novembre 30, 2020

No One is Innocent – Frankenstein

Avis :

Le punk français est un genre assez développé dans notre hexagone, mais qui a du mal à se faire connaître et de nombreux groupes ont une notoriété qui ne dépasse celle des quelques fans hardcore du genre. Pourtant, des noms commencent à émerger comme Tagada Jones, Les Shériffs ou encore No One is Innocent. Néanmoins, le statut de ce dernier peut varier en fonction des albums et de la période à laquelle on s’arrête sur le groupe. En effet, formé en 1993, No One is Innocent est un groupe qui a changé de style au fur et à mesure des albums, passant d’un rap/métal nerveux à une version un peu plus électro pour se diriger par la suite vers un punk bien senti. Bien évidemment, ces changements de style ont été accompagnés par des changements de line-up et avec Frankenstein, le groupe signe son septième effort, le deuxième avec Popy à la seconde guitare. Le groupe était très attendu au tournant, notamment parce que Propaganda, le précédent album, était considéré comme le meilleur effort du groupe, mais aussi parce qu’ils reviennent trois ans plus tard, après une belle tournée et des premières parties affriolantes, avec AC/DC et Les Insus. Alors dans les faits, que vaut vraiment cette dernière galette ?

Le skeud débute avec A la Gloire du Marché et il rentre parfaitement dans ce que peut proposer un groupe comme No One is Innocent. Cela commence avec une guitare bien nerveuse qui sonne très punk, une batterie qui scande bien le rythme et Kemar, le chanteur, qui commence à chanter des paroles très politisées, très engagées et l’ensemble est suffisamment court pour susciter l’envie d’aller vers l’avant et d’écouter la suite. Une suite qui sera dans la même veine avec Ali (King of the Ring), qui parle donc du célèbre boxeur et qui ne sera qu’un prétexte pour parler de la White Trash America à travers l’histoire du sportif. Le refrain est en anglais mais il rentre rapidement en tête et le morceau devient vite l’un des plus performants de l’album. Cependant, malgré ses excès punks, le groupe va proposer quelques petites choses qui seront un poil trop légères. C’est-à-dire que l’on va retrouver des titres rapides, punks, mais qui manquent de profondeur et d’impact. On peut citer par exemple Teenage Demo qui demeure un peu trop classique et pas assez virulent pour pleinement convaincre. On peut aussi parler de What the Fuck, dont le refrain est en anglais et qui tourne un peu à vide malgré un refrain là aussi efficace mais qui ne répète que le titre de la chanson et c’est un peu dommage. Le problème n’est pas vraiment l’aspect classique de la chose, mais juste que ça manque d’identité. D’ailleurs, ça rappelle énormément Tagada Jones.

Ensuite, certains titres sont très intéressants, mais on a la sensation qu’il leur manque quelque chose. Prenons un exemple tout simple, Frankenstein, le titre phare de l’album, qui se termine de manière toute calme, espérant une tempête pour conclure, mais celle-ci n’arrivera jamais. Un choix très clair de la part du groupe, mais on peut trouver cela dommage. Tout comme pour l’excellent morceau Les Revenants, qui fait monter la sauce tranquillement, mais qui se rate dans son dernier quart tout calme et qui n’arrive pas à repartir pour faire headbanger. On notera aussi que l’album s’essouffle un peu dans sa dernière partie, notamment avec Mad King qui n’est pas très intéressant comme titre, tout en anglais, et qui est tout en mid-tempo sans jamais accélérer un tant soit peu le rythme, et cela malgré un break plutôt bien vu. Mais tout n’est pas noir dans cet album et on pourrait croire que c’est mauvais à cause des nombreux reproches que l’on peut lui faire, mais ce serait être de mauvaise car si Frankenstein est moins réussi que l’album précédent, il n’en demeure pas moins relativement bon. Des titres comme Nous Sommes la Nuit, qui installent une vraie ambiance ou encore Hold-up au Nom du Peuple, démontrent que la présence punk et hard du groupe est toujours présente. Il y a un vrai travail d’écriture, la groupe garde toujours sa posture contestataire et ça fait plaisir à entendre, notamment avec des riffs un peu plus lourds qu’à l’accoutumée, créant ainsi un monstre un peu difforme mais qui peut tout écraser sur son passage en live. Et puis que dire que la reprise de Paranoid de Black Sabbath, qui reste un joli hommage.

Au final, Frankenstein, le dernier album de No One is Innocent, est un skeud très intéressant, notamment dans sa manière d’aborder ses thématiques, que ce soit dans le rythme, la langue ou encore les mots. Entre punk et hard, le groupe ne choisit pas et offre un album protéiforme assez réussi, peut-être un poil trop court, mais qui permet de dire sans complexe que No One is Innocent est bel et bien de retour, et ça fait grandement plaisir.

  1. A la Gloire du Marché
  2. Ali (King of the Ring)
  3. Desperado
  4. Frankenstein
  5. Les Revenants
  6. Hold-up au Nom du Peuple
  7. Nous Sommes la Nuit
  8. Teenage Demo
  9. What the Fuck
  10. Mad King
  11. Paranoid

Note : 14,5/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.