Alien Weaponry – Tû

Avis :

Quand on parle de Thrash Métal, on pense immédiatement à des groupes comme Metallica et à tous les vieux de la vieille qui font encore de la belle résistance. Pour autant, le métal n’a pas d’âge et régulièrement, on peut voir à la télé ou sur internet des enfants en train de jouer du hard, du thrash ou même parfois du Death, comme cette jeune fille à American’s Got Talent. Mais pour autant, peut-on faire confiance à la future génération, souvent alimentée à la télé réalité, aux daubes commerciales et à la lobotomisation de la mode ? Il faut croire que oui car Alien Weaponry redonne foi en la jeunesse. Groupe néo-zélandais fondé en 2010 autour de deux frères alors âgés de 8 et 10 ans, le groupe va rapidement se faire connaître à Auckland. On aurait pu croire à un feu de paille, une mode passagère, mais voilà que huit ans plus tard, le groupe signe chez Napalm Records et sort son tout premier album, . Thrash Métal, enfant, Nouvelle-Zélande, autant d’éléments qui ne vont pas forcément ensemble, et pourtant, le groupe réalise l’une des plus belles surprises dans le domaine du métal, en livrant un album à la fois folklorique et nerveux, dense et puissant, un peu à la manière d’un Sepultura des débuts. Et la comparaison est flatteuse.

Le skeud débute avec une introduction en maori, langue et culture qui touchent profondément les membres du groupe, au point de faire plusieurs titres dans cette langue ancestrale. Ainsi donc, Whaikorero nous met dans une ambiance moite et angoissante où l’on ressent une violence latente qui ne demande qu’à exploser. Avec Ru Ana Te Whenua, le groupe lâche la bride et après quelques chants en maori dignes d’un Haka de rugby, la batterie et les riffs commencent à arriver dans un maelstrom qui emporte tout dans son passage. Véritable bulldozer dopé aux amphétamines, le groupe fait tout péter, affichant un thrash à la fois technique et ultra rapide, s’accumulant avec une lourdeur fort plaisante. Il y a du Pantera des beaux jours dans ce morceau et très vite, on a envie de headbanger dans tous les sens. Ce qui sera une récurrente avec cet album. Et étrangement, c’est peut-être dans la langue maori que le groupe se sent le plus à l’aise et affiche le plus son côté Thrash et virulent. Raupatu est là pour en attester avec son début très rapide et ses chœurs masculins bien graves qui permettent de donner encore plus d’énergie à l’ensemble. Urutaa sera aussi du même acabit malgré son introduction au piano qui peut surprendre mais qui permet de se la jouer un peu comme One de Metallica. Le morceau est en anglais mais se permet quelques écarts en maori est le résultat est vraiment excellent.

Mais le plus intéressant avec ce groupe et plus particulièrement cet album, c’est la maturité du groupe qui s’amuse à insérer des instruments folkloriques au sein des titres. On peut par exemple retrouver du Didjeridoo dans des titres comme Te Ara, qui possède une vraie aura mystique, ou encore avec Kai Tangata qui se sert de cet instrument pour imposer du poids dans l’intro et donc permettre par la suite des riffs bien puissants et profonds. Il est assez étonnant de voir de jeunes gens aussi appliqués dans ce qu’ils font, et bénéficiant aussi d’une production aussi grandiloquente. On retrouvera même des introductions à base d’échanges radiophoniques qui parlent de la société néo-zélandaise et du racisme avec Whispers par exemple, un très bon titre qui peut paraître un peu plus doux que les autres, mais qui possède un vrai fond. On peut aussi citer la sublime ligne de basse dans Holding my Breath qui se lâche par la suite avec des riffs brutaux à souhait et donne une furieuse envie de sauter dans tous les sens. Et que dire de Hypocrite qui clôture l’album de la plus furieuse des façons, sans pour autant forcer le chant ou la lourdeur des riffs. Franchement, il n’y a quasiment rien à jeter dans cet album, et même si certains titres peuvent sembler redondants comme The Things That You Know, il y a toujours quelque chose à manger, des breaks intéressants ou encore des incorporations folkloriques qui tombent à point nommé.

Au final, , le premier album d’Alien Weaponry, tout jeune groupe de Thrash Métal néo-zélandais, est une belle réussite pour un groupe si vert. C’est bien simple, on a l’impression d’écouter un album bien mature avec des constructions simples mais efficaces, puissantes et très respectueuses d’une histoire importante. Bref, si le groupe continue sur cette lancée, pour sûr qu’il faudra compter sur eux dans les prochaines années pour qu’ils deviennent les futurs Pantera ou Metallica. Il semblerait que l’héritage commence à porter ses fruits.

  • Whaikorero
  • Ru Ana Te Whenua
  • Holding my Breath
  • Raupatu
  • Kai Tangata
  • Rage – It Takes Over Again
  • The Things That You Know
  • Whispers
  • Pc Bro
  • Urutaa
  • Nobody Here
  • Te Ara
  • Hypocrite

Note : 17/20

Par AqME

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