octobre 29, 2020

Attic – Sanctimonious

Avis :

La famille du Heavy est grande. Tellement grande que parfois, il est compliqué de s’y retrouver et de savoir qui joue quoi tant il y a de monde et tant les thèmes brassés sont nombreux. Mais il est encore plus compliqué de se faire connaître dans ce genre, et pour cela, il faut avoir sa singularité, son identité propre. Attic est un groupe allemand qui s’est formé en 2010 et dont le Heavy tourne autour des thématiques sur le satanisme ou encore l’horreur. Des trucs un peu banals me direz-vous, ce qui n’est pas totalement faux, mais le groupe a une identité propre, la voix du chanteur qui se fait appeler Meister Cagliostro. En effet, ce dernier se pare de deux vocalises, une aigue qui fait penser à une bonne sœur succombant à Satan, et une plus grave qui pourrait être celle du diable. De ce fait, Attic essaye de construire ses albums autour d’une histoire, et Sanctimonious n’échappe pas à la règle, s’amusant avec l’église et les démons. Second album pour le groupe paru en 2017, Sanctimonious écope de bons retours, presque dithyrambiques, et il en fallait aussi peu pour que l’on jette un regard dessus. Et le résultat est foutrement bien sympathique pour peu que l’on passe la voix étrange du frontman.

Le skeud débute avec une introduction, Ludicium Dei, et il s’agit d’un très court morceau à l’orgue, qui met de suite dans l’ambiance. Entre atmosphère mortifère et chœur aigu qui semble souffrir l’agonie, Attic nous met rapidement dans le bain et pose ses intentions, faire un album concept qui va parler d’église, de satan, de sang et de bien d’autres joyeusetés. Sanctimonious démarre alors sur les chapeaux de roues, avec un riff assassin et bien senti, puis quelques petites notes qui viennent se crasher sur un break étouffant à la double-pédale. On pourrait se croire dans un gros Black qui tâche, mais pas du tout, puisque le chanteur commence par sa voix aiguë et alterne parfaitement entre deux sonorités qui se répondent. C’est dense, c’est puissant et surtout, ça impose une ambiance très prégnante. Avec A Serpent in the Pulpit, le groupe se calme un petit peu et va vraiment vers du Heavy pur jus. Plus accessible et pourtant tout aussi dense, le titre va montrer comment le groupe arrive à alterner les rythmiques et comment le chanteur essaye d’alterner ses voix, étant presque langoureux dans la voix de tête, faisant presque office de religieuse prête à l’abandon à Satan. Penalized quant à lui, sera un titre un poil plus thrash, plus court, plus rapide, mais tout aussi intéressant que les morceaux précédents car la rythmique est différente et pour autant, le groupe tient parfaitement la barque. Avec Scrupulosity, on entame un interlude démoniaque, toujours à base d’orgue, avant de partir sur Sinless, gros moment Heavy qui se lance rapidement et laisse peu de répit, avec de superbes solos de grattes aériens et parfaitement posés. Die Engelmacherin sera un peu la pièce maîtresse de l’album, long de sept minutes et sans aucun temps morts, avec une ambiance incroyable.

Pour marquer la seconde moitié de l’album, Attic remet sur la table un interlude avec A Quest for Blood, qui trouvera des réponses dans le titre suivant, The Hound of Heaven. Démarrant en trombe avec un superbe solo de gratte tandis que la seconde lui répond pour la rejoindre et former ainsi la rythmique du titre, le morceau tient une mélodie très entêtante et le groupe offre quelque chose de technique, mais de très efficace, et de finalement assez accessible. On Choir Stalls sera peut-être un peu moins marquant car on sent une certaine redite et le groupe commence un peu à tourner en rond. Fort heureusement, Dark Hosanna va mettre tout le monde d’accord. Sorte de ballade nébuleuse et très sombre, le groupe démontre son talent pour mettre en avant des situations désespérées et pourtant touchantes et belles. C’est avec ce titre que le groupe marque des points, car il place un titre protéiforme très prenant et complètement réussi sur la forme. Born From Sin rejoindra la liste des titres nerveux et denses qui composent cet album, et There is no God clôturera cet effort de la plus belle des façons, avec un titre puissant, long et qui synthétise parfaitement tout l’album. Le seul petit problème que l’on pourra noter au niveau de cet album, c’est qu’il peut paraître par moments un poil redondant et quelques fois trop long. Si les compositions sont très bien fichues, on a parfois l’impression d’entendre des sonorités qui reviennent et cela peut devenir gênant après plusieurs écoutes successives.

Au final, Sanctimonious, le dernier album d’Attic, groupe de Heavy allemand trop peu connu, est une jolie réussite. Malgré quelques phases un peu ennuyeuses et des titres qui sont trop longs, le groupe fournit un travail d’une rare densité et essaye de créer une grosse ambiance, entre horreur et satanisme. Bref, c’est un album à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui vaut néanmoins le coup d’oreille pour les fans de Heavy et d’ambiance diabolique.

  • Ludicium Dei
  • Sanctimonious
  • A Serpent in the Pulpit
  • Penalized
  • Scrupulosity
  • Sinless
  • Die Engelmacherin
  • A Quest for Blood
  • The Hound of Heaven
  • On Choir Stalls
  • Dark Hosanna
  • Born From Sin
  • There is no God

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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