Androïdes – Tome 5: Synn

Auteurs : Louis et Sébastien Lamirand

Editeur : Soleil

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Dans un monde extrêmement hostile où la vie est une lutte de tous les instants, une androïde va se retrouver obsédée par une notion qu’il lui est impossible d’expérimenter : la mort. Comment savoir que l’on vit, que l’on a une âme, comme les prédécesseurs humains disparus, si l’on ne peut mourir ? Et si ce qui faisait de l’homme un être singulier était sa mortalité ? Synn l’androïde en est convaincue et elle va tout mettre en œuvre pour réussir à faire ce que son corps lui refuse : mourir. Et pour cela, Synn l’androïde a un plan: devenir humaine.

Avis :

Ce tome 5 de la série Androïdes débute un second cycle de 4 nouveaux tomes, continuant la série à succès et originale, qui a mené plusieurs auteurs et dessinateurs à réfléchir sur des thèmes futuristes. Chaque BD est une histoire à part entière et il n’y a aucun lien entre chacune d’elles. Chaque ouvrage est une aventure épique, qu’il est difficile de quitter, et qui dépeint un avenir robotisé que l’on n’aimerait pas forcément voir se concrétiser. Les univers sont plutôt sombres pour la plupart et ce tome 5 ne change pas la donne.

Synn est une magnifique réflexion sur la vie en général, la mort et l’immortalité. L’auteur (et dessinateur) nous offre sa vision philosophique sur la question et les axes de pensées sont aussi intéressants les uns que les autres. On se sent vite happés par cette histoire fascinante qui nous plonge dans un univers tout neuf mais aussi au plus profond de nous-mêmes, où siègent nos peurs. Les mots employés sont justes. Les phrases bien formulées paraissent plutôt sorties d’un roman qu’une BD, et rien n’est laissé au hasard. Le rythme est soutenu du début à la fin et on ne s’ennuie pas une seconde. Les instants d’introspection sont bien menés, les pensées de notre héroïne nous étant dévoilés alors qu’elle est en pleine action, ce qui ne fait jamais redescendre la tension.

L’auteur s’imagine un futur de l’humanité qui perturbe grandement. En effet, toutes les pistes qu’il donne et les planches qu’il met en place, paraissent vraiment plausibles et, par conséquent, effraient quelque peu. L’humain et ses angoisses ne semblent plus avoir de secrets pour lui. La mort et l’immortalité s’offrent de belles scènes de bataille que le lecteur sensible n’est pas près d’oublier. L’histoire de cette humanité nous est montrée par à-coups et les flash-backs sont agréablement amenés. En plus de cette trame de fond, l’histoire principale est vraiment géniale. Même si l’on sent venir quelques éléments de la fin, celle-ci reste magnifique, pleine de promesses et d’espoirs.

L’héroïne, Synn, un androïde aux capacités incroyables est fascinant en tant que telle. Sa vision de la vie est marquante et ce qu’elle décide d’en faire également. Immortelle, Synn ne peut pas mourir. Son enveloppe se reconstruit à chaque fois qu’un accident survient, utilisant les ressources environnantes pour la reconstituer. La mort n’a pas de signification pour elle ni la survie ou les automatismes de fuite. Pourquoi fuir le danger quand on sait qu’on ne craint rien ? Pourquoi avoir peur de la mort quand on sait qu’elle ne pourra jamais nous atteindre ? Synn est intelligente et ne cesse de réfléchir, ses plusieurs milliers d’années de vie le lui permettant aisément. L’auteur s’approprie les fameuses lois de la robotique pour en créer d’autres originales et c’est plaisant d’assister à un renouveau du genre, malgré les risques que cela peut apporter.

Heureusement pour elle, elle n’est pas seule dans ses déboires. Le crash de son vaisseau, sur une planète hostile, n’a pas complètement détruit l’intelligence artificielle qui le pilotait. Cette dernière, bien que moins perfectionnée, s’avère un partenaire excellent. La planète hostile sur laquelle ils ont atterri n’était pas inhabitée. Ils y découvrent une espèce qui leur semble familière et décident de l’étudier plus avant. Ce rapprochement va tout changer. L’auteur réinvente le passé de l’humanité à travers ce peuple primitif et le parallèle est saisissant.

La complicité qui naît entre nos deux héros est touchante, tout comme l’histoire d’amour improbable qui s’installe. Quelque peu naïve, comme s’ils étaient deux enfants, leur liaison apaise. On les voit d’abord timides et peu surs d’eux. Malheureusement, ils n’ont pas été créés pour apprécier les plaisirs de la chair et cette constatation les fait souffrir. Devenir humains, mortels, semble être la seule solution. Comment des machines peuvent-elles se transformer en Homme alors que tout les sépare ? Les plaisirs physiques valent-ils vraiment l’immortalité ?

Cette histoire est un hommage à la vie, à ses côtés imparfaits et à sa longévité finie. Le message de l’auteur est optimiste et nous fait du bien. Synn est attachante et est finalement plus humaine que beaucoup d’autres terriens. La suivre explorer l’étrange planète, ses besoins, ses envies, et ses pulsions est un régal, tant pour les yeux que pour l’esprit.

Les scènes autour de la planète sont belles, avec des planches à l’horizontal, apportant une sensation de grandeur qui fait voyager et une sensation d’espace qui libère. Cette nouvelle saison d’Androïdesa vraiment tout pour plaire.

Note : 20/20

Par Lildrille

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