La Vie est un Long Fleuve Tranquille

De : Etienne Chatiliez

Avec Hélène Vincent, André Wilms, Christine Pignet, Maurice Mons

Année : 1988

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Dans une petite ville du nord de la France, deux familles nombreuses, les Le Quesnoy et les Groseille, d’origines bien différentes, n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais c’était sans compter sur Josette, l’infirmière dévouée du docteur Mavial, amoureuse et lasse d’attendre qu’il quitte sa femme. Dans un moment d’égarement la douce infirmière a échangé deux nouveau-nés, un Groseille (les pauvres) contre un Le Quesnoy (les riches), pour se venger de la vie et du docteur. Comprenant que Mavial ne l’épousera jamais, elle révèle le-pot-aux roses aux deux familles…

Avis :

Étienne Chatiliez, c’est le réalisateur des années 80/90 qui avait tout compris. Venant de la publicité, il réalise son premier film « La vie est un long fleuve tranquille » en 1988 et remporte aussi bien un succès critique que public, et même un César du meilleur premier film. S’ensuit alors une bonne décennie de succès, « Tatie Danièle« , « Le bonheur est dans le près« , « Tanguy« . Bref, que des succès avant de sombrer. Car oui, depuis « Tanguy » Étienne Chatiliez n’a vogué que de déception en déception. On y reviendra sûrement cette année, puisque Étienne Chatiliez, après sept ans d’absence, nous revient pour une suite de son film culte « Tanguy« .

Mais revenons tout d’abord à ce premier film encensé de tous les côtés. Film culte, pour ne pas dire indémodable, « La vie est un long fleuve tranquille » est de ces films que j’ai raté enfant et ado et qui sont tellement encrés dans l’histoire de notre cinéma français que j’ai autant envie de le découvrir que je l’ai craint. Et oui, avec une telle réputation, les attentes sont grandes, pour ne pas dire folles et à la fin de ma séance, je dois avouer que j’en ressors mitigé.

Si le film est bien long à démarrer et se conclut sans fin, ce qui personnellement a tendance à m’agacer au plus haut point, je dois dire aussi qu’en son milieu, je me suis bien amusé avec ces personnages très hauts en couleurs, son politiquement très incorrect et ces situations ubuesques aussi drôles qu’elles peuvent aussi touchantes. Bref, entre pour et contre, je ne regrette toutefois pas ma découverte.

Quelque part dans une ville moyenne du nord de la France, vivent deux familles que tout oppose. Les Le Quesnoy ont beaucoup d’argent, vivent dans le respect de dieu et n’ont aucun souci à l’horizon. Les Groseilles eux, sont pauvres, survivent au jour le jour avec de petits trafics. Ces deux familles, qui n’auraient pas dû se rencontrer, vont être amenées à le faire, quand onze ans avant à la naissance de l’un de leur enfant, les nourrissons avaient été échangés. C’est Josette, l’infirmière de la maternité qui, un soir, pour se venger d’avoir été abandonnée par son amant, médecin de la clinique, a échangé les bébés. Les Le Quesnoy et les Groseilles vont devoir s’entendre…

« La vie est un long fleuve tranquille » est un mélange de rires et de déceptions. L’ai-je découvert trop tard ? Peut-être. Il faut dire que j’en ai si souvent entendu parler que forcément les attentes étaient grandes et cette première comédie sociale ne m’a pas autant fait vibrer que prévu.

« La vie est un long fleuve tranquille » est un film qui dans un premier temps, met du temps à démarrer. Très flou dès le départ, Étienne Chatiliez a pourtant des idées amusantes, mais le film a bien du mal à m’emporter dans son intrigue. Les traits des personnages sont grossiers, voire vulgaires, l’intrigue offre une sensation de désordre, comme si le réalisateur ne savait pas vraiment comment mettre en place son intrigue. Mais bon, le film étant culte, et surtout adoré par beaucoup, je me suis accroché et j’ai bien fait, car une fois son intrigue véritablement révélée, le premier film d’Étienne Chatiliez prend son envol et il ne m’a plus lâché. D’un coup, le trait vulgaire devient drôle, et l’humour devient politiquement très incorrect. Tout ce qui est fait autour de la critique sociale est majestueux, c’est hilarant et en même temps ça met en relief une certaine France et une lutte des classes qui est intéressante. Si on ajoute à cela qu’Étienne Chatiliez s’amuse des clichés, on peut dire que franchement, ce milieu de film a de quoi nous éclater et rien que pour cela le film mérite son succès.

Vous l’aurez compris, le scénario devient donc intriguant, et surtout, il nous tient, quelque part entre l’amusement et la catastrophe. On aime suivre les mésaventures de ces deux familles qui, chacune à leur manière, trouvent son charme.

Il faut dire aussi que le charme opère grâce à ce casting génial qu’a réuni le réalisateur. Les gamins sont au top. Comme tout le monde le sait, ce film est l’occasion de découvrir le tout jeune Benoît Magimel dans l’un de ses premiers rôles et le talent est là ! Personnages amusants, on saluera aussi Hélène Vincent qui, en mère dépassée par les évènements, a tendance à être tordante. Tout comme Catherine Jacob qui se paye une scène culte instantanément.

Mais voilà, si une fois le film démarré le tout est terrible, je dois dire que toutes ces envolées et ces moments géniaux vont être quelque peu abîmés par cette fin, ou cette non-fin, puisque Étienne Chatiliez, alors qu’on aurait adoré rester en compagnie de ces personnages, décide de couper son film de manière brutale. Pas de fin donc, pas de dénouement, et des questions en suspens. Bref, un coup au cœur qui est vraiment dommage.

Je ressors donc amusé et agacé, déçu de cette fin, mais toutefois content d’avoir découvert cet objet de culte. Drôle, cinglant, vache, Étienne Chatiliez livre un premier film intéressant qui fonctionne bien sur les trois-quarts de son métrage. Mais un premier film qui oublie de se conclure et ça, c’est vraiment dommage.

Note : 13/20

Par Cinéted

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