« . Il a voulu raconter son ambiance, ses strasses, ses paillettes, son dancefloor, sa drogue, son alcool, son sexe et ses fêtes. Devenu presque culte depuis sa sortie, (le film a même eu le droit à une ressortie en salle parce qu’en director’s cut en 2015), « Studio 54 » demeure un film que j’apprécie dans son ensemble, malgré ses défauts. Offrant un moment de cinéma bourré de nostalgie et surtout d’amour pour l’époque et le lieu dont il parle, « Studio 54« , c’est le genre de petite comédie qui se laisse regarder et qui se laisse apprécier, même si cette dernière n’est pas, ou n’est plus, aussi marquante que cela.

New York, 1979, Shane O’Shea a dix-neuf ans, et il habite le New Jersey. Le jeune homme s’ennuie dans sa vie, il rêve d’ailleurs, d’autre chose, d’une vie plus mordante. Son rêve ultime n’est pas très loin, à quelques minutes de là, il rêve de la vie new-yorkaise. Un soir, il prend sa vie en main et avec des cousins, ils se rendent à Manhattan. Ce soir-là, voulant apercevoir la vedette d’un soap, il a la chance de pouvoir rentrer dans le mythique Studio 54. Dès lors sa vie en est changée…

« Studio 54« , c’est un film particulier, dans le sens où il demeure un film que j’apprécie, je pense, parce que je l’ai beaucoup regardé étant ado. Cela fait une bonne quinzaine d’années que je ne l’avais pas revu et aujourd’hui, à l’heure de la redécouverte avec mes yeux d’adulte, malgré le capital sympathie, malgré le sentiment d’amour pour l’époque et le lieu que dégage le film, il est vrai que « Studio 54 » est un film qui enchaîne pas mal de défauts et surtout c’est un film qui a une tendance à être totalement banal.

En fait, le principal défaut du film de Mark Christopher, c’est qu’il est beaucoup trop sage pour le célèbre studio new-yorkais. Si le scénario se laisse suivre sans souci, si la découverte du lieu, à première vue, est on ne peut plus sympathique, si l’ascension du personnage tenu par Ryan Phillippe a son attrait, le tout résonne comme assez vide parce qu’il manque à ce « studio 54« , une folie, une décadence de tous les instants, et peut-être même un extrême. Certes, le film de Mark Christopher aborde de très bons sujets, notamment la superficialité du lieu et des gens qui l’occupent. Le film parle aussi très bien de l’envie de gloire, de fête, et le rêve que procure l’idée même de ce vieux studio de télévision transformé en club par un génie qui est arrivé à en faire la boite la plus connue au monde. D’ailleurs, on regrettera que le film ne développe pas plus que cela Steve Rubell, l’homme qui se trouve derrière le studio.

Puis derrière tout ça, il y a une insouciance qui se dégage, il y a quelque chose de touchant qui parcours le film et surtout l’époque dans laquelle l’intrigue se passe. Il y a comme une facilité assez fascinante dans cette œuvre, un espoir où l’on pourrait devenir quelqu’un, même si ce n’est qu’un petit quart d’heure de gloire. Bref, on sent que Mark Christopher est amoureux de ces années-là, et peut-être que cet amour le pousse à fantasmer cette époque et ce lieu.

Du côté de la mise en scène, si l’ensemble du film se regarde avec un certain plaisir, on ne peut pas dire non plus que le film de Mark Christopher soit remarquable. Bien souvent pauvre, notamment quand il essaie de nous entraîner au cœur des fêtes du studio. On sent que le film n’a pas énormément de budget et que le metteur en scène cache le tout avec de petits trucs et astuces. Mais au-delà de ça, c’est surtout sa réalisation qui est finalement assez fade. Comme je le disais plus haut, le film manque de folie et de décadence, s’il y a bien quelques instants où l’ambiance décolle et le film se trouve être passionnant, il retombe presque systématique dans quelque chose de plus posé, de plus propre, pour aller presque jusqu’au film de teenagers.

Pour ce film, Mark Christopher a réuni un casting assez fou de jeunes premiers qui sont tous devenus par la suite des stars. Ryan Philippe, Neve Campbell, Salma Hayek, Mike Myers, Sela Ward, on y croise même Mark Ruffalo. Si les comédiens sont bons, il est vrai qu’on regrettera que le film ne creuse pas franchement ses personnages, présentant, certes, des personnages attachants, mais ils restent des stéréotypes dans leur genre, et ils s’éloignent assez peu de cette idée, ce qui est dommage.

« Studio 54 » est donc un film qui à la redécouverte n’est plus aussi génial que dans mon souvenir. Trop propre, trop lisse, même si parfois il arrive à dégager une belle ambiance. Empreint de nostalgie, bourré de fantasmes, malgré tous les défauts que l’on peut rencontrer au fur et à mesure de la projection, « Studio 54 » reste un film que j’apprécie dans son ensemble. Certes, le lieu, son créateur ou encore les gens qui l’on fait vivre, méritaient un autre traitement, un traitement plus en profondeur, mais je le redis, sur l’ensemble, finalement, le film reste appréciable, et l’on passe certes un petit, mais chouette moment de cinéma.

Note : 11/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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