novembre 30, 2020

Hyphen Hyphen – HH

Avis :

En France, la musique est très peu mise en avant sur les chaines dites généralistes. La seule émission un peu potable qui parle de musique, c’est Taratata animée par Nagui, et encore, la qualité a vraiment baissé depuis quelques années, n’offrant plus de très grands noms du rock et se cantonnant à inviter des chanteurs français, certainement plus rentables auprès d’un public peu exigeant. La seule vraie façon de découvrir de nouveaux talents, c’est internet, ou encore les festivals. Et en parlant de festivals, Hyphen Hyphen fait partie de ces groupes qui ont roulé leur bosse depuis leur début en 2011. Originaires de Nice, les quatre membres, qui ne seront plus que trois par la suite, auront tôt fait de se faire remarquer par un électro rock pop qui semble plaire aux festivaliers, à la fois énergique et festif. Fort de cette renommée, le groupe essaye d’assurer des shows de plus en plus gros, allant jusqu’à l’Olympia de Paris pour ce second opus. Mais entre le malaise de la chanteuse sur scène et des rumeurs qui racontent que la moitié de leur concert est en playblack, le groupe semble être rattrapé par choses indésirables. Et il ne m’en faut pas plus pour aller jeter une oreille sur ce phénomène qui semble « hyper » de plus en plus de jeunes. Et des fois, il vaut mieux être sourd.

Le skeud débute très timidement avec Take My Hand. Après quelques respirations, on se retrouve avec un beat très classique, quelques éléments électro au synthé et surtout une voix transformée qui se veut langoureuse et languissante. Mais très rapidement, on va voir les limites du morceau qui n’arrivera jamais à décoller, comme une introduction qui dure un peu trop longtemps et on va retrouver toutes les scories de ce second album. Une fois la saturation passée où l’on se prend pour un joueur de guitare de métal, tout redevient très sage, structuré comme du papier à musique et surtout, des tics vocaux parfaitement insupportables. On a la sensation d’écouter un faux rythme r n’b qui ne trouve jamais son rythme de croisière et qui se veut à tout prix cool. Et c’est là tout le problème de cet album dans sa globalité qui va avoir toutes les peines du monde à décoller vraiment et à tenir sur son concept. Un concept bien maigre qui ne tient que sur une seule chose, un beat redondant et qui se veut entrainant. C’est bien simple, que l’on prenne Like Boys (bien qu’un peu plus nerveux que le titre précédent), Mama Sorry ou encore KND (et c’est encore plus marquant sur ce titre), tout repose sur le beat et sur rien d’autre. Un beat qui, en sus, demeure passe-partout et complètement sans identité. On sent les influences du groupe, qui veut ressembler à n’importe quel artiste r n’b américain et qui recopie sans jamais trouver son identité.

Mais le pire dans tout ça, c’est le succès inexpliqué et, à mon sens, inexplicable, du groupe. Très franchement, quand on prend HH dans sa globalité, il n’en ressort franchement rien de bien, et pire que certains moments que l’on a déjà entendu un million de fois, on a la sensation d’être face à un encéphalogramme plat du début à la fin. Si l’on excepte une paire de morceaux un peu plus pêchus que les autres, comme par exemple le très pop années 80 Be High With Me, ou encore Last Call qui baigne lui aussi dans les années 80/90, on reste tout de même sur quelque chose de très lent, de trop lounge et finalement bien loin des prestations scéniques qui ont fait la renommée du groupe. Une renommée qui s’étiole un peu face aux divers échecs de ces derniers temps et à des retours pas forcément folichons. Le problème avec ce genre de groupe, c’est qu’il veut à tout prix paraître « cool », « bienpensant » et reste coincé dans un carcan électro pop trop gentillet, trop étriqué, pour véritablement montrer un vrai talent et une grosse prise de risque. Avec HH, le groupe se permet peu de choses, et répète même parfois la même recette avec un refrain qui répète les mêmes choses (Young Leaders suivi de Last Call où les refrains se ressemblent dans leur structure). Les tics vocaux deviennent alors une seconde marque de fabrique, lançant des bisous insupportables sur Lonely Baby ou encore en forçant sa voix pour paraître plus grave sur des titres comme Like Boys. Et que dire des onomatopées présentes dans chaque titre dans l’espoir de rendre l’ensemble plus fourni…

Au final, HH, le dernier album d’Hyphen Hyphen, est un ratage en bonne et due forme. Complètement formaté pour être une pâle copie d’un album r n’b ricain mais sans le génie dans la production, le groupe niçois se fourvoie complètement et pète plus haut que son cul en essayant vainement de convaincre un public peu exigeant et voulant simplement danser en oubliant le fond. Vide de sens, vide d’intérêt, vide de rythme et d’envie de sortir d’un carcan imposé, le groupe propose un second effort calibré pour la radio et le commerce, annonçant finalement une mort artistique prématurée.

  • Take My Hand
  • Like Boys
  • Mama Sorry
  • KND
  • Be High With Me
  • The Way to Stay
  • Young Leaders
  • Last Call
  • Lonely Baby
  • Kiss You
  • Higher

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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