Frangins Malgré Eux

Titre Original : Step Brothers

De : Adam McKay

Avec Will Ferrell, John C. Reilly, Richard Jenkins, Mary Steenburgen

Année: 2008

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

A 39 ans, Brennan Huff n’a toujours pas de job sérieux et vit chez sa mère, Nancy. De son côté, Dale Doback est un éternel chômeur de 40 ans qui vit encore avec son père, Robert.
Lorsque Robert et Nancy se marient et emménagent sous le même toit, Brennan et Dale deviennent frères malgré eux et se retrouvent à vivre ensemble. Quand leurs querelles infantiles et leur incorrigible paresse menacent de faire exploser leur toute nouvelle famille, ces deux quarantenaires immatures imaginent un plan insensé pour réconcilier leurs parents. Mais pour y parvenir, ils vont devoir faire équipe, et peut-être même quitter la maison…

Avis:

Adam McKay dans les années 2000, c’est le réalisateur de comédies qui monte petit à petit. En 2005, Adam McKay a bien ouvert sa carrière avec le désormais culte « Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy« . L’année suivante, il était revenu avec le génial « Ricky Bobby, roi du circuit« , comédie prenant place dans les courses de bagnoles et franchement, on en rigole encore. Ce film, en plus d’être bon et hilarant, était aussi la première collaboration entre Adam McKay, Will Ferrell et John C. Reilly, trio que le réalisateur va recomposer pour son troisième film, « Frangins malgré eux« .

Comédie terrible de la fin des années 2000, « Frangins malgré eux » est un délice de fun, de générosité, de gags, d’enfantillages et d’irrévérence. Encore une fois, le réalisateur nous revient avec un film très haut en couleurs, qui s’aventure dans l’absurde, et le spectacle est bien au rendez-vous. Ici, les acteurs s’en donnent à cœur joie, c’est con à tout instant, mais jamais Adam McKay ne tombe dans la comédie lourdingue. Ici, on sent que le film est fait avec le cœur, par des personnes qui adorent et se sont nourries de ce genre de comédies folles. Comédies qui arrivent aussi à trouver de jolis fonds, comme ici, ces adultes qui refusent de grandir, de prendre des responsabilités. Alors bien sûr, le trait est poussé et régressif au possible, mais le message est là, et il est aussi bon que le film est hilarant.

Brennan Huff a trente-neuf ans et il vit paisiblement chez sa mère. Dale Doback est un éternel chômeur qui refuse de grandir. À quarante ans, lui aussi vit encore chez son père et la vie est belle. Enfin, la vie était belle, puisque son père vient de rencontrer la mère de Brennan et cet amour débouche sur un mariage. La mère de Brennan et lui emménagent chez Dale et son père, ce qui n’est pas du goût ni de l’un, ni de l’autre, qui à la place de se voir comme des amis possibles, seront des frères ennemis et ils comptent bien se faire la guerre !

Imaginez donc Will Ferrell et John C. Reilly qui seraient restés bloqués en adolescence, voire même en enfance. Imaginez donc qu’on leur rajoute un côté insupportable, genre centre de l’univers… Voici ce que propose Adam McKay pour son troisième film. Un troisième film qui confirme le talent du bonhomme, car plus que ses deux précédents, avec « Frangins malgré eux« , il y avait vraiment de quoi offrir un film qui pouvait tomber dans le lourdingue, voire même la beauferie. Heureusement, tout ceci est évité grâce au fait que son réalisateur et ses acteurs arrivent à rendre les personnages touchants dans le fond. Des personnages qui vont évoluer au fur et à mesure de cette histoire, qui peut s’apparenter à un parcours initiatique tardif.

Avec ce film, Adam McKay réalise la prouesse de mélanger l’absurde, le débile, le graveleux (il y a certaines scènes qui valent vraiment leur pesant d’or, au point d’en devenir cultes), à une histoire qui finalement est aussi touchante qu’elle est triste. Jouant en équilibre avec ces deux extrêmes, « Frangins malgré eux » peut être hilarant, notamment quand Will Ferrell et John C. Reilly se vannent comme des gamins de huit ans, puis d’un coup, sans vraiment qu’on s’en rende compte, il peut devenir plus sérieux et ça même quand il est drôle. Adam McKay a une sacrée plume, et cela se remarque de film en film. Par exemple, Adam McKay caricature beaucoup d’idées qu’on se fait de l’Amérique à travers ses personnages, le meilleur étant Adam Scott, l’Américain rangé de base, celui qui a parcouru tous les échelons, qui rentre dans les rangs et qui finalement dans sa caricature est aussi triste et drôle que ces deux très grands enfants qui refusent de grandir. Du coup, l’ensemble est très intéressant, car il est plus profond que la comédie débile qu’il laisse apparaître. Il y a plusieurs niveaux de lecture dans « Frangins malgré eux« , et entre les rires des situations plus absurdes les unes que les autres, il y a un fond qui est très plaisant. On notera aussi les différents clins d’œil à des films que la bande adore.

Si l’écriture et la mise en scène sont géniales, le film fonctionne très bien grâce à ce duo de comédiens qui s’éclate à faire les pires des conneries. On a littérairement à faire à de très grands enfants qui laissent libre cours à leur imagination et qui se cherchent, se trouvent, s’adorent et se détestent. Will Ferrell est génial en fils à maman qui serait bloqué en enfance. Quant à John C. Reilly, comment ne pas rire en observant cet adolescent qui pense être le centre du monde. Le film est aussi accompagné de personnages tous hauts en couleurs. Richard Jenkins en père au bord de la crise de nerfs, Mary Steenburgen est touchante en mère qui essaie d’arrondir les angles. Puis il y a une belle bande d’habitués des comédies, Adam Scott, Kathryn Hahn, Seth Rogen, Ken Joeng, Rob Riggle… Bref, on adore ce casting!

Ce troisième film pour Adam McKay est donc une belle réussite et l’une des meilleures comédies US des années 2000. C’est drôle, c’est con, c’est tordu, c’est régressif, ça n’arrête pas, le show qu’offrent Willl Ferrell et John C. Reilly est jubilatoire, puis c’est plus intelligent et critique que ça en a l’air… Bref, c’est que du bon et personnellement, je suis très curieux de sa suite, qui devrait voir le jour en 2022.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

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