Alter Bridge – Walk The Sky

Avis :

Tous les trois ans, c’est le rythme que semble s’imposer Alter Bridge pour sortir un nouvel album. Depuis 2004, le groupe fondé par les anciens de Creed avec le chanteur Myles Kennedy s’évertue à sortir un effort tous les trois ans, se laissant alors le temps de faire des projets personnels à côté. Un album solo et trois albums avec Slash, le guitariste des Guns n’Roses, pour Myles Kennedy. Trois albums solos pour Mark Tremonti, guitariste soliste de Creed et d’Alter Bridge et qui prouve par la même occasion qu’il a aussi une superbe voix. Bref, Alter Bridge peut laisser à penser à un side project un peu foireux, mais depuis maintenant quinze ans, la formation a pu prouver à maintes reprises qu’elle était plus que sérieuse. Après cinq albums relativement solides et avec une excellente presse, le groupe américain est de retour cette année avec Walk the Sky, sixième effort et… première semi-déception. En effet, si l’album est loin d’être mauvais, il ressemble à un projet forcé, fait à la va-vite et dans lequel le groupe essaye de mettre tout ce qu’ils ont déjà fait par le passé. On se retrouve donc face à un album hybride, qui ne choisit pas vraiment entre violence et douceur et qui, au final, déçoit par son manque de prise de risque et de hargne.

Première pour le groupe, l’album débute avec une introduction, One Life, qui n’apporte rien à l’ensemble, même pas forcément l’envie d’aller plus loin, puisqu’on ne ressent aucune tension ou aucune nouveauté. Ce n’est pas très grave, puisque ça dure à peine plus d’une minute, et Wouldn’t You Rather, premier tube du skeud, est une belle réussite. Mark Tremonti fait rapidement parler la poudre avec des riffs lourds et assassins et on retrouve vraiment l’âme d’Alter Bridge. Le morceau est nerveux, le refrain hyper catchy et le tout fonctionne à merveille. Le soufflé va quelque peu redescendre avec In the Deep. Malgré un début tonitruant, on va vite se rendre compte qu’en prônant un rythme plus rapide, les couplets s’affaiblissent et on se retrouve face à un titre sympathique, mais complètement anecdotique qui ne se base que sur la voix de Myles Kennedy et un refrain efficace qui reste immédiatement en tête. C’est un peu léger, mais passe encore, ça fonctionne. Ce qui ne sera pas forcément le cas avec Godspeed qui arrive juste derrière. Plus léger, plus mollasson, Alter Bridge fournit une sorte de ballade en mid-tempo qui manque de hargne mais aussi de sentiment et d’émotion. On ne ressent rien si ce n’est l’envie de chanter le début du refrain. Mais globalement, c’est faible, surtout pour un groupe comme celui-ci. Native Son va redresser la barre, revenant à un rythme plus vivace avec des riffs gras surpuissants et une forte envie d’en découdre pour dépeindre un monde dans lequel on ne se reconnait plus. Quant à Take the Crown et Indoctrination, si les riffs sont puissants, à l’image du groupe, le refrain est trop gentil et le tout manque parfois d’une verve, d’une envie de réellement marquer les esprits.

Pour attaquer la seconde moitié de l’album, le groupe nous offre The Bitter End (qui n’a rien à voir avec un morceau de Placebo) et le morceau est complètement transparent. C’est un peu triste à dire, mais il fait partie de ces titres qui ne restent pas en tête, qui manquent de carrure et qui font clairement office de bouche-trou. Pourtant, le morceau n’est pas désagréable, il se fait même grandiloquent par moments, mais il reste anecdotique. Fort heureusement, le groupe se rattrape un peu avec Pay no Mind qui bénéficie d’un début presque étrange pour le groupe, mélangeant des sonorités électro avec des riffs assez puissants. Mais c’est surtout le refrain qui rentre rapidement en tête et qui va permettre au titre de prendre de l’ampleur. Si cela reste sympathique, on est quand même loin des précédents albums. Forever Falling va faire redescendre le tout, car comme pour plusieurs titres au sein de l’album, ça manque de puissance, de volonté de faire mal ou de présenter un Mark Tremonti puissant et imposant. Ici, seule Myles Kennedy prend de l’amplitude sur le refrain, mais il manque une certaine osmose dans cet album. Clear Horizon permettra au groupe de se refaire après une introduction un peu molle, mais par la suite, ça démarre sans jamais s’arrêter et ça tape bien. Quant à Walking on the Sky, les guitares retrouvent de leur aura, malgré un riff dans le refrain qui ressemble énormément à celui de Bring me the Horizon dans le titre Wonderful Life. Cela n’est pas forcément dérangeant tant les deux morceaux n’ont rien à voir, mais on a quand même connu Alter Bridge plus inspiré. Tear us Apart sera le titre un peu ballade rock de l’album et c’est plutôt bien exécuté. Quant à Dying Light, il s’agit d’un gros morceau, assez long, à la fois touchant et puissant qui clôture de la plus belle des façons cet album.

Au final, Walk the Sky, le dernier effort d’Alter Bridge, reste tout de même une petite déception. Si certains titres sortent du lot et s’avèrent fortement plaisants, d’autres sont complètement transparents, ne montrant ni le talent de Tremonti, ni celui de Kennedy. Bref, un album qui semble fait à la va-vite après une année 2018 très prolifique pour le chanteur, après un album avec Slash et un autre en solo. En espérant que le groupe ne soit pas en perte d’inspiration et qu’ils repartent sur de bons rails la prochaine fois.

  • One Life
  • Wouldn’t You Rather
  • In the Deep
  • Godspeed
  • Native Son
  • Take the Crown
  • Indoctrination
  • The Bitter End
  • Pay no Mind
  • Forever Falling
  • Clear Horizon
  • Walking on the Sky
  • Tear us Apart
  • Dying Light

Note : 14/20

Par AqME

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