Merlin – Cycle 1 – Le Cycle Initiatique

Auteurs : Jean-Luc Istin et Eric Lambert

Editeur : Soleil

Genre : Fantasy

Résumé :

La Bretagne… L’île des forts…
En une époque où les anciennes traditions disparaissent pour laisser la place au culte du Dieu Unique, Ahès, une déesse celte, cherche à enrayer l’expansion du christianisme.
Pour cela, elle ordonne la naissance d’un messie des anciennes croyances pour mener le combat et repousser à tout jamais l’envahisseur chrétien.
Fils d’un esprit des airs et d’une vierge, Merlin suivra-t-il les voies qui lui sont tracées ?

Avis :

La série Merlin, écrite par Jean-Luc Istin, est un grand phénomène ! Commencée il y a maintenant 15 ans, la série continue de se vendre comme des petits pains et s’enrichit d’année en année avec des cycles d’histoire qui viennent la compléter. Le cycle initiatique se compose des 10 premiers tomes et nous raconte la naissance de Merlin, sa quête d’identité et sa montée en puissance.

Deux cycles peuvent ensuite être lus : Merlin, la quête de l’épée (5 tomes – série terminée), qui retrace le parcours et les aventures de Merlin dans sa fabrication de l’épée légendaire Excalibur et Merlin, le prophète (5 tomes – série terminée), qui précède la naissance et l’avènement d’Arthur Pendragon. Ces deux cycles seront prochainement critiqués sur le site. Enfin, Merlin, cycle 2 : le cycle de Pendragon, s’intéresse davantage au roi Arthur et au rôle de conseiller de Merlin. Ce cycle n’est pas encore terminé, son troisième tome étant tout juste sorti.

Il est intéressant de ne s’intéresser qu’à Merlin, cet être exceptionnel, né d’un être des airs et d’une mortelle, dans la version de Jean-Luc Istin. Merlin, futur conseiller célèbre du roi Arthur ou druide raté dans la série Kaamelott, n’a de cesse de faire rêver. On le rencontre sous toutes les formes dans les romans, les films ou les BDs. Ici, l’auteur nous livre sa vision et celle-ci s’ancre dans un univers celtique en proie à l’installation de la doctrine chrétienne qui dénonce les rites païens et fait de l’ombre à l’ancienne religion plus proche des éléments et de la nature.

Ce cycle n’est en rien moralisateur et, à travers les yeux et les paroles d’un de ses personnages, Blaise, offre même une vision de vivre-ensemble, de mise en commun des savoirs, religieux ou non, et prône un amour inconditionnel à l’humanité et la foi en général. Les dialogues sont intelligents, ouverts d’esprit et intéressants. Rien n’est laissé au hasard pour un bon observateur.

La BD nous en apprend beaucoup sur la culture celte, bien remise à la mode grâce notamment à la collection Celtic des éditions Soleil. Nuada y est un personnage important, ce dieu lunaire surnommé « Airgetlam », c’est-à-dire « au Bras d’Argent », et de nombreuses références évoquent Lug, une divinité majeure de la lumière dont la lance est légendaire. Le mythe arthurien n’est pas en reste avec l’île d’Avalon, bastion central de ce cycle, au sein duquel vivent les prêtresses de l’ancien culte. Les mythes bretons sont aussi de la partie, notamment avec la déesse Ahès, fille du roi Gradlon de la majestueuse ville d’Ys, cité qui ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à Minas Tirith dans le Seigneur des Anneaux. Les BDs regorgent également de petits êtres féériques et de petites créatures du Petit Peuple.

L’histoire est agréable à suivre et on ne se lasse pas. Merlin grandit, évolue et se fortifie. Cette complexité et sa transformation sont crédibles et cohérentes et donnent de la force au personnage. Blaise, son mentor, est un vrai philosophe et la relation qu’il entretient avec le jeune homme est conflictuelle, notamment quand ce dernier est adolescent et qu’il se cherche encore. La mère de Merlin, Maëlle, est une jeune femme mystérieuse, élevée dans les mœurs chrétiennes et la honte d’une naissance hors mariage. Petit à petit et au fil du récit, son personnage change : la jeune femme devient plus forte, plus sûre d’elle et de ses croyances. On la voit même combattre et défendre cher sa vie.

Ahès, personnage emblématique de ce cycle, est une divinité troublée animée par la vengeance. Son désir de faire tomber la nouvelle religion naissante et de prendre le pouvoir, font d’elle la méchante de l’histoire, indéniablement. Pourtant, certains tomes s’intéressent davantage à elle et à son passé, nous la montrant sous un autre jour. Le lecteur est quelque peu divisé et c’est ce qui fait de cette histoire une épopée fascinante. Ahès reste tout de même effroyablement cruelle et terrible, représentant le malin avec ferveur et assurance.

Les personnages secondaires sont charismatiques, notamment les prêtresses d’Avalon ou les chefs de guerre romanisés. En plus du monde celte, l’histoire s’intéresse aussi aux derniers instants de l’Empire romain qui ne fait que décliner. Les liens entre l’antique religion et la religion chrétienne sont subtils et l’auteur en joue avec esprit. Ainsi, le personnage du prêtre rejetant tout ce qui a trait aux païens n’est pas si manichéen que cela, étant donné qu’il ne reste pas figé et qu’il finit par comprendre ce que le monde essaie de lui dire.

Les scènes de bataille sont nombreuses et belles. Les planches mettent en valeur ces combats et s’étendent souvent sur la double-page. Les dessins s’embellissent avec les tomes et deviennent plus nets et précis. Les couleurs nous ravissent et les dessins d’Avalon ou d’Ys sont tout bonnement merveilleux.

Merlin, le cycle initiatique est une lecture magique qui nous fait voyager au sein de la légende arthurienne que l’on chérit tant. Les révélations s’enchaînent à un bon rythme, les sous-intrigues sont toutes prenantes, les dialogues politiques et religieux sont de qualité, et les péripéties de Merlin sont autant complexes que palpitantes.

Note : 19/20

Par Lildrille

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net