Benighted – Necrobreed

Avis :

La France n’est pas un pays qui verse trop dans le métal. Il faut dire que la variété française ou la musique urbaine sont les meilleures ventes et il est donc logique qu’elles soient plus mises en avant que le reste. Cependant, notre beau pays recèle quelques groupes sévèrement burnés de la tête et font le bonheur des salles underground en prônant un métal extrême qui arrache les tympans des non-initiés. Fer de lance d’un Brutal Deathcore à tendance Grind, Benighted se forme en 1998 à St Etienne. Malgré une production artisanale, le groupe commence à se faire un nom avant de devenir l’un des piliers d’un genre extrême du métal et devenir une sorte d’incontournable pour les fans de films d’horreur et de musique à tendance fracassage de fûts. Mais comme tout groupe qui dure un peu, Benighted connait des hauts et des bas et le line-up va changer sur quasiment tous les albums, ne laissant sur Necrobreed, leur dernier effort, que le chanteur comme membre d’origine. En même temps, quand on entend Julien Truchan, on se demande bien qui pourrait le remplacer, tant dans son growl proche du gargarisme et son cri suraigu qui ferait des ravages dans les cristalleries. Mais avec tous ces changements, est-ce que ce dernier effort de Benighted vaut son pesant d’acouphènes ? Oui et non.

Alors attention, je ne dis pas que cet album est mauvais, loin de là et on sent une technique irréprochable au niveau des musiciens et notamment des guitaristes et du batteur qui doit être muni de plusieurs bras pour taper aussi vite. Cependant, pour écouter Benighted il faut se préparer. Ca gueule très fort, ça riff très vite, ça laisse peu de temps pour souffler et c’est très violent. Mais violent genre interdit au moins de 18 ans si le groupe était un film d’horreur. D’ailleurs, Benighted gagne ses galons avec son ambiance assez travaillé. Le groupe aime parler de psychologie et de maladies mentales dans ses textes et on retrouvera un début très malsain avec Hush Little Baby. Cette introduction laisse peu de place au doute sur les intentions du groupe, c’est glauque, ça suinte, et rentre rapidement dans le vif du sujet avec Reptilian et son Grindcore hyper poussif. Julien gueule à tout va, le batteur se déboîte les épaules et les guitares balancent la sauce pour complètement étouffer celui qui écoute. Le principal problème avec ce genre, c’est que niveau variation, on repassera et c’est totalement épuisant. D’ailleurs, le groupe enchainera avec Psychosilencer qui va encore plus loin dans le délire et va complètement abasourdir l’auditeur. C’est d’une rare violence et le manque de finesse risque fort de se faire sentir.

Pour autant, Benighted va essayer d’apporter quelques légères variations à ses productions, aussi bien sur le sous-genre que sur le chant en lui-même. Le début de l’album est très grindcore et peut paraître très épuisant. Même si au bout de plusieurs écoutes, l’album révèle de nouvelles choses et s’accepte un peu mieux, ça reste beaucoup trop virulent pour proposer de réelles mélodies. Et il ne faudra pas trop compter sur des solos appuyés ou des breaks en milieu de morceau, le groupe ne connait pas forcément cela, hormis peut-être sur Leatherface (joli hommage à Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper) qui possède un léger arc contemplatif en son milieu. Certains titres par contre ressortent un peu du lot, comme Cum With Disgust et son intro à la basse, dont le genre s’apparente un peu plus à du hardcore pur avec des riffs moins rapides et un sens mélodique un peu plus développé. On pourra aussi se réjouir avec Monsters Make Monsters, essayant de créer une atmosphère plus lugubre et mettant en avant un refrain un peu plus ciblé. Si cela reste léger, on appréciera aussi Reeks of Darkened Zoopsia, plus accessible que le reste même si ça reste du Brutal Death très rapide, mais avec un refrain plus marqué et qui rentre mieux en tête. Le groupe essaye aussi de varier au niveau de la langue, chantant principalement en anglais mais prouvant que la langue de Molière peut aussi se faire à ce genre de chant guttural. Oui, ça reste léger, mais ça suffit pour se faire remarquer.

Au final, Necrobreed, le dernier album de Benighted, est un gros morceau à digérer. C’est très lourd, mais surtout, c’est hyper répétitif et au bout de plusieurs écoutes, ça devient vite gavant. C’est un peu dommage car on sent que les musiciens ont un talent fou, mais entre un chant où l’on ne comprend pas grand-chose à cause des gargarismes et une rythmique beaucoup trop rapide pour permettre d’appuyer certains éléments, on reste un peu sur le bas-côté, complètement sonné par cette violente frappe dans les oreilles. Alors oui, c’est bien produit et les compositions demeurent correctes, mais c’est aussi très difficile d’accès et trop violent pour imprimer une vraie mélodie. Bref, un album pour les fans du genre, et uniquement eux.

  1. Hush Little Baby
  2. Reptilian
  3. Psychosilencer
  4. Forgive me Father
  5. Leatherface
  6. Der Doppelgaenger
  7. Necrobreed
  8. Monsters Make Monsters
  9. Cum With Disgust
  10. Versipellis
  11. Reeks of Darkened Zoopsia
  12. Mass Grave

Note : 12/20

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Par AqME

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