Si J’Etais un Homme

De : Audrey Dana

Avec Audrey Dana, Christian Clavier, Alice Belaïdi, Eric Elmosnino

Année : 2017

Pays : France, Belgique

Genre : Comédie

Résumé :

Qui n’a jamais imaginé ce que ça ferait d’être dans la peau du sexe opposé, ne serait-ce qu’une journée ? Eh bien, pas Jeanne !
Fraichement divorcée, séparée de ses enfants une semaine sur deux, pour elle les mecs c’est fini, elle ne veut plus jamais en entendre parler. Mais un beau matin, sa vie s’apprête à prendre un drôle de tournant, à première vue rien n’a changé chez elle… à un détail près !
De situations cocasses en fous rires avec sa meilleure amie, de panique en remise en question avec son gynéco, notre héroïne, tentera tant bien que mal de traverser cette situation pour le moins… inédite.

Avis :

On ne va pas se mentir plus longtemps, la comédie française est en train d’agoniser. Si les succès au box-office tendent à prouver le contraire, il est souvent bon de rappeler que quantité ne rime pas forcément avec qualité. Et pour preuve, entre des podiums trustés par les derniers films de Dany Boon et des comédies françaises qui ne vont pas chercher bien loin (et attendons Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu 2…), on se rend bien compte que la masse populaire ne va pas forcément au cinéma pour réfléchir ou voir de bons films, mais plutôt pour se divertir ou se sortir le cerveau (déjà pas bien actif) pendant une bonne heure et demi. Derrière tout ce cynisme qui peut transpirer entre les lignes se cache en fait un véritable désarroi sur la santé du cinéma français. Point de genre, ou mal distribué, encore mois de science-fiction, de films à plus gros budgets un peu grandiloquents, la production française préfère assurer ses arrières et fournir des comédies souvent bâclées et parfois même insultantes. Comme c’est le cas avec Si j’Etais un Homme, le deuxième film d’Audrey Dana.

Le pitch de base ne laissait pas augurer le meilleur et c’est bien le pire qui va déferler sous nos yeux ébahis devant tant de bêtises et de clichés. On va donc croiser la route d’une jeune quarantenaire qui va se réveiller un matin avec une bite, et qui va devoir s’en accommoder. Elle va alors se rendre compte de tous les avantages d’un sexe d’homme et prendre de plus en plus confiance en elle. Parce que c’est bien connu, nous les hommes, c’est grâce à notre service trois pièces que l’on a confiance, que l’on déambule dans la rue les épaules galbées ou encore que l’on sort des blagues vaseuses. Très clairement, tout le film tourne autour de ce même concept et va accumuler les clichés pour parler de la différence entre les hommes et les femmes, de leur vision de la société, de leur place, mais aussi de leurs ressentis et autres émotions. Le problème, c’est qu’Audrey Dana se fixe sur cette seule idée (d’avoir un pénis) et qu’elle ne va faire que tourner autour d’une thématique pénible, la bite définit l’homme dans la société. C’est complètement hors de propos en plus d’être ridicule, et ce n’est pas en accumulant les clichés que cela va être drôle ou tendancieux. Le pire, c’est que tout nous est servi sur un plateau. Les couilles qui pendent et qui tirent, le fait de s’asseoir dessus, la branlette toutes les cinq minutes, le fait que l’homme soit un vrai prédateur dès qu’il voit un cul, etc… Tout y passe et rien n’est vraiment approfondi.

On voit bien qu’il y a une tonne de sujets à traiter, comme la place de la femme dans la société, l’assurance de l’homme ou encore son côté malhabile pour aborder les femmes, l’amour, le fait d’avoir la sensation de rater sa vie à quarante ans, mais le problème, c’est que rien ne prend vraiment. Rien ne prend parce que rien n’est drôle. Entre des acteurs qui surjouent constamment (mention spéciale à Audrey Dana, qui réalise aussi et qui livre une prestation ignoble), des situations qui sont éculées ou complètement ridicules (faire pipi allongé sur les toilettes, à quel moment c’est marrant ?) ou encore des dialogues surréalistes mal écrits, on détient la palme d’or du truc le plus mauvais possible. Sans parler des moments gênants, ces petits passages qui se veulent être des gags visuels mais qui ne fonctionnent pas parce qu’ils sont ridicules et ridiculisent les personnages, et par extension les acteurs. Le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y a pas une once de génie dans la mise en scène. Encore une fois, on reste dans un champs/contre champs basique, qui rappelle par moments une pièce de théâtre filmée. D’ailleurs, on pourrait presque croire que le film a été pensé comme du théâtre filmé, et il n’y a rien de plus chiant. Le plus ironique, c’est qu’Audrey Dana a pensé son film comme un conte moderne, mais que de conte, on n’en gardera rien du tout.

Alors que nous reste-t-il dans ce film ? Rien. Le néant absolu. Non seulement le film brasse du vent, mais en plus de cela, il est insultant envers plusieurs communautés, dont les transsexuels ou même les femmes, puisqu’hormis le physique aguicheur de la sublime Alice Belaïdi ou encore le nue frontal d’Audrey Dana Sur la fin, le public féminin n’aura rien à se mettre sous la dent, même pour le plaisir des yeux. Et comble du comble, le film se targue même d’une grosse incohérence, puisque l’on découvre que petit à petit, l’héroïne devient amoureuse des femmes, mais elle tombe dans les bras d’un homme à la fin du métrage, ce qui ne correspond pas vraiment au pitch de départ. Tout ça pour montrer que nous avons tous une part de l’autre genre en nous, c’est un peu trop limite et traité par-dessus la jambe.

Au final, Si j’étais un Homme est une purge sans nom, une comédie française qui fait partie des pires choses à voir dans sa vie. Non seulement le concept de base est très limité, mais en plus de cela, la réalisatrice ne sait pas quoi faire avec et nous ressort des clichés imbuvables (oui, on a même un asiatique qui fait des arts martiaux) pour traiter de sujets importants mais de façon ridicule et presque insultante. Bref, il s’agit-là d’un film à éviter à tout prix, à bannir, et qui ne fait même pas rire, il aura plutôt tendance à révolter.

Note : 01/20

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Par AqME

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