octobre 27, 2020

Rampage – President Down

De : Uwe Boll

Avec Brendan Fletcher, Ryan McDonell, Anthony Rogers, Matt Frewer

Année: 2016

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Thriller, Action

Résumé :

Bill Williamson est de retour dans le chapitre final de la trilogie Rampage. Dans la seconde partie il a dit qu’il fallait « tuer les riches et détruire Washington » et c’est exactement ce qu’il fait à présent dans President Down. Après avoir tiré sur le président des Etats-Unis, il déclenche la plus grande chasse à l’homme de l’histoire de l’Amérique. Cet acte de terrorisme domestique va changer le pays à jamais.

Avis :

Il y a des réalisateurs qui sont devenus cultes pour le nombre incalculable de leurs chefs-d’œuvre et puis il y a ceux qui sont devenus cultes pour le nombre incalculable de leurs daubes. Bien évidemment, on ne va pas revenir sur Ed Wood, qui a déjà eu droit à son film par Tim Burton et qui est rentré depuis longtemps dans le panthéon des réalisateurs sans génie. Ici, il sera plutôt question d’Uwe Boll, cinéaste d’origine allemande qui doit son succès à cause de ses nombreuses adaptations de jeux vidéo et dire que ce sont de mauvais films est un euphémisme. On sait la difficulté de c’est que d’adapter une source vidéoludique, mais quand c’est Uwe Boll qui s’y colle, c’est la catastrophe. Entre Alone in the Dark, House of the Dead ou encore Far Cry et King Rising, on a de quoi pourrir de nombreuses soirées. Mais même quand il est question de films autres que des adaptations, Uwe Boll semble incapable de tenir correctement une caméra.

Et pourtant, malgré tout, certains films subsistent dans le subconscient et il est arrivé au cinéaste d’avoir des éclairs de génie, comme pour Rampage – Sniper en Liberté (rien à voir avec le film avec Dwayne Johnson qui est, lui, une adaptation de jeu vidéo). Dans ce film qui se veut être un brûlot contre la société américaine, Uwe Boll enfile les gants de boxe et se lâche, mettant en scène un jeune homme qui devient complètement cinglé et décide de buter toutes les personnes qu’ils croisent dans la rue avec une grande désinvolture. Le succès fut au rendez-vous, un deuxième opus vit le jour, déjà moins inspiré et plus putassier, s’en prenant cette fois-ci à la presse et aux journaux télévisés. Malgré des retours divisés, Uwe Boll voulait faire un troisième et dernier film concernant son tueur de masse, Bill Williamson. Malheureusement, point de budget, il décide de lancer un crowdfunding, dans l’espoir de rassembler les fans. Ce sera un échec, le réalisateur pète un câble, s’en prend violemment à ses fans, les défiant sur un ring de boxeur, mais fait quand même son film, annonçant que ce serait le dernier de sa carrière. Finit-il sur un coup d’éclat ? Non.

Dans ce troisième opus mettant en scène Bill Williamson, tueur de masse notoire qui vit désormais dans les bois, il est question du président américain et de son bras droit qui se sont faits abattre avec une seule balle. Alors que tout le monde pense aux terroristes islamistes, un duo du FBI va remonter la piste de Williamson et part le débusquer dans la forêt. Pendant ce temps, le tueur s’amuse à faire des vidéos où il exprime son sentiment sur la société américaine, son dégoût des riches et la nécessité de prendre les armes pour tuer  les plus aisés et ainsi rebâtir une société plus saine. Encore une fois, Uwe Boll nous ressort la même camelote en essayant d’être un peu plus virulent et même violent, quitte à sortir des imbécilités qui font froid dans le dos. En effet, le film se partage en trois temps, un premier qui montre les discours de Williamson et l’enquête qui piétine un peu, puis la confrontation entre le tueur et les forces de l’ordre et enfin une conclusion qui sont les conséquences du pitch de Williamson. En opérant ainsi, Uwe Boll essaye de donner plus d’appui aux discours de son tueur et c’est d’autant plus dérangeant qu’au milieu de tout ça, il va tenter d’humaniser son criminel.

Et c’est là que tout le film bascule dans le mauvais goût et l’absurdité. Bill Williamson est un tueur, un taré, et même s’il a quelques adeptes, il reste socialement inadapté et ne peut avoir d’enfants dans cette société qu’il répugne. Sauf que pour donner du volume à son film, et une pointe d’émotion, le cinéaste a cru bon de rendre son personnage amoureux et papa d’un jeune garçon. On découvre alors le côté humain d’un psychopathe, ce qui n’a pas lieu d’être et rend son discours complètement caduc, laissant un héritage malsain à son bébé. Et là où ça ne tient absolument pas, c’est lorsque ce tueur écoute les deux agents du FBI parler de leur famille avec tendresse et qu’il se fout royalement de leur gueule, ricanant dans son micro. On sent bien que le réalisateur ne sait que faire avec son personnage, voulant le rendre empathique tout en gardant un côté profondément malsain. Le problème c’est que les traits sont tellement grossiers que rien ne marche vraiment. Et cela malgré la présence de Brendan Fletcher au scénario. La troisième partie est clairement la plus nauséabonde, avec des gens qui prennent les armes pour renverser la société américaine, mais qui montre des gens lambda tuant d’autres gens lambda. On assiste à quelque part à une purge, validée par Uwe Boll, ce qui est d’autant plus gênant.

Quant à la deuxième partie, c’est peut-être la plus intéressante visuellement car c’est la guerre entre l’anti-héros et les forces de l’ordre. Malgré un budget restreint, cette partie-là fonctionne plutôt bien, même si on retrouve certains tics de réalisation, comme des ralentis complètement inutiles et putassiers ou encore une shakycam qui donne rapidement envie de vomir. Cependant, ça reste correct et plutôt prenant, ne laissant aucun temps mort et montrant la furie de ce combat. Il est juste dommage que cela ne dure pas très longtemps et que pour le reste, on s’emmerde sévère. Pendant plus d’une heure, on va voir Bill Williamson dans son bunker, radotant des conneries, et les flics qui mènent l’enquête pour trouver qui a tué le président américain. C’est long, ça n’a pas vraiment de sens, et c’est là que l’on voit les faiblesses du film, à savoir un rythme lancinant, des décors vides et des acteurs qui ne sont pas vraiment convaincants. En gros, pour faire simple, il y a quinze minutes de potable dans le film, de vraiment nerveux, sur une heure quarante de film.

Au final, Rampage President Down est un mauvais film et Uwe Boll termine sa carrière comme elle le fut de tout son long, à savoir complètement naze. Entre un message puant qui se veut sulfureux mais qui véhicule un message de haine, un rythme lénifiant, des acteurs qui s’ennuient sec et une mise en scène qui frise l’amateurisme, on peut facilement dire que ce troisième opus est le pire de la trilogie et on est bien content que cela cesse.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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