Rambo – Last Blood – C’Etait pas sa Guerre

De : Adrian Grunberg

Avec Sylvester Stallone, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, Adriana Barraza

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va affronter un cartel mexicain après l’enlèvement de la fille d’un ami.

Avis :

Même si le parcours de Sylvester Stallone est jalonné de films plus ou moins différents, il sera toujours identifié à deux personnages emblématiques du septième art, Rocky Balboa et John Rambo. Deux icônes, deux sagas qui ont leurs bons et leurs mauvais films et qui trouvent toujours le chemin des salles pour faire revivre la légende. Sauf qu’au bout d’un moment, Sly se fatigue de ces rôles redondants et il a peut-être envie de faire autre chose. Ayant déjà passé plus ou moins le flambeau avec Creed et Creed II, l’acteur a eu envie de donner un dernier baroud d’honneur à son John Rambo, ce vétéran de la guerre du Vietnam qui n’a jamais vraiment guéri du syndrome post-traumatique. Un dernier film avec Last Blood, qui répond logiquement au premier, dont le titre original est First Blood. Mais faire un dernier film pour dire adieu à l’un de ses personnages emblématiques n’est pas une chose facile. Car déjà, il faut trouver le bon moment pour faire passer le message, et surtout, il faut le bon script.  Exit donc les dictateurs asiatiques, les milices privées qui cartonnent à tout va, et bonjour les cartels mexicains et le trafic de prostituées. Avec Rambo – Last Blood, notre vétéran préféré va aller vers quelque chose de plus privé, de plus sensible, afin de casser des têtes façon Machete dans un cheminement plus personnel. Mais est-ce réussi pour autant ?

Quand on regarde un Rambo, il faut en général laisser le cerveau sur le strapontin à côté de soi et profiter d’un spectacle souvent gore, mais jouissif et régressif. Et en l’état, ce cinquième opus fait parfaitement le travail. Si l’on excepte un début un peu longuet à se mettre en place, le dernier tiers du film est un petit régal pour les amateurs de sensations fortes et de giclures d’hémoglobine. En effet, comme pour le précédent film de la franchise, les effets gores sont de la partie et il y a une certaine générosité dans les différentes mises à mort. Stallone se lâche complètement sur le dernier quart d’heure où tous les styles y passent, ainsi que toutes les façons de tuer quelqu’un. Parfaitement rythmé, placé au sein de plusieurs couloirs afin de mieux gérer l’espace, très franchement, la dernière partie du film vaut clairement le coup d’œil pour sa sauvagerie et ce plaisir purement régressif que l’on ressent. Un plaisir qui est doublé quand on voit tous ses membres d’un cartel qui en prennent plein la gueule et qui n’ont finalement que ce qu’ils méritent. Taxé de racisme aux States, le film fait juste la nique à des malfrats qui n’ont que faire de l’humain et s’ils sont mexicains, c’est juste parce que le scénario prend place à la frontière.

Cependant, le film est loin d’être toujours plaisant et il va même paraître très faiblard par rapport aux autres films de la licence. Son premier gros point faible réside tout simplement dans son scénario. Ici, Rambo est devenu plus paisible malgré ses persistances rétiniennes à cause de la guerre et du fait qu’il n’arrive pas à passer outre les morts qu’il n’a pu empêcher. Il protège sa nièce, d’origine mexicaine et qui ne souhaite qu’une chose, revoir son père pour comprendre son abandon. A partir de là, elle va se faire enlever par un cartel qui drogue les filles et les utilise comme prostituée. Bien évidemment, Rambo va partir à sa recherche et va défourailler à tout va. Il s’agit ici d’un scénario trop simple, qui est lisible des kilomètres à l’avance et qui ne va contenir que très peu de surprises, voire pas du tout. On rentre dans les clichés du genre et il n’y aura pas de demi-mesure. Le film est ultra manichéen et il en cherche pas à faire dans la complexité. Cela va engranger un deuxième gros point noir, les personnages. Personne n’est vraiment caractérisé dans ce film, hormis John Rambo, et encore, on apprend très peu de choses sur lui. De ce fait, on ne ressent pas vraiment d’émotion dans les moments opportuns et surtout, on retrouvera des personnages fonctions, comme cette pauvre Paz Vega que l’on voit en tout trois minutes dans le métrage. Rambo – Last Blood manque clairement de profondeur, surtout par rapport à l’histoire qu’il raconte.

Ce manichéisme va se traduire aussi par une mise en scène caricaturale. Le Mexique est vu comme un pays pauvre et totalement corrompu. Au détour d’une scène, on va voir des policiers se jeter sur les prostituées avec l’accord des « dealeurs ». Cette scène passe de façon trop anodine et n’est pas assez recherchée. On a l’impression que c’est une critique d’un système gratuit au sein d’un film qui n’en avait pas besoin. D’ailleurs, Sly ne butera aucun flic mexicain. On aura aussi droit aux grandes plaines de l’Arizona, qui respire la liberté et l’ensemble fait très carte postale. Il faut dire aussi que c’est le deuxième film seulement d’Adrian Grunberg, qui avait fait Kill the Gringo avec Mel Gibson, sorti directement chez nous en DTV. Bref, un deuxième film poussif sur la mise en scène, qui joue avec des spectres de couleurs très tranchés (rouge et bleu principalement), mais qui oublie de faire des plans iconiques et de placer Rambo comme un géant aux pieds d’argile. Des pieds d’argile de plus en plus voyants, tant Stallone semble avoir du mal à porter sa carcasse de golgoth dans ce film. Visage buriné, presque figé par le temps, l’acteur semble s’essouffler un peu dans ce métrage malgré une volonté flagrante de casser des gueules. On sent bien dans ce film qu’il est temps de dire au revoir à Rambo, naviguant dans ces sous-sols tel un fantôme revanchard.

Au final, Rambo – Last Blood est un film qui souffle le chaud et le froid et qui déçoit autant qu’il peut réjouir. Si le dernier tiers est jouissif à souhait et apparait comme gore et sale, le début est un peu poussif et l’histoire en elle-même est très décevante. Les personnages secondaires ne servent clairement à rien, le manichéisme ambiant date d’une autre époque révolue et le scénario est générique à bon nombre de films d’action lambda. Bref, il s’agit-là du plus mauvais Rambo de la franchise et c’est presque un peu triste de partir comme ça, sur un élan nostalgique mal maîtrisé. Néanmoins, on peut se réjouir de voir que la boucle est bouclée.

Note : 10/20

Par AqME

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