octobre 27, 2020

L’Héritier

De : Philippe Labro

Avec Jean-Paul Belmondo, Carla Gravina, Jean Rochefort, Charles Denner

Année : 1973

Pays : France, Italie

Genre : Drame

Résumé :

Fils à papa et playboy renommé, Cordell se retrouve à la tête d’un véritable empire à la mort de son père. Pas vraiment préparé pour être un homme d’affaires, Cordell va devoir faire ses preuves…

Avis :

Philippe Labro est un écrivain, journaliste et réalisateur français. S’il est plus connu en tant qu’écrivain, profession qu’il exerce en premier, et dont il recevra en 1988 et 1990, le Prix Goncourt, Philippe Labro est donc aussi réalisateur. Au cours de sa carrière, il va réaliser peu de films, huit sur un peu moins de vingt ans, mais où tous ou presque ont été des succès au box-office français. Et son plus gros succès, c’est le film dont on va parler aujourd’hui, « L’héritier » et ses plus de deux millions d’entrées.

« L’héritier« , malgré son succès, est un film dont je n’avais jamais entendu parler. D’ailleurs, à titre personnel, je connais plus Philippe Labro comme écrivain que réalisateur, d’ailleurs, quand je survole sa filmographie, aucun des titres ne me parlent. J’étais donc curieux de découvrir un film de l’écrivain, puis au-delà de ça, j’étais surtout curieux de découvrir « un nouveau » film avec Jean-Paul Belmondo et bien m’en a pris, car si le film ne fut peut-être pas aussi extraordinaire que je l’aurais voulu, j’ai toutefois passé un bon moment devant ce petit drame financier aux allures d’enquête. Le film sera parfois un peu tiré par les cheveux, et d’autres fois, il sera cousu de fils blancs, mais sur l’ensemble, le tout se laisse regarder avec plaisir, et même un pointe de suspens.

Drame absolu dans le monde de l’acier, Hugo Cordell, immense chef d’entreprise, meurt tragiquement dans un accident d’avion. Son héritier, Bart Cordell, n’était pas en bons termes avec son père. Flamboyant playboy, pour Mr Cordell, il n’était pas l’homme de la situation. Bart se retrouve donc à la tête d’un empire. Revenant de New York, où il a laissé femme et enfant, il vient pour planifier la succession et surtout, il vient pour enquêter sur la mort de son père qu’il trouve suspecte. Bart ne le sait pas encore, mais il se lance dans une enquête dangereuse, qui va révéler bien des secrets.

« L’héritier« , c’est le genre de film que j’ai voulu découvrir parce que son affiche a quand même beaucoup de classe. N’étant pas le meilleur film dans lequel Jean-Paul Belmondo s’est illustré, « L’héritier » demeure un film tout ce qu’il y a de plus respectable. Philippe Labro livre un film qui a ses zones d’ombre et ses zones lumineuses, et quand on fait la balance des deux, finalement, même si le film aurait pu être mieux, on passe toutefois un bon moment de cinéma devant cet « … héritier« .

« L’héritier« , c’est tout d’abord un Jean-Paul Belmondo excellentissime, bien loin de ses rôles populaires. D’ailleurs, le film en lui-même ne s’inscrit pas dans la catégorie des gros divertissements populaires que l’acteur faisait à l’époque.

« L’héritier« , c’est un scénario qui a ses bons côtés, notamment quand il s’arrête sur les arrières de la finance. De plus, « L’héritier » nous entraîne presque inexorablement vers ce final, qui est d’une jolie perfection. Un final fort et marquant. Dans un sens, c’est prenant, c’est intriguant et on se plaît à suivre cette enquête. Toujours dans les bons côtés, il faut noter la sublime BO de Michel Colombier. Une BO très marquée par son époque et c’est un vrai plaisir à écouter, en plus que le tout habille très bien le film.

Enfin, si Bébel est excellent, il faut aussi retenir tous les comédiens qui l’entourent et qui trouvent tous de bons rôles. Jean Rochefort, Carla Gravina, Charles Denner, Maurice Garrel, Jean Desailly, Maureen Kerwin… Ce casting est beau et solide.

Mais voilà, comme je le disais aussi plus haut, « L’héritier« , c’est aussi des zones d’ombre et le premier élément qui me vient c’est la confusion de son scénario, car si dans l’ensemble, ce dernier tient bien la route, il est aussi parcouru de flashbacks qu’on ne comprend pas bien. On se demande ce qu’ils viennent faire ici. Souvent très mal placés, ils m’apportent rien à l’intrigue. Ensuite, il y a toujours du côté du scénario cette histoire avec les nazis qui est quelque peu tirée par les cheveux. Et toujours de ce côté-là, malgré un certain suspens d’un côté, le film est cousu de fils blancs et l’on se doute très vite du nom des coupables. Heureusement et malheureusement, le film joue la carte du suspens sur le pourquoi et c’est là que ça devient tiré par les cheveux.

Ensuite, s’il est indéniable que le film a son charme, il faut noter quand même qu’il a pris un coup de vieux et que parfois, le tout a tendance à nous sortir de l’intrigue. Bon, on y retourne bien vite, parce que Bébel, parce que la musique, parce que certaines répliques ou encore sur l’ensemble l’intrigue tient la route.

« L’héritier« , avec ses défauts et ses qualités, demeure néanmoins un film sympathique que j’ai pris plaisir à découvrir. Le tout n’était peut-être pas aussi intense et bon que je l’aurais voulu, mais entre pour et contre, je reste satisfait de m’y être arrêté. Quelque peu tombé dans l’oubli, « L’héritier » de Philippe Labro mérite d’être redécouvert.

Note : 12/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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