Thunder and Lightning – The Ages Will Turn

Avis :
La consécration, pour un groupe de métal, c’est d’avoir des fans partout dans le monde et ainsi pouvoir parcourir la planète pour jouer dans différents pays. Malheureusement, il faut aussi avoir un sacré bagage pour percer les frontières de son propre pays, et quand celui-ci n’est pas ouvert au métal, c’est très complexe. La preuve en est avec la France où seul Gojira peut prétendre à une carrière internationale et peut-être Rise of the North Star qui commence à se faire un petit nom outre-Atlantique. Mais avec Thunder and Lightning le problème est tout autre puisque le groupe est originaire de Berlin et qu’il ne fait pas forcément dans le Death mais plutôt dans le Heavy mélodique. Pour faire simple, le groupe puise dans de grandes inspirations comme Iron Maiden et tente de faire tout ça à sa sauce. Formé en 2004, le groupe sort son premier album en 2008, Purity, puis un deuxième en 2010 et une troisième en 2013 qui sera, à ce jour, leur meilleur opus, celui que les critiques ont le plus apprécié. Avec The Ages Will Turn, la donne semble différente, notamment parce que les premiers retours, tout en étant élogieux, sont plus mesurés, et aussi parce que le groupe propose une musique bien sympathique, mais qui manque cruellement d’identité pour cartonner de façon exponentielle.

Le skeud s’ouvre sur une introduction grandiloquente, comme le veut presque la tradition dans le Heavy. Après The Ravaging Overture, les teutons lancent leur premier vrai morceau, à savoir Welcome to the Darkside. Et là, la surprise est au rendez-vous dès les premières notes. En effet, on est bien loin des riffs d’un heavy mais plus proche d’un Death bien senti, puisque c’est rapide tout en étant lourd et cela annonce quelque chose de très pêchu. Malheureusement, le soufflé retombe bien vite, car dès que le chanteur commence à chanter, on retombe dans un heavy très classique, agréable, mais qui manque de punch et de panache. Le refrain, tout en chœur, ne change pas la donne et on se surprendra à attendre finalement les riffs au début de chaque couplet, bien brutaux et qui donnent furieusement envie de hocher la tête. Ce constat, de morceau assez passe-partout et qui manque d’impact, se ressent un peu tout au long de l’album, notamment avec des titres comme Silent Watcher, Eternally Awake ou encore Hysteria. Ce sont des titres assez génériques, qui se ressemblent un peu dans leur structure et qui du coup, n’accroche pas forcément l’oreille. Alors ce n’est pas mauvais du tout, les musiciens sont de vrais artistes, d’un point de vue technique, c’est irréprochable, mais ça manque d’un petit quelque chose qui rendrait le tout vraiment accrocheur. Le problème provient peut-être des refrains un poil trop fédérateurs, souvent en chœur et qui ralentissent le rythme.

Néanmoins, certains morceaux valent leur détour, notamment parce qu’ils sont un peu différents de la masse, mais aussi parce qu’il montre que le groupe peut faire mieux qu’un simple heavy classique et sans réelle envie d’aller chercher plus loin. A titre d’exemple, on peut citer Black Eyed Child, qui est très classique dans sa composition, mais qui est beaucoup plus efficace, notamment grâce à un refrain très accrocheur, mais aussi à un rythme qui ne baisse jamais, afin de donner vraiment de la puissance. Il faut aussi parler un petit peu de Columbia, qui est le titre le plus touchant de l’album, le plus calme dans son introduction et celui qui montre à quel point le chanteur possède une belle voix. Le morceau est assez malin, car il a tendance à attirer dès le départ, alors que finalement, le refrain reste basique et sans surprise. Mais le titre fonctionne à plein régime car il est différent des autres morceaux et marque donc plus celui qui écoute. On pourrait presque le comparer avec Mary Celeste qui clôture l’album au niveau du refrain, qui se veut mélancolique et plein de beauté. Enfin, on ne peut passer outre One Blood avec une apparition furtive du chanteur de Alestorm et le résultat est forcément à la hauteur, plus rapide, plus brut et aussi plus jovial alors que les paroles ne s’y prêtent pas vraiment.

Au final, The Ages Will Turn, le dernier album en date de Thunder and Lightning, est un album avec un fort capital sympathie, mais qui pêche par de petits défauts qui le rendent seulement agréable. On reprochera principalement au groupe de faire dans le Heavy classique et de ne pas prendre de risque, ce qui l’empêche peut-être de percer un peu plus ou de traverser les frontières allemandes. Bref, un album qui plaira certainement aux fans de Heavy et c’est déjà pas mal.

01. The Ravaging Overture
02. Welcome to the Darkside
03. Silent Watcher
04. Black Eyed Child
05. Eternally Awake
06. Columbia
07. One Blood
08. The Ages Will Turn
09. Hysteria
10. Mary Celeste

Note : 13/20

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Par AqME

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