Schizo

Titre Original : Playroom

De : Manny Coto

Avec Lisa Aliff, Christopher McDonald, James Purcell, Jamie Rose

Année : 1990

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un archéologue, hanté par des cauchemars lui faisant revivre les meurtres de sa famille, décide de retourner sur les lieux pour dénicher le tombeau d’Ilok, un prince serbe qui fut assassiné à 14 ans et dont le passe-temps favori était la torture. Très vite, le fantôme d’Ilok va venir hanter l’archéologue.

Avis :

L’horreur est un genre prolifique depuis de nombreuses années et on trouve parfois des bizarreries très Z qui traînent un peu partout dans les magasins d’occasion, dans les bacs à un euro, mais aussi dans les vide-greniers. L’occasion rêvée alors de trouver de petites pépites aujourd’hui oubliées, ou de très mauvais films que l’on a envie de regarder par simple curiosité morbide ou par nécessité d’avoir son lot de crasseries pour la journée. Le plus étonnant, quand on regarde des films oubliés des années 70 à aujourd’hui, c’est que parfois, on tombe sur des noms connus. Si on sait que Johnny Depp a débuté dans Les Griffes de la Nuit ou que Leonardo DiCaprio a fait son entrée dans le septième avec Critters 3, d’autres acteurs, moins connus, ont débuté dans d’autres branches. Ce qui est un peu le cas de Jackie Earle Haley. Pour ceux qui ne savent pas qui est ce bout en train, c’est l’acteur derrière le masque de Rorschach dans Watchmen de Zack Snyder, et le Freddy tout cheap du remake de 2010. Et cet acteur a fait ses débuts au cinéma alors qu’il n’était qu’un enfant, puis il s’est ensuite mis à l’écriture de scénario, dont ce Schizo, livré dans un DVD digne d’une VHS poncée mille fois et roulée dans la saumure. Pour autant, pas besoin d’avoir une qualité exceptionnelle pour ce nanar qui se veut glauque, mais qui est tout simplement ridicule.

On a d’ailleurs bien du mal à croire que c’est Jackie Earle Haley derrière l’écriture de ce scénario qu’un enfant de dix ans pourrait écrire. Ici, un jeune archéologue qui a perdu sa famille dans un massacre, décide de reprendre les recherches de son père et de retourner sur les lieux du crime. Avec sa chérie, un ami photographe et la copine de ce dernier, il s’arrête en Europe pour retrouver le tombeau d’Ilok, un prince tué à 14 ans car trop avide de torture. Bien évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu, le « héros » en question devenant obsédé par sa recherche et il va commencer un jeu de massacre avec ses amis. Bref, c’est très classique et c’est terriblement con. Déjà, les réactions des personnages ne sont pas logiques. La femme voit bien son homme devenir un peu plus fou de jour en jour, mais elle ne fait rien. Il en va de même avec l’autre couple qui ne pense qu’à baiser, dans un lieu répugnant qui n’a ni queue ni tête. Un scénario qui se perd dans ce qu’il veut raconter, mettant en avant un fantôme, qui va passer un collier pour ensorceler l’archéologue, mais qui prend forme sur la fin en une sorte de zombie d’enfant qui mange ses crottes de nez. La finesse, ce n’est pas le mot qui définit le mieux Schizo.

On pourrait même dire que le film accumule les tares, aussi bien dans l’histoire qui ne brasse que du vide et n’aborde même pas la thématique de l’obsession ou de la filiation, que dans sa mise en scène, d’une noirceur qui force presque le respect. C’est-à-dire que le film est tellement sombre, dans son éclairage, que l’on ne voit rien du tout. A un tel point, que même les noms des acteurs, scénariste, réalisateur, ne se voient pas sur le DVD. Le choix du violet foncé sur un fond noir éclairé à la torche n’est pas forcément une bonne idée. On ne voit que dalle de tout le film, et le montage, épileptique à souhait et faisant des ellipses dans tous les sens, n’aide pas à la compréhension de l’ensemble. Tous les meurtres seront en hors-champ et certains frôleront le ridicule, comme ce moment où le tueur craque des allumettes entre les doigts d’un type suspendu et que ce dernier ne se défend même pas, s’empalant quelques mètres plus bas. C’est très moche, peu inspiré (on utilisera même deux fois le même outil de torture) et l’ensemble est d’une ringardise folle. Très clairement, seule l’animation de la poupée sur la fin est sympathique, malgré le fait qu’elle bouffe ses crottes de nez et ricane tout le temps.

On pourrait déblatérer des saloperies pendant des heures sur un tel film. L’ambiance n’est pas soignée et mélange tout et n’importe quoi. Les personnages se retrouvent dans une sorte d’abbaye qui fait moderne, mais à l’intérieur, on est à même la roche. L’espace est super mal défini avec des personnages qui trouvent de nouvelles pièces sans trop se poser de questions. Certains iront même dans la salle des tortures avec plaisir, pensant tirer un coup dans un lieu si glauque. Et puis toutes ces bougies, qui les a allumé ? Ceci dit, ce n’est pas plus mal, on voit un peu mieux ce qu’il se passe. Dans le DVD, il n’y a que la version française, qui est risible au possible, mettant en avant la non envie des doubleurs pour ce film de seconde zone dont le réalisateur, Manny Coto, s’arrêtera au début des années 2000 pour finalement devenir producteur de séries. En fait, Schizo est symptomatique des films d’horreur des années 90 sans budget. Une histoire branlante, une mise en scène rachitique, un lieu de tournage en Europe de l’Est, quelques éléments perturbateurs comme ce fou qui sort de l’asile, et on obtient alors un métrage qui devait remplir les rayons des vidéo clubs et sustenter quelques amateurs de bis ou de Z. En gros, ça coûte que dalle, ça rapporte un peu et les producteurs ont toujours l’espoir d‘un succès inattendu, ce qui ne sera pas le cas ici.

Au final, Schizo est une énorme bouse. Film destiné à un public amateur d’hémoglobine et d’histoires horrifiques, Manny Coto en fait un objet d’une incroyable crasse, n’arrivant jamais à sortir de ce manque d’éclairage et de cette histoire sans queue ni tête. Complètement aux fraises quand il faut mettre en avant des meurtres ou une créature menaçante, à côté de la plaque sur la mise en scène ou la direction d’acteur, on peut aisément comprendre pourquoi le film a sombré dans l’oubli et qu’aucun éditeur n’ait pensé à en faire une réédition.

Note : 02/20

Par AqME

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