septembre 28, 2020

Nazareth – Tattooed on my Brain

Avis :

On dit souvent que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. Cet adage est parfois aussi vrai dans les groupes de rock, puisque les vieux groupes sont toujours présents et ils laissent bin peu de place à d’autres formations émergentes. Et si certains ont dû s’arrêter suite au décès prématuré de l’un d’eux, d’autres ont décidé de continuer, quitte à avoir un line-up qui n’a plus grand-chose à voir avec les membres originels. C’est le cas pour Nazareth, groupe écossais qui fut fondé en 1968 et qui ne garde aujourd’hui plus que son bassiste comme membre d’origine. Pire, un nouveau chanteur vient d’intégrer la partie, proposant avec Tattooed on my Brain, son premier effort sous le nom de Nazareth. Est-ce grave pour autant ? Est-ce que cela dénature un groupe ? Une formation doit-elle changer de nom à partir du moment où l’un des membres disparait ? Une question légitime si le groupe change son fusil d’épaule et propose un autre style musical, ce qui n’est pas le cas avec Nazareth, fidèle à son bon vieux hard rock qu’il s’efforce de transmettre depuis maintenant plus de cinquante ans. Mais est-ce bon pour autant ? Est-ce que ce vingt-quatrième opus n’est pas celui de trop ?

Le skeud débute avec Never Dance With the Devil et dès le départ, les riffs sont plutôt incisifs et on sent une grosse production derrière. C’est assez lourd, malgré la voix aigüe du nouveau chanteur et globalement, on sent que Nazareth continue son travail vers un bon vieux hard rock des familles qui ne fait pas forcément dans la dentelle. C’est très classique, ça balance pas mal lors du refrain assez catchy et efficace, mais globalement, on reste un peu sur notre faim. Le titre est court, il possède un solo de gratte plutôt léger et on sent que le potentiel n’est pas pleinement exploité. Cela se verra sur le titre suivant, Tattooed on my Brain, encore plus court (ne dépassant pas les trois minutes), et qui flirte gentiment avec le punk rock des années 70. Si c’est sympathique et que cela change clairement du titre précédent, cela reste encore une fois peu novateur et même bien trop classique. Un mot qui va revenir de façon incessante dans cette chronique et à l’écoute de cet album, qui est bon, mais qui ne sort pas des sentiers battus. State of Emergency démarre de façon assez forte avant de laisser place à un résultat très rock n’roll bien entrainant, mais qui ne reste pas en tête à cause de son manque d’originalité. Alors on aura bien Rubik’s Romance qui nous ramènera sympathiquement en arrière avec sa petite ballade très 70’s, mais cela reste une note d’intention agréable mais sans plus de mordant. Et ce n’est pas le petit claquage de cordes sur le refrain qui y changera quelque chose. On évincera volontairement Pole to Pole, qui est un titre bouche-trou au possible, afin de laisser plus de place à Push. Le milieu de l’album contient deux titres intéressants, dont Push, qui fait penser à un bon vieux morceau de blues-rock ambiance désert Mojave. Efficace et classe, c’est tout ce que l’on attend d’un groupe aussi emblématique que Nazareth.

Avec The Secret is Out, le groupe reste dans la même mouvance et livre un titre qui rappelle les plus belles années du hard américain (alors que le groupe est écossais !). La basse claque bien, le riff est plutôt intéressant et entrainant et globalement, le morceau donne fortement envie de hocher la tête dans tous les sens. Même le refrain, dans le même rythme que le reste du morceau, est agréable et rentre bien en tête. Par la suite, on redescendra un peu, notamment avec Don’t Throw Your Love Away, qui se veut nerveux, mais dont le riff demeure surfait et le refrain est tout simplement insupportable. Un titre lourd dans le fond, mais bien trop léger pour le reste. Crazy Molly demeurera un titre sympathique, qui fait le taf, mais qui, une fois n’est pas coutume, s’avère trop classique pour surprendre et rester en tête. Ce sera d’ailleurs la même chose avec Silent Symphony, qui fait partie de ces titres que l’on oublie une fois l’écoute terminée. Avec What Goes Around, Nazareth renoue avec ce bon vieux hard que l’on attend impatiemment et livre une piste qui se révèle être l’une des meilleures de l’album. Simple, efficace, carré, le morceau ne fait pas le café, mais il se révèle bien plaisant à l’écoute. Change est aussi un excellent morceau du groupe, qui bénéficie d’un excellent refrain bien nerveux, comme on aurait aimé en avoir plus dans cet album. Enfin, avec You Call Me, le groupe essaye de faire un long titre qui oscille entre ballade et titre expérimental, mais ça ne prend pas vraiment.

Au final, Tattooed on my Brain, le dernier album en date de Nazareth, est une petite déception, surtout venant d’un groupe à la carrière aussi prolifique. Si c’est loin d’être mauvais, ce vingt-quatrième effort reste trop classique, trop sage, pour pleinement convaincre. On reste dans un hard de qualité, mais qui, globalement, manque d’impact et de nervosité pour marquer celui qui écoute. Bref, comme déjà dit plus haut, un album trop classique.

  • Never Dance With the Devil
  • Tattooed on my Brain
  • State of Emergency
  • Rubik’s Romance
  • Pole to Pole
  • Push
  • The Secret is Out
  • Don’t Throw Your Love Away
  • Crazy Molly
  • Silent Symphony
  • What Goes Around
  • Change
  • You Call Me

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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