Architects – Holy Hell

Avis :

Souvent décrié par la sphère de ceux qui se considèrent comme les vrais « métalleux », le Metalcore est pourtant un genre qui se répand de plus en plus et qui a tendance à attirer un public plus jeune, plein de fougue et de sautillements dans la fosse. Plusieurs groupes se partagent alors la scène, et on retrouvera pas mal de formations britanniques, comme Bring me the Horizon (qui depuis a malheureusement changé son fusil d’épaule et on a envie de pleurer) et surtout Architects. Formé au début des années 2000, Architects est originaire de Brigthon et va rapidement se faire un nom en signant notamment chez Century Media puis par la suite chez Epitaph. Fort d’un succès assez percutant pour le Metalcore, le groupe va pourtant subir plusieurs coups durs, dont le plus impactant, le décès du jeune guitariste Tom Searle à l’âge de 28 des suites d’un cancer qu’il tentait de combattre depuis trois ans. Et continuer à vivre après une perte comme celle-ci, c’est très compliqué, mais le groupe recrute Josh Middleton et décide de continuer, et de même rendre hommage à leur ami perdu. Avec Holy Hell, huitième effort studio du groupe, Architects livre une œuvre touchante, vibrante, fidèle à son passif tout en  brassant des thématiques matures comme la mort et le fait de continuer à vivre malgré tout.

Le skeud débute avec Death is not Defeat, un titre qui fait bien évidemment écho à la mort de leur guitariste solo. Les violons sont de sortie dès l’intro, avec un chant crié en fond, pour ensuite fournir un léger chant clair avant de lâcher la bride et de vraiment partir sur les chemins balisés du Metalcore pur jus. Néanmoins, et au même titre que le dernier album de Korn (The Nothing), cet effort possède une histoire et c’est un peu ce qui est raconté ici. Si le chant est violent, les riffs et la mélodie sont plutôt doux et l’ensemble est finalement intéressant. On aura bien évidemment droit à des passages bien lourds, proche du Djent dans la façon de taper les cordes, et on nage carrément en terrain connu. Cette mélancolie et cette violence vont de toute façon se côtoyer tout au long de l’album. Hereafter sera construit dans le même moule, le morceau débutant avec du chant clair et un léger son électro avant de lâcher la bride et fournir des riffs de malade mental, laissant l’auditeur sur le cul. Le chant de Sam Carter envoie du lourd et il ne s’économise pas une seule seconde, si ce n’est sur un refrain plus marqué et moins puissant que le reste, mais ajoutant finalement une belle pointe de mélancolie. Mortal After All fait un poil dans la redite sur son introduction, mais va vite partir dans une violence accrue et une volonté de taper là où ça fait mal. Rapide et puissant, le morceau va droit au but et ne mâche pas ses mots. Quant à Holy Hell, le mélange violon et chant crié au départ laisse sur une envie de vite monter dans les tours, mais globalement, même si puissance il y a, c’est finalement moins lourd que certains autres titres qui laissent sans voix. Damnation fera partie de ces morceaux un peu générique et pas si important que cela dans l’album, malgré sa puissance.

La seconde moitié de l’album débute avec Royal Beggars, qui est clairement l’un des meilleurs titres de l’album. Alternant parfaitement le chant clair et éthéré avec un chant crié surpuissant, Sam Carter se fait vraiment plaisir et montre les deux facettes du groupe, à savoir une tendance à la mélancolie doucereuse et une volonté de frapper fort pour parler de certains malaises. Le titre est vraiment excellent et s’avère être l’un des plus marquants de l’album. Modern Misery sera l’un des titres les plus violents de l’album, délaissant complètement le chant clair pour ne faire que du chant crié avec des riffs assassins qui tabassent bien. On aura bien droit à un pont plus doux, mais qui ne dépassera pas les quelques secondes avant de repartir de l’avant. Dying to Heal, malgré des paroles intéressantes, n’ira pas plus loin que le morceau un peu générique qui est sympathique, mais qui ne marque pas parce qu’il manque tout simplement d’un moment fort. The Seventh Circle fera alors office d’interlude avant d’attaquer l’énorme Doosmday. Morceau phare de l’album et premier clip à être sorti après le décès du guitariste, ce titre montre tout le talent du groupe, pour mélanger les sonorités et faire de la violence tout un art, à la fois touchant et rude, doux et rugueux. Le titre est un immanquable de cet album et certainement le moment le plus fort et émotionnellement parlant, le plus touchant. Enfin, le groupe termine son album avec A Wasted Hymn, qui change un peu dans son introduction, ne fournissant que du chant clair, gardant une mélancolie langoureuse avant de donner dans un chant plus puissant, mais gardant un air aérien et tout simplement beau.

Au final, Holy Hell, le dernier album en date d’Architects, est une belle réussite et un superbe hommage à leur ancien ami aujourd’hui emporté par la maladie. Le groupe se repose parfois sur ses lauriers, mais arrive toujours à fournir de la nouveauté, mais surtout, de l’émotion, dans un sous-genre qui laisse toujours plus de place à la violence. L’équilibre est difficile à atteindre, et pourtant, Architects est un funambule sûr de lui qui fonce les yeux fermés et livre une belle galette, continuant à vivre malgré tout, malgré la mort et le destin.

  • Death is not Defeat
  • Hereafter
  • Mortal After All
  • Holy Hell
  • Damnation
  • Royal Beggars
  • Modern Misery
  • Dying to Heal
  • The Seventh Circle
  • Doomsday
  • A Wasted Hymn

Note : 16/20

Par AqME

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