juin 22, 2021

Et l’Homme Créa la Femme

Titre Original : The Stepford Wives

De : Frank Oz

Avec Nicole Kidman, Matthew Broderick, Bette Midler, Jon Lovitz

Année: 2004

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Science-Fiction

Résumé :

Joanna est une femme à qui tout réussit : un mari aimant, deux beaux enfants, une vie parfaite. Mais, un jour, le rêve s’effondre. Joanna perd son poste et découvre que son mariage bat de l’aile.
Joanna et son mari quittent alors New York et s’installent dans la banlieue résidentielle de Stepford, dans le Connecticut. Stepford paraît sortir d’un conte de fées, avec ses vastes et coquettes maisons, ses pelouses manucurées, ses rues tranquilles d’une propreté immaculée et ses femmes, d’une beauté irréelle, avec leur visage lisse, éternellement souriant, leurs mensurations dignes d’un magazine sur papier glacé.
Joanna s’étonne de les voir toutes aussi douées pour la cuisine que pour repeindre la maison, passer la tondeuse, jouer avec leurs gosses et accueillir leur mari dans d’affriolantes lingeries sexy. Elle et sa nouvelle copine, l’effervescente Bobbie, se posent des questions…

Avis :

Frank Oz est un réalisateur et comédien britannique. Réalisateur discret qui a surtout connu son heure de gloire dans les années 80, notamment avec des films comme « Dark Crystal » ou « La Petite Boutique des horreurs » qui est aujourd’hui culte. Frank Oz, c’est l’homme qui se trouve derrière les comédies que sont « In and Out » ou encore son dernier film en date, sorti en 2007, l’hilarant « Joyeuses Funérailles« .

Avant dernier film du réalisateur, trois ans avant de nous éclater avec son « Joyeux funérailles« , Frank Oz nous embarquait dans une satire feutrée. Une satire teintée de fantastique et un brin de loufoquerie. « Et l’homme créa la femme » est un remake de « Les femmes de Stepford » réalisé par Bryan Forbes et sorti en 1975. Défoncé par la presse, boudé par le public, le film de Frank Oz est pourtant une comédie plaisante et amusante qui, sans qu’elle soit parfaite, est bien loin du navet dont on a tant entendu parler.

Joanna a tout réussi dans sa vie. Mariée, mère de deux enfants, Joanna est avant tout une femme d’affaires qui dirige une production télé avec énergie, fermeté et habileté. Enfin habileté, ce n’est pas vraiment sûr, car après avoir eu l’idée d’une émission, le soir de la présentation du premier épisode, la soirée tourne au drame, et l’un des candidats du show télé, considérant sa vie détruite, décide d’abattre Joanna. Un coup de chance pour la PDG, le candidat la manque. Mais cet acte va alors « briser » sa vie. Virée manu militari, Joanna se retrouve au chômage et en dépression. Son mari, ne pouvant la voir comme ça, décide d’éloigner la famille de la ville et c’est ainsi que ces new-yorkais arrivent dans le calme et bien-être de Stepford, une ville au charme peut-être trop beau pour être vrai…

Comédie résolument féministe, « Et l’homme créa la femme » est un film qui sait amuser et divertir. C’est un film qui est un joli mélange, passant de la comédie à la satire, pour revenir au fantastique, le tout servi avec une réflexion aussi intéressante qu’elle est amusante sur les rapports hommes-femmes, le féminisme et le machisme.

Si on lui reprochera un visuel parfois très kitschouille, des effets spéciaux qui ne sont pas fameux, ou encore un côté vieillot dans l’ensemble, pour le reste, « Et l’homme créa la femme » offre vraiment de quoi s’amuser.

On retiendra la mise en scène très colorée qui s’amuse des clichés de l’image parfaite, de l’american dream poussé à son paroxysme. Les décors sont géniaux, les costumes aussi, les couleurs sont pastels, feutrées, et malgré le fait que le film puisse apparaître comme kitsch à certains moments, ces choix donnent un très bel univers dans le fond.

On retiendra la sublime BO de David Arnold et David Mansfield. Une BO qui donne des airs de production Tim Burtonienne, et d’ailleurs, fait étonnant, Tim Burton a longtemps été pressenti pour mettre en scène ce remake.

On retiendra aussi les comédiens qui, même si pour certains on les a vus en meilleure forme, comme Christopher Walker ou Matthew Broderick, il restera le trio très drôle formé par Nicole Kidman, Bette Midler, et Roger Bart. Les trois nous amusent et c’est un petit plaisir de découvrir Stepford et les femmes de la ville à travers leurs yeux choqués et outrés. Il faut aussi noter que Glenn Close, en parfaite femme d’intérieur et modèle, est parfaite dans ce rôle. Parfaite et même touchante à un certain moment donné, ce qui n’était vraiment pas gagné avec ce genre de film.

Mais voilà, entre qualités et défauts, ce qui séduit, amuse et fonctionne le mieux dans « Et l’homme créa la femme« , c’est son intrigue et l’idée même du film. Dans ce film, l’homme qui veut un monde meilleur, se la joue dieu tout-puissant, et s’offre des femmes sublimes et soumises pour ses petits soins, traînant au club entre mecs. L’idée est aussi intéressante qu’elle est un peu tordue et Frank Oz sait bien s’amuser avec cette idée à travers son film. « Et l’homme créa la femme » s’aventure avec cette idée sur les chemins de la satire. Une satire qui critique aussi bien l’American Dream que la vision de l’homme et de la femme. Souvent drôle, souvent cocasse, parcouru parfois d’un humour noir qui peut mettre mal à l’aise tant le réalisateur a poussé les caricatures, « Et l’homme créa la femme » séduit (me séduit) plus qu’il agace et finalement, on passe certes un petit, mais agréable moment devant.

Tout n’est donc par parfait, mais le film de Frank Oz ne mérite pas toutes les horreurs qu’on a pu lire à droite et à gauche à son sujet. Ayant du fond, amusant aussi bien dans son intrigue que dans sa forme, cette petite comédie mérite qu’on s’y intéresse.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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