Orphaned Land – Unsung Prophets & Dead Messiahs

Avis :

On dit souvent que le métal traverse toutes les frontières et qu’il peut provenir de n’importe quel pays. Cependant, s’il y a bien des pays qui sont un peu moins versés dans ce genre musical, ce sont ceux situés en Extrême Orient. Entre des conflits qui détruisent malheureusement des pays entiers et une religion parfois un peu trop présente, la musique métal semble ne pas avoir sa place dans ces contrées. Et pourtant, certains groupes ont décidé de lever leurs poings en l’air (à l’image de la pochette) et de faire fi des menaces et autres interdictions. C’est ainsi qu’est né Orphaned Land en Israël, au même titre que Myrath par exemple, provenant de Tunisie. Fondé au début des années 90, Orphaned Land a rapidement intéressé les maisons de disques par sa volonté à mélanger deux styles presque opposés, le Death Métal et la musique traditionnelle arabe. Et étrangement, il va naître une osmose assez incroyable, démontrant qu’il ne faut jamais renier ses racines, mais plutôt en être fier et les utiliser à bon escient pour se démarquer de la masse. Avec Unsung Prophets & Dead Messiahs, le groupe israélien continue sa métamorphose, délaissant un petit peu le Death pour produire un métal plus progressive, plus folk et livre avec ce septième opus un véritable régal pour les oreilles.

Le skeud débute avec The Cave, un très long morceau qui dépasse largement les huit minutes. Débutant de façon très calme avec une voix féminine lancinante, le morceau va passer par différents stades, conférant au groupe son statut de métal progressif. Rapidement, les guitares sont lâchées, les sonorités arabisantes vont leur apparition, et encore une fois, tout se déroule avec une symbiose parfaite. Le chanteur entame alors son chant, en clair, et on ne peut que tomber sous le charme de ce morceau complet et d’une beauté sidérante. D’une richesse infinie au niveau de l’instrumentalisation, The Cave est clairement la synthèse parfaite de ce que peut proposer le groupe. On aura même droit à du growl, afin de compléter le tableau. Avec We Do Not Resist, le groupe sait se faire plus direct, plus rapide aussi, mais sans jamais perdre de vue ses origines. Quasiment exclusivement avec une voix gutturale, le titre montre que le groupe a aussi gardé son côté Death afin de proposer quelque chose de varié et de savamment orchestré. Quand s’enclenche alors In Propaganda, on trouve encore autre chose, malgré des riffs intéressants et une rythmique très dynamique. Avec encore des sonorités orientales, plus présentes, la formation propose un vrai titre de métal hybride, qui donne la sensation de voyager et l’envie de headbanger à chaque riff. En fait, on a l’impression de se trouver à la croisée des chemins entre du Death, du Folk, mais aussi du Power et c’est très intéressant.

D’autant plus que les origines d’Orphaned Land donnent une vraie identité au groupe qui saura s’en servir pour fournir un interlude sortant du métal, et s’incluant dans un chant folklorique. Yedidi est un titre chanté en arabe et qui délaisse un peu le métal, malgré la présence de guitares et d’une batterie. On entend très clairement le bouzouki et encore une fois, cela donne une identité forte au groupe. Pour autant, la formation n’oublie d’être efficace et de fournir des titres plus simples, qui vont plus vite et qui entrent parfaitement dans la case métal. On peut évoquer les très bons titres Like Orpheus, Left Behind et son solo dantesque ou encore Only the Dead Have Seen the End of War, un titre très politique mais d’une rare violence pour le groupe, n’hésitant pas à syncoper ses rythmiques. L’intelligence du groupe, outre le fait d’utiliser des instruments folkloriques ou d’utiliser des sonorités arabisantes pour avoir une démarcation par rapport aux autres groupes, c’est qu’il sait se faire varié. On pourra se laisser bercer par exemple par la sublime piste Poets of Prophetic Messianism comme on pourra se laisser charmer par la qualité narrative de Chains Fall to Gravity, qui raconte une vraie histoire et qui va monter crescendo durant près de neuf minutes. Le groupe ne se repose pas sur ses lauriers et fournit vraiment un travail impeccable, qui va sustenter les fans de la première heure comme ceux qui découvre le groupe tardivement, durant une période plus progressiste.

Au final, Unsung Prophets & Dead Messiahs, le dernier album d’Orphaned Land, est un excellent titre pour bien débuter l’année. Varié, riche, à la fois d’une grande beauté et d’une violence à peine retenue, le groupe livre un très beau travail qui ne renie à aucun moment ses origines arabes et prouve, s’il en est encore besoin, qu’il reste le meilleur dans son domaine entre Death, Folk et Métal Progressive. Bref, une belle surprise.

  1. The Cave
  2. We Do Not Resist
  3. In Propaganda
  4. All Knowing Eye
  5. Yedidi
  6. Chains Fall to Gravity
  7. Like Orpheus
  8. Poets of Prophetic Messianism
  9. Left Behind
  10. My Brother’s Keeper
  11. Take my Hand
  12. Only the Dead Have Seen the End of War
  13. The Manifest – Epilogue

Note: 17/20

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Par AqME

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