Madball – For The Cause

Avis :

Fondé à la fin des années 80, Madball fait aujourd’hui partie des gros groupes américains de Hardcore qui fonctionnent à plein régime. En même temps, il était difficile de penser autrement, tant Freddy Cricien, le chanteur et leader du groupe, est indissociable de cette scène un peu underground, notamment dans le milieu newyorkais, puisqu’il est le petit frère du chanteur d’Agnostic Front et que ce dernier l’a fait monter sur scène alors qu’il n’avait que sept ans. Un destin tout tracé pour Freddy Cricien donc, et Madball va vite devenir une référence dans le genre. Une référence qui va naître dans les années 90, avec pas moins de cinq albums jusqu’en 2000, puis un petit hiatus qui durera cinq années avant de ressortir un nouvel album en 2005. Pour leur trente ans d’existence, le groupe a eu la bonne idée de sortir un dixième album, For the Cause, qui arrive quatre ans après Hardcore Lives, un excellent titre qui marquer une grande forme pour la formation. Avec ce nouvel effort, le groupe se conforte dans cette image de Hardcore américain puissant, qui va droit au but et qui a des choses à dire sur une société qui part à vau l’eau. Toujours aussi brut, toujours aussi concis, For the Cause est un très bon album malgré sa courte durée.

Car oui, Madball n’en est pas à son coup d’essai et ce dixième opus contient pas moins de douze titres pour un tout petit peu plus d’une demi-heure d’écoute. Autant dire que les morceaux sont courts, n’allant que très rarement dans les trois minutes, et l’ensemble se suit avec une fougue communicative et une envie de se dénouer la tête à force de faire du headbang. La galette commence avec Smile Now Pay Later et c’est l’un des plus longs morceaux de l’album, dépassant allègrement les trois minutes. D’entrée de jeu, la batterie montre une envie d’en découdre et les riffs se lancent en même temps qu’un petit grognement de la part du chanteur. C’est lourd, c’est vif, ça tape fort et même si on a connu des rythmiques plus rapides, on reste dans un hardcore qui ne fait pas dans la dentelle et qui n’enfile pas les perles. Rev Up sera l’un des meilleurs titres de l’album, contestataire en diable et donnant envie de commencer illico une putain de révolution. L’énergie est communicative et le morceau donne vraiment une patate incroyable. Freight Train est dans le même moule, allant droit au but, ne s’embêtant pas avec un enrobage qui aurait été inutile et ça donne vite envie de sauter dans tous les sens. Tempest sera un titre qui marquera un peu moins les esprits, certainement parce qu’il est moins percutant que les autres titres, malgré un refrain plus marqué et plus catchy. Old Fashioned sera par contre bien bourrin avec de gros riffs assassins et possède une rythmique diabolique. La moitié de l’album se termine avec Evil Ways, un titre qui dure moins d’une minute mais avec Ice-T en invité et c’est drôlement bien, mélangeant alors Madball à Bodycount !

La seconde moitié démarre avec Lone Wolf et c’est un titre sympathique, dans la veine de ce que fait Madball, mais ça manque d’originalité pour le coup et du coup, ça reste un titre qui s’oublie assez vite malgré son énergie dévastatrice. On prendra plus de plaisir avec Damaged Goods et ces airs de Thrash bien virulent dans son départ. Le morceau reprend ses droits Hardcore par la suite et ça tabasse bien. Survient alors The Fog avec Tim Armstrong, le chanteur mythique de Rancid et le titre déménage bien, s’offrant même une petite introduction un peu punk sur les bords et étrangement, cela sied bien à Madball qui varie alors son répertoire et se permet quelques dérapages controlés dans un Punk puissant et granuleux. L’ensemble fonctionne parfaitement malgré un rythme très scandé, mais globalement, c’est de la bonne. Es Tu Vida est un titre en espagnol d’une puissance folle, qui montre que cette langue latine s’allie parfaitement au Hardcore, ça pulse, c’est gras et ça fout une pêche d’enfer. L’un des meilleurs titres de l’album, c’est certain. For You permettra au groupe de sortir un peu de sa zone de confort, s’octroyant le droit à un rythme plus doux malgré des riffs toujours aussi lourds. Ici, on est presque dans une ballade, mais une ballade à la Madball avec un refrain en chœur, fédérateur et qui fait penser à ces morceaux qui donnent de la ferveur à tout un peuple. Enfin, le groupe clôture son album avec For the Cause, et c’est d’une façon tonitruante que l’on quitte le groupe, avant de faire une partition reggae sur le final, avec une voix féminine.

Au final, For the Cause, le dernier album en date de Madball, est une belle réussite. Court, concis, tout en étant technique dans certains solos et essayant de varier en allant chercher du côté du Punk ou du Thrash, le groupe se fait plaisir et fait plaisir à son public, ne perdant jamais sa verve et son énergie. Bref, un très bon album qui donne une patate infernale et pourrait certainement remotiver les morts.

  • Smile Now Pay Later
  • Rev Up
  • Freight Train
  • Tempest
  • Old Fashioned
  • Evil Ways feat Ice-T
  • Lone Wolf
  • Damaged Goods
  • The Fog feat Tim Armstrong
  • Es Tu Vida
  • For You
  • For the Cause

Note : 16/20

Par AqME

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