mars 5, 2021

Slumber

De : Jonathan Hopkins

Avec Maggie Q, Will Kemp, Sylvester McCoy, William Hope

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un médecin spécialisé dans le sommeil va tenter de protéger une famille d’un démon qui se nourrit des cauchemars.

Avis:

Il n’est jamais aisé de faire un premier film, et il semblerait que l’horreur soit un terrain fertile pour bon nombre de jeunes réalisateurs voulant se trouver un crédo. Jonathan Hopkins (qui n’a rien à voir avec Anthony Hopkins) est un garçon qui traine depuis pas mal de temps sur les plateaux de tournage. Assistant de production sur Charlie et la Chocolaterie de Tim Burton et Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban de Cuaron, il se lance dans des courts-métrages en 2006. Il arrivera à trouver des financements pour son premier long en 2017 avec Slumber. Et avec ce film, le jeune réalisateur ne choisit pas la facilité en voulant conter l’histoire d’une médecin perturbée qui tente de sauver une famille en proie à la paralysie du sommeil et au somnambulisme. Un sujet délicat, qui part d’un fait réel, et pour lequel il faut un traitement impeccable et surtout, une ambiance prégnante et angoissante. Malheureusement pour nous, le film demeure perclus de défauts et montre un rythme bien trop lénifiant.

Le film débute avec deux jeunes enfants, un frère et une sœur, alors qu’il sombre tout doucement dans le sommeil. Le petit frère en question se lève alors et on comprend qu’il souffre de somnambulisme. Sa sœur essaye alors de le réveiller, mais rien n’y fait et il prend peur, sautant par la fenêtre. On fait alors un bond en avant et cette petite fille est désormais une médecin spécialisée dans les maladies du sommeil. En cachette, elle fait ce travail pour comprendre les actes de son frère et demeure toujours hantée par ce drame qui semble avoir une autre vérité que le somnambulisme de son frère. Elle reçoit alors la visite d’une famille entière, où trois membres sur quatre souffrent de somnambulisme et le quatrième, un jeune garçon, souffre de paralysie du sommeil, se réveillant à chaque fois avec des blessures sur le corps. Alors qu’elle les observe dans son hôpital, elle va découvrir un sombre secret, un démon qui dévore l’âme de ses victimes en les empêchant de dormir. En gros, nous sommes face à un problème connu de tous, la paralysie du sommeil, et à partir de quelques recueils de sensation, Jonathan Hopkins a cru bon d’en faire un film avec un démon. On ne va pas se mentir, tout cela fleure bon la note d’intention et la volonté de montrer ses références, à savoir James Wan.

Car oui, il est difficile de ne pas penser à Insidious quand on regarde le métrage et son déroulement. Tout semble rouler sur des rails pour qui navigue en terrain connu. Le film ne prend aucun risque, enfile les états de fait les uns après les autres et on sera circonspects devant certains choix. Le premier étant une réalisation assez morne, qui colle presque au thème, à savoir le sommeil. En effet, le jeune réalisateur tente une mise en scène assez lente, presque proche du sol, pour évoquer une menace latente de tous les instants. Le problème, c’est que lorsque l’on a rien à raconter, c’est difficile de maintenir l’intérêt du spectateur avec une façon arty de filmer l’horreur. Si certains passages peuvent être intéressants, comme ce moment où l’on ne sait pas si l’actrice principale dort ou non, pour le reste, on restera de marbre. Tout comme l’ambiance qui demeure transparente, le réalisateur n’arrivant pas à créer quelque chose de lugubre ou de tout simplement inquiétant. Les passages qui peuvent faire frémir sont lorsque la famille commence à marcher dans la baraque de nuit et à faire des trucs creepy qui n’aboutiront jamais, comme une main dans un blender et cela ne se produira pas. Bref, on reste dans quelque chose de très superficiel et qui n’apporte rien au genre.

Tout comme les personnages qui sont à peine esquissés et pour qui on ne ressent aucune empathie. Maggie Q a beau se démener tout le long du film (et elle a beau être magnifique), on se moquera tout simplement de son personnage, une mère qui délaisse un peu sa famille pour son boulot et vaincre ses propres démons. Alors on verra bien que sur la fin, le démon risque bien de mettre sa famille en danger, mais ce n’est pas le thème premier de Slumber. Au niveau de la famille, outre le fait qu’on a l’impression de faire un couple de camés, on ne ressentira aucune sensation envers eux et leur enfer. Les portraits sont à peine esquissés, la vie familiale est balayée en deux temps trois mouvements et tout cela ne facilite pas la projection dans cette maison. C’est bien là tout le problème du film qui n’arrive pas créer quelque chose ou quelqu’un de consistant, restant constamment sur le même ton et essayant vainement de présenter un danger que l’on ne verra jamais.

Le film joue à fond sur les sentiments et les sacrifices sur la fin. En effet, il faut maintenir l’enfant éveillé pour trouver une solution contre ce démon. Le dernier quart, qui se veut ésotérique et fantasmagorique, ne tient pas du tout ses promesses et s’avère relativement faiblard par rapport aux attentes. Tout est cousu de fil blanc et visuellement, on reste sur quelque chose de très basique, voire médiocre. Le combat final est expédié manu militari et in fine, on se retrouve face à un gros pétard mouillé. C’est bien dommage parce que le sujet même du film était assez intéressant, de représenter une maladie sous la forme d’un démon, et globalement, il y a quelques passages qui font espérer une montée en tension qui ne viendra jamais. Bref, quelques fulgurances perdues au milieu d’un maelström de médiocrité.

Au final, Slumber est un film qui ne marquera pas les esprits et qui restera inconnu pour beaucoup de monde. Essayant de traiter une maladie comme un démon et voulant à tout prix mettre en avant un personnage égoïste chassant ses propres démons, le premier film de Jonathan Hopkins ne tient aucune de ses promesses et s’avère plutôt ennuyant, voire même lénifiant, ce qui peut paraître raccord en rapport avec le sujet principal.

Note: 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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