mars 5, 2021

Sherlock Holmes à New York

Titre Original: Sherlock Holmes in New York

De: Boris Sagal

Avec Roger Moore, John Huston, Patrick MacNee, Charlotte Rampling

Année: 1976

Pays: Angleterre

Genre: Policier

Résumé:

Un plan diabolique du professeur Moriarty force le célèbre détective à enquêter à New York…

Avis :

Si le nombre d’adaptations des enquêtes de Sherlock Holmes est plus que conséquent, leur qualité varie selon la subtilité des intrigues, le respect de l’œuvre originale et les interprètes qui endossent le costume de Holmes et celui du Dr Watson. Au cours des années 1970, le célèbre détective a surtout été la victime de pastiches plus ou moins recommandables, comme La vie privée de Sherlock Holmes et Le frère le plus futé de Sherlock Holmes. Rien d’inoubliable ou de remarquable, contrairement à l’excellent Meurtre par décret où il était question d’arrêter Jack l’Éventreur. Entre temps, la Fox a produit un téléfilm quelque peu tombé en désuétude : Sherlock Holmes à New York.

Bien avant Elementary, le fait de « délocaliser » l’activité du détective privé n’est pas une nouveauté. Le canon holmésien faisait déjà allusion à ses compétences à l’international lors du grand hiatus, passage clef après sa présumée mort aux chutes de Reichenbach et son retour à Londres. Par la suite, les versions modernisées des années 1940 avec Basil Rathbone l’amenaient à combattre les nazis au Royaume-Uni, mais également aux États-Unis, comme l’atteste Sherlock Holmes à Washington. Aussi, un petit départ pour la grosse pomme n’a rien de saugrenu. Ce qui n’est pas forcément le cas du choix de l’acteur principal pour incarner Holmes.

On a beau apprécier Roger Moore, il n’a pas vraiment le physique de l’emploi, n’en déplaise à son « relooking » où il arbore des favoris soigneusement taillés. Du point de vue des producteurs, il est vrai que sa présence est logique au vu du succès des James Bond, ainsi que les séries Amicalement vôtre et Le saint. D’ailleurs, on retrouve davantage une prestation de l’espion séducteur que de l’enquêteur acharné et talentueux qu’est Sherlock. Mais au regard de son comparse Peter Macnee, son cabotinage erratique fait office de sinécure. Rarement, Watson aura été aussi inutile et stupide. De réparties absurdes en bredouillements pénibles, il n’est qu’un faire-valoir pataud et maladroit d’une bêtise sans nom.

John Huston n’est pas en reste dans la peau d’un Moriarty fatigué et mégalomaniaque à l’extrême. À croire que la caractérisation s’est amusée à exacerber les traits des protagonistes pour en faire de véritables caricatures ambulantes. Seule Charlotte Rampling parvient à se démarquer en incarnant Irène Adler, son charisme réussissant à entretenir l’aspect énigmatique et charmeur du personnage. Du reste, le cadre de New York s’arroge les atours de Londres avec un brouillard récurrent et peu de symboles représentatifs à l’écran. Ruelles sombres et appartements d’hôtel particulier sont repris de manière similaire sans vraiment y insuffler une identité propre à la ville ou au continent américain.

Le fait d’imposer un double problème à Sherlock Holmes reste une bonne idée pour mettre à mal ses capacités intellectuelles. Seulement, les déductions sont aussi rapides que surfaites pour emprunter des raccourcis narratifs à même d’accélérer la progression. L’ensemble manque clairement de subtilités, et ce, malgré quelques sympathiques initiatives, notamment dans la façon de procéder au vol de l’or à la réserve fédérale. On remarquera également plusieurs éléments qui rappellent Les aventures de Sherlock Holmes d’Alfred L. Werker, le second film où Basil Rathbone incarne le détective. Cela vaut surtout pour la confrontation avec Moriarty et les pièges successifs que Sherlock doit déjouer.

Au final, Sherlock Holmes à New York est une production bancale révélatrice de la légèreté accordée au personnage pendant les seventies. L’ensemble a beau se montrer cohérent et relativement distrayant, il persiste de trop nombreuses errances au niveau des libertés prises. Une caractérisation et une interprétation caricaturales, une ambiance poussive et un manque flagrant d’identité au regard du cadre et du contexte font qu’il est difficile de considérer cette initiative comme réussie. À défaut d’une représentation fidèle, on aurait apprécié un traitement plus respectueux et moins maladroit afin d’y retrouver un semblant d’esprit évoquant la subtilité et l’originalité des récits d’Arthur Conan Doyle.

 

Note : 09/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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