Kickboxer

De : Mark DiSalle et David Worth

Avec Jean-Claude Van Damme, Dennis Alexio, Dennis Chan, Michel Qissi

Année : 1989

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Kurt Sloane souhaite venger son frère Eric, paralysé à vie par le terrifiant Tong Po lors d’un combat de kickboxing. Le souci, c’est que Kurt ne sait pas se battre. Il lui faudra apprendre les rudiments de ce sport auprès du vieux sage Xian Chow.

Avis :

Parmi les Action Heroes des années 80, Jean-Claude Van Damme tient une place de choix. Tout d’abord parce qu’il est belge et qu’il perce assez rapidement aux Etats-Unis avec L’Arme Absolue puis surtout Bloodsport, mais aussi parce qu’il maîtrise assez parfaitement les arts martiaux. Là où Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone usaient de leur force brute pour casser des bouches, Jean-Claude Van Damme faisait parler son physique et sa souplesse pour des films où les combats étaient plus chorégraphies et les fusillades moins présentes. Et on sent bien que notre belge préféré a le vent en poupe à la fin des années 80 et au début des années 90, alignant les rôles comme des verres de shoot lors d’une soirée arrosée, se faisant plaisir entre film d’action pur jus et thriller à tendance castagne. Et parmi ses rôles les plus emblématiques, on retrouve celui de Kurt Sloane dans Kickboxer, puisqu’il est aussi coordinateur des combats de ce film, et scénariste.

On a souvent tendance à dire que la nostalgie rend aveugle et que parfois, on ne se rend pas bien compte qu’un film est réellement mauvais, d’autant plus s’il y a un acteur que l’on aime bien qui joue dedans. Pour autant, à la redécouverte de Kickboxer, on va vite se rendre compte de deux choses. Oui, le film enfile les clichés comme des perles, mais il n’en demeure pas moins un gros plaisir de cinéphile car le cynisme est complètement inexistant de cette œuvre. Pour essayer de bien « analyser » Kickboxer, il faut d’abord établir les mauvais points du métrage, et ses bons points par la suite. Il est vrai que le film a pris un petit coup dans l’aile au niveau de la réalisation. Certaines incrustations font peine à voir, les combats sont assez discrets durant tout le métrage et on retrouvera quelques tics un peu ringards comme ce fameux baiser langoureux sous la pluie, avec le tonnerre et les éclairs qui arrivent au bon moment. On notera aussi un scénario qui ne va pas chercher bien loin. Une vengeance, un entrainement, un amour naissant, de nouvelles amitiés et un méchant, très méchant. Tout demeure prévisible de la première à la dernière seconde et en un sens, Kickboxer ne va révolutionner le genre. Il faut dire aussi que certaines prestations laissent à désirer, à commencer par les bad guys qui sont facilement identifiables, mettant de côté tout délit de faciès.

Mais est-ce que cela en fait un mauvais film ? D’après certains pisse-froid, on pourrait croire que oui. Sauf qu’avec Kickboxer, Jean-Claude Van Damme est au top de sa forme. Athlétique, puissant, drôle tout en essayant d’apporter de la finesse à son personnage torturé, le film essaye de créer des personnages empathiques et globalement, cela marche. Le vieux maître de Muay Thaï est assez amusant tout en gardant un ton froid lorsqu’il faut s’entrainer avec sérieux. Dennis Chan tient son rôle avec sérieux et un certain amusement qui lorgne vers la malice sur certaines scènes. On aura ce même sentiment avec le rôle du copain retraité de l’armée qui va filer un coup de pouce, que l’on suspecte détestable au départ, mais qui se révèle essentiel. Même le frère, si arrogant au départ, va devenir un protagoniste intéressant lorsqu’il revient sur le devant de la scène et accepte son sort et celui de son frère. Quant aux méchants, même s’ils sont des clichés sur pattes, ils sont tellement insupportables que l’on ne peut qu’être heureux de leur sort sur la fin. Bref, pour faire court, les personnages fonctionnent malgré leur faible épaisseur. Ils fonctionnent parce qu’ils sont simples et se battent pour des idéaux qui ont leur justification.

Mais le plus gros point fort de ce film, c’est clairement son absence de cynisme. Aujourd’hui, la plupart des films d’action surfent sur des succès récents. Si certains sortent leur épingle du jeu comme la franchise John Wick, ou encore The Raid, d’autres n’hésitent pas à faire du copier/coller pour engranger de l’argent. A l’époque, et malgré la notoriété montante de Jean-Claude Van Damme, les films d’action et d’arts martiaux étaient faits par amour du genre et par l’envie de mettre en avant une nouvelle star aux capacités physiques intéressantes. De ce fait, Kickboxer possède un capital sympathie énorme et marche même dans les moments les plus gênants. On peut penser que la séquence de danse qui découle sur un combat dans le bar est mauvaise et mal jouée, et pourtant, elle détient son charme et fonctionne encore aujourd’hui. Les quelques maladresses, comme ce moment où l’entraineur saute en l’air et met quatre coups de pied sous le nez du héros, peuvent paraître sinistres, mais elles restent ancrées dans une époque qui faisait fi de certains codes. Bref, cette générosité, parfois débordante, est presque salvatrice et manque cruellement aujourd’hui. Et puis le film propose un dernier combat d’anthologie, qui sera parodié dans Hot Shots 2, et qui pour le coup, demeure un bon moment de mise en scène, avec un travail sur la lumière et le décor. Certes, l’issue est téléphonée et sans surprise, mais c’est un combat qui prend aux tripes et qui est assez grisant sur sa fin.

Au final, Kickboxer, malgré ses côtés ringards et son absence de surprises dans le scénario, reste un film généreux, empathique et qui fleure bon la fin des années 80 et le début des années 90, là où l‘aseptisation du cinéma n’était pas encore trop présente. Jean-Claude Van Damme s’éclate dans un film qui fera partie de ses rôles cultes et qui continue aujourd’hui de satisfaire une bonne partie du public, au point d’en ressortir des éditions exclusives en bluray. Bref, Kickboxer est la preuve qu’un film n’a pas besoin d’être parfait pour être apprécié, tant qu’il est fait avec envie, amour et sans une once de cynisme.

Note : 15/20

Par AqME

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