August Burns Red – Phantom Anthem

Avis :

Le Métalcore est un genre assez extrême qui laisse peu de places au chant clair et donne une grande marge de manœuvre au chant ciré et au growl. Ce qui le différencie des autres genres du métal, c’est une rythmique très dynamique, peu, voire pas du tout, d’habillage grandiloquent, des riffs très lourds et des sujets qui touchent à la dépression, la solitude ou sur le deuil, bien loin des thèmes satanistes de certains groupes de Black ou encore de la politique du Thrash. On peut donc penser que ce genre musical est réservé à des habitués du genre et prend laisse de côté la religion. Pourtant, certains groupes de Métalcore sont chrétiens et le revendiquent, comme The Devil Wears Prada ou encore August Burns Red, groupe dont le dernier album nous préoccupe aujourd’hui. Formé en 2003 alors que les membres étaient encore au lycée, le groupe a rapidement su conquérir les foules avec un Métalcore virulent mais possédant des breaks impressionnant et un certain sens de la composition, avec des morceaux longs, parfois complexes, offrant un savant mélange de Core et de Prog. Septième album sorti fin 2017, Phantom Anthem fait office de synthèse pour le groupe, qui donne un bel effort, aussi violent que touchant, avec encore une fois des titres denses mais aux mélodies implacables et aux variations transcendantes. Bref, nous voilà face à un gros album.

Le skeud débute avec King of Sorrow et il annonce dès le départ du très très lourd. Les riffs sont puissants et rapides, la batterie scande un rythme incroyable (à croire que c’est un poulpe qui est derrière les fûts) et le chanteur s’en donne à cœur joie pour hurler toute sa rage. Néanmoins, et c’est là que le groupe marque de nombreux points, il y a une vraie recherche de mélodie et surtout, une grande cohérence entre le titre et l’ambiance voulue. A titre d’exemple, le break est fait à base d’orgue et de riffs de grattes mélodieux faisant un écho à ce que l’on peut écouter lorsque l’on est triste ou en dépression. C’est très malin, cela permet de souffler, mais surtout, c’est parfaitement inséré au sein même du morceau. August Burns Red n’a pas son pareil pour créer des titres à la fois complexe et touchant et il le fait merveilleusement bien avec cet opus et des titres comme King of Sorrow mais aussi Generations et son incroyable solo vers la fin du titre qui lorgne du côté du rock hawaïen avec des notes dissonantes qui donnent une autre facette au groupe. C’est clairement l’un des meilleurs morceaux de cet album, malgré sa violence accrue au départ. Il y a même un côté très fédérateur à ce titre, notamment sur sa fin. Bref, August Burns Red frappe un grand coup et propose quelque chose de vraiment inédit. On peut aussi citer en vrac Float dont la structure ressemble au titre précédent, ou encore Lifeline et son pont magnifique en milieu de morceau avec une guitare claire absolument sublime.

Alors tout n’est pas forcément parfait au sein de cet album, mais les défauts sont relativement minimes. On pourrait peut-être reprocher quelques accès de virulence pas forcément nécessaires comme sur The Frost par exemple qui se rapproche d’un Djent dans le style ou encore le côté un peu passe partout de Quake ou Invisible Enemy. Alors attention, ces titres ne sont pas mauvais, bien au contraire, mais ils sont moins marquants que le reste et demeurent assez transparents par rapport au reste. Disons qu’ils manquent d’un break remarquable et malgré des riffs très intéressants, voire épiques pour Quake, ces deux morceaux passent un peu à l’as. Ensuite, il ne faut pas oublier que August Burns Red est avant tout un groupe de Métalcore et en ce sens, c’est très violent et ça défouraille sévère, il faut donc se préparer à entendre du growl et du cri à tout va, sans une once de chant clair. On est par exemple loin d’un Feed the Rhino ou encore d’un While She Sleeps qui abordent quelques morceaux avec des chants clairs, notamment dans les refrains. August Burns Red ne tombe pas dans cela et reste fidèle à son crédo, à savoir pousser fort et jusqu’au bout, et à quelque part, c’est tant mieux.

Au final, Phantom Anthem, le dernier album en date de August Burns Red, est une réelle réussite pour tous les fans de Métalcore. A la fois violent et touchant sur certains aspects, le groupe revient en grande forme après seulement deux ans d’absence. Nous sommes face à un groupe qui a beaucoup de talent et qui arrive à faire de longs morceaux nerveux sans jamais tomber dans la surenchère. Il y a une réelle maîtrise technique et on peut dire que ce groupe américain est l’un des meilleurs dans son genre. Cet album tend à le prouver grandement.

  1. King of Sorrow
  2. Hero of the Half Truth
  3. The Frost
  4. Lifeline
  5. Invisible Enemy
  6. Quake
  7. Coordinates
  8. Generations
  9. Float
  10. Dangerous
  11. Carbon Copy

Note : 18/20

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Par AqME

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